La révolution numérique n'est pas finie

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Le 25 / 03 / 11 | Posté par admin
La révolution numérique n'est pas finie

"Internet, conjugué à la mondialisation, est une opportunité formidable " - Frédéric MARTEL, chercheur, journaliste, auteur de Mainstream, enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde.

"J’avoue, moi je suis profondément optimiste, contrairement à beaucoup, qui, depuis leur salon, voient la marche du monde comme étant inquiétante, la mondialisation dangereuse et les nouvelles technologies abrutissantes. Moi je suis très optimiste, la mondialisation, c’est les nouvelles technologies. Il n’est pas question de décliner avec les déclinologues. Il faut évidemment réguler, il faut évidemment contrôler, mais Internet est une opportunité, une somme d’opportunités, conjuguée à la mondialisation, qui est phénoménale et formidable. Oui, bien sûr, beaucoup de phénomènes que nous n’avons pas encore vus sont en train d’émerger. Un nouveau Twitter n’existait pas il y a peu de temps.

Je pense qu’on n’est qu’au début d’une révolution qui va multiplier à l’infini les start-up, les innovations etc. Nous ne sommes qu’au début de nous rendre compte de ce qui est en train de se passer. Les produits culturels, qui sont en train de devenir des services,ont besoin, pour se renouveler, se régénérer, se distinguer,ont besoin d’une créativité. Cette créativité, ils vont la trouver non pas dans la masse,mais ils vont la trouver à la marge, ils vont la trouver dans la contre-culture,dans la diversité culturelle, dans l’innovation et la prise de risque des universités. Et donc tout ça contribue à créer un écosystème favorable,qui a à la fois besoin de la masse, du mainstream,c’est-à-dire les choses communes pour tous, de produits qu’on vend, ce sont des industries qui représentent un marché,mais aussi d’espaces à but non lucratif, de diversité, du rôle de l'État, à la fois dans la régulation et le cofinancement, qui contribue,tout ça, à nourrir cet écosystème, qui doit pouvoir et qui est objectivement très créatif.

Mais on sait aujourd’hui que toutes les entreprises innovantes, celles de la Silicon Valley,celle de la Route 128 à Boston, ailleurs aux États-Unis, et d’ailleurs dans le monde, j’étais dans plus de 30 pays au contact des start-up et des grosses sociétés qui,sur l’Internet et dans les industries créatives, sont innovantes,on s’aperçoit que celles qui grossissent, celles qui jouent un rôle,sont celles qui ont misé sur la recherche et le développement, sur l’expérimentation, sur la prise de risque.
Souvent, elles ont confié cette très chère, au sens important du terme,capacité d’innover, à des jeunes, à des gens issus de l’immigration, le nombre, comme vous le savez dans la Silicon Valley, de personnes qui viennent d’Asie, qui viennent d’Afrique aujourd’hui,qui viennent d’Amérique latine...
Vous avez aux Etats-Unis 45 millions de Latinos, 38 millions de Noirs,14 millions d’Asiatiques, c’est aussi cette deuxième génération et troisième génération de personnes immigrées qui innovent aux États-Unis.

Comment est-ce qu’on peut analyser ce qui est en train de se passer ? Il suffit de rencontrer les acteurs de cette révolution numérique dans les pays émergents, car la nouveauté, c’est que les pays émergents n’émergent pas simplement avec le pétrole,avec l’électricité ou avec le commerce, la consommation de masse, mais ils émergent aussi avec leur culture, avec leurs médias et avec Internet.
Quand vous êtes à Riyad, en Arabie Saoudite, qui n’est pas un pays très favorable, à plein de regards, à la modernité occidentale, quand vous êtes à Hong-Kong, quand vous êtes à Mumbai ou à Rio de Janeiro,vous avez devant vous des patrons qui ont souvent 35 ans, qui ont des groupes qui sont des multinationales, parfois avec des milliers de salariés, parfois des start-up plus petites, et qui vous accueillent en ouvrant grand leurs bras et en vous disant qu’ils voient le monde qui est en train d’émerger comme étant un grand nombre d’opportunités.

Face à quoi, en France, aux États-Unis, très souvent,les responsables des grandes multinationales sont souvent des personnes de 65 ans qui vous accueillent les yeux bas et vous parlent des menaces qui pèsent sur leur domaine. Ouvertures et opportunités d’un côté, menaces de l’autre. Optimisme d’un côté, pessimisme de l’autre. Capacités d’innovation et de construire la culture du futur et le numérique de demain d’un côté et souci de préserver la culture du passé de l’autre."