Ashoka : Soutien aux entrepreneurs sociaux

Vignette de la vidéo Piste de sous-titres Vidéos en relations
<embed src="http://www.sfr.com/sites/all/themes/sfr/swf/player.swf" flashvars="file=http://ncdn-video.sfr.com/itw_Ashoka-Arnaud Mourot-03-EXPORT/video.mp4" width="600" height="335" />

JWplayer | itw_Ashoka-Arnaud Mourot-03-EXPORT

Le 01 / 04 / 11 | Posté par admin
Ashoka : Soutien aux entrepreneurs sociaux

"Créer des communautés vivantes et efficaces " - Arnaud MOUROT - Directeur général d'Ashoka, http://www.ashoka.asso.fr/

"Ashoka est une organisation qui est née il y a 30 ans en Inde, d’où son nom, qui est du sanskrit,sur un concept assez simple, qui était finalement d’identifier celles et ceux qui étaient porteurs de changement et de faire en sorte d’accélérer le développement de ces initiatives, d’une façon plutôt bottom up,un petit peu en réaction à ce qui s’était créé après la Seconde guerre mondiale,les grandes organisations internationales, dont on voit toujours les limites finalement dans un monde qui va de plus en plus vite, avec la nécessité de trouver plutôt des structures plus petites, adaptables, réactives, et qui anticipent.

Le concept d’entreprenariat social est né à ce moment-là dans la tête de Bill Drayton,qui est le fondateur d’Ashoka et le CO d’Ashoka. Il l’a testé d’abord en Inde,puis ça s’est développé en Asie, puis en Amérique Latine, puis en Afrique. Au milieu des années 2000, on a lancé le programme en Europe de l’Ouest.
Aujourd’hui, on est une organisation qui est dans 70 pays, qui soutient près de 3 000 entrepreneurs sociaux,et qui, de ce fait, est le plus gros réseau au niveau international.

Ce qui est intéressant, c’est qu’on est une organisation qui est d’abord basée dans les pays du Sud,c’est donc là-bas qu’on identifie beaucoup d’innovations sociales. D’une certaine façon, on peut importer cette innovation sociale dans les pays du Nord. On renverse un petit peu la tendance.

Je crois que le numérique peut aider, à différents niveaux. Il peut aider, déjà,sur le fait de faire connaître plus rapidement, d’augmenter la caisse de résonance de l’entreprenariat social. On se rend compte que c’est essentiel,et si on veut véritablement pouvoir faire face aux enjeux sociétaux qui sont devant nous,il ne va pas falloir que les entrepreneurs sociaux soient seuls,il va falloir que ce soit un véritable mouvement de citoyens qui se créé,donc des entrepreneurs sociaux mais aussi des entreprises, des pouvoirs publics, qui puissent collaborer.

Je crois que le numérique est un bon moyen de créer du lien entre des personnes qui ne se parlaient pas nécessairement, qui n’ont pas le temps de se rencontrer physiquement. Je pense qu’il y a des choses à faire de ce point de vue-là. On voit bien que depuis que le numérique existe, on observe tout un tas d’initiatives qui sortent,qui sont du coup connues, qui deviennent visibles, et ça, je pense que c’est une chose importante.
C’est le premier point. Le deuxième point, c’est de se dire que le numérique peut aussi servir d’outil pour aller chercher des bénéficiaires qu’on n’avait pas avant, ou de proposer des nouveaux services en direction de personnes en situation d’exclusion ou en situation difficile, qui n’avaient pas accès à ces services avant. Je pense à tout ce qui est fait en direction des SDF, par exemple, les coffres numériques et ce type de produits.

Enfin, on voit aussi que dans les stratégies de levée de fonds des organisations,elles développent de plus en plus des stratégies on line qui deviennent extrêmement importantes dans leur pérennisation et dans leur modèle économique. Je crois que sur ces trois principaux fronts,aujourd’hui, le numérique est au début d’une révolution de ce secteur. Je pense qu’en réalité, il y a une très grande similitude entre le monde du numérique,du Web 2.0, tout cet écosystème-là, et l’écosystème de l’entreprenariat social. Quand on regarde un petit peu comment il est structuré, quand on regarde les logiques d’open source,quand on regarde les logiques de partage, de co-construction, etc., ce sont finalement deux cultures très proches.

Je pense que l’entreprenariat social a énormément de choses à apprendre du numérique,à apprendre de cet écosystème-là. D’ailleurs, ce n’est pas complètement étonnant si on se rend compte qu’aujourd’hui les plus grands philanthropes ou les personnes les plus intéressées par l’entreprenariat social au niveau mondial sont la plupart du temps des entrepreneurs qui ont extrêmement bien réussi dans le Web.
Je pense à Pierre Omidyar, qui a co-fondé e-Bay, je pense aux deux co-fondateurs de Google,qui s’intéressent de très près à l’entreprenariat social, je pense à Microsoft et à Bill Gates, qui s’y intéresse également. A mon avis, ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas juste parce qu’ils ont fait fortune,c’est aussi parce que, d’une certaine façon, ils se retrouvent dans cet écosystème un peu comme dans leur précédent écosystème.
Je crois qu’il y a énormément de passerelles à imaginer de ce point de vue-là."