Interview de Martin Hirsh autour du numérique et de la solidarité

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Le 01 / 04 / 11 | Posté par admin
Interview de Martin Hirsh autour du numérique et de la solidarité

Le numérique est-il une chance pour la solidarité ?

La réponse de Martin HIRSCH, Président de l'Agence du service civique, ancien haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse



"Je pense que les formes de solidarité qui émergent aujourd’hui, par rapport à ce qu’il y avait il y a 20 ou 30 ans…


Il y a 20 ou 30 ans, on voyait des gens éventuellement qui renonçaient à un mode de vie dit classique pour se donner à fond. C’était : je lâche complètement mon boulot et je vais vivre au milieu des pauvres. C’était quelque chose qui était porté par différentes choses, y compris éventuellement des choses religieuses.
Aujourd’hui, c’est assez différent, c’est plutôt : comment est-ce que je peux concilier, avoir des changements assez minimes dans mon mode de vie, donc en termes de :peut-être renoncer à un peu d’argent, consacrer un peu de temps,faire un peu d’efforts, qui sont ces trois choses-là ? Comment peut-on faire ces trois choses-là tout en faisant le maximum pour aider celles et ceux qui en ont besoin, pour lutter contre l’isolement, le déclassement ? Dans ce cas-là, celles et ceux qui essayent de concilier l’un et l’autre ont besoin d’optimiser la manière dont ils peuvent le faire pour qu’il y ait le moins de déperdition possible.

Donc, le fait de pouvoir utiliser ces outils pour pouvoir gérer la relation entre l’aidant et l’aidé, etc. est un moyen. Mais la question fondamentale, c’est :est-ce qu’on donne envie, est-ce qu’on donne conscience à celles et ceux qui ont une place dans la société, qu’ils ont intérêt et besoin de consacrer un peu à des actions de solidarité, que chacun peut les faire, et ensuite, que quand on veut on peut trouver le temps ?
Donc, je mets vraiment plutôt comme moyen que comme une finalité. Ce n’est pas ça qui va révolutionner les choses.

Je trouve que la première chose qui me paraît importante, c’est de se dire : comment est-ce qu’on re-balaye l’ensemble des services, des fonctions,et comment est-ce qu’on regarde la manière dont on rend accessibles les outils ? C’est : l’information de base, l’accès, ne pas en avoir peur, ne pas être intimidé pas, incapable de s’en servir etc.

Deuxièmement, c’est de faire en sorte qu’il n’y ait pas une barrière économique à cela. Je pense qu’il faut faire le même raisonnement que ceux qui ont été faits sur d’autres besoins vitaux pour le rendre accessible,qu’en fonction de son revenu, ça ne soit pas supérieur quand on est pauvre,quand on est allocataire du RSA, quand on est smicard, quand on est jeune sans revenus etc.

Deuxième chose, et donc il y a pleins d’initiatives qui peuvent être prises ou qui sont prises pour pouvoir le faire,et puis il y a effectivement la troisième chose qui me paraît importante, c’est : comment peut-on associer…

Les personnes vulnérables ont comme caractéristique d’être finalement très mal représentées,très mal organisées, très mal reliées, et donc de pouvoir avoir comme but de pouvoir les réintégrer dans une communauté, au bon sens du terme. Donc on a ce genre de choses qui me paraissent intéressantes."