Interview de Stora

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Le 01 / 04 / 11 | Posté par admin
Interview de Stora

"L’idée de soigner par les jeux vidéo est d’abord venue par ma propre expérience, qui était
en 1995, lorsque je me suis retrouvé moi-même à jouer à un jeu vidéo, où je me suis rendu
compte que, au fond, le jeu vidéo nous permettait d’affronter des ennemis intérieurs,
de pouvoir, à travers un avatar, vivre des aventures, faire des choix, et peut-être aussi au-delà,
apprendre à perdre pour pouvoir avancer dans le jeu.
Et lorsque je me suis retrouvé dans une institution pour soigner des enfants qui avaient
des graves troubles du comportement et en échec scolaire, j’ai pris un jour le parti pris de
prendre une console de jeux vidéo, au point où d’ailleurs les enfants m’ont appelé
le psy qui console.
Le jeu vidéo, à travers l’incarnation de l’avatar et de la force identificatoire qu’on avait dans
l’avatar, va leur permettre, dans des histoires très précises, d’affronter, de vivre des aventures,
avec aussi une autre dimension très importante. C’est la dynamique de groupe, où chacun d’eux,
finalement, se bat pour une cause commune, puisque la plupart des enfants que je prenais
avaient souvent des problématiques communes.

L’être humain est plus fort que le virtuel, c’est important de se dire que le virtuel n’a pas
un contrôle sur l’être humain. C’est l’être humain qui a un contrôle, puisque,
en fin de compte, le geste interactif, c’est finalement que les choses nous obéissent au doigt
et à l’œil. Le numérique est avant tout un facilitateur.

Pour envisager la question des personnes hospitalisées chez elles, où le numérique viendrait
les aider, il est évident qu’on ne peut qu’encourager ce type de démarche.
En même temps, la crainte, derrière, c’est de se dire : mais au fond, les gens vont être isolés de plus en plus.
Il faut savoir que pour le téléphone, ça a été la même chose.
A cause du téléphone, les gens ont eu très peur que les gens ne se rencontrent plus.
On s’est rendu compte que grâce au téléphone, les gens se rencontraient beaucoup plus.
On est en train de se rendre compte de la même chose pour Internet.
Et au-delà, il faut bien saisir que ce n’est pas parce qu’on est seul face à son ordinateur
qu’on se sent seul. Ce sont deux manières d’envisager les choses.

Donc, je crois qu’on a tendance à prêter à Internet ou à ces fameuses nouvelles technologies,
finalement, tous les maux qui sont propres à notre société, mais la réalité de l’être humain,
c’est qu’il utilise ces machines pour le meilleur et pour le pire."