Le passage à l’IPv6 chez SFR

Photo Philippe Rossignol
Le 07 / 06 / 12 | Posté par Marine Daniel
Le passage à l’IPv6 chez SFR

Pour toujours vous apporter le meilleur des mondes numériques, SFR se prépare à l’arrivée de l’IPv6, la nouvelle norme mondiale pour les adresses IP. Philippe Rossignol, responsable du programme IPv6 au sein de la Direction Générale des Réseaux, nous explique tout sur l’IPv6 chez SFR.

Qu’est-ce que l’IPv6 ? 

Pour dialoguer sur internet avec un PC, tablette, mobile il nous faut une adresse IP (Internet Protocol). L’adresse IPv4 est composée de 4 nombres compris entre 0 et 255 et codée sur 32 bits. Le nombre maximum d’adresses IPv4 dans le monde est de 4 294 967 296. La pénurie de ces adresses IPv4 arrive au niveau mondial et l’IPv6 est amené à remplacer progressivement l’IPv4.

L’IPv6 est né des travaux menés dans les années 1990 et normalisé avec la RFC 2460. L’adresse IPv6 est codée sur 128 bits, soit plus de 340 milliards de milliards de milliards de milliards d’adresses ! Cela offre une possibilité d’adressage des équipements pratiquement infinie. Ce protocole a été simplifié et prend en compte des mécanismes de sécurisation comme l’IPSEC. L’adresse IPv6 est en revanche légèrement plus compliquée car elle est composée de 8 caractères hexadécimaux séparés par 2 points.

Le passage de l’IPv4 à l’IPv6 n’est pas simple. En effet, les deux protocoles ne sont pas compatibles et il faut donc construire le réseau IPv6 en parallèle du réseau existant. Aujourd’hui, un utilisateur IPv6 peut ainsi être amené à utiliser IPv4 si le service joint n’est pas encore en IPv6.

La migration d’IPv4 vers IPv6 se fait donc de façon lente et prendra plusieurs années. Aujourd’hui, 0,7% des utilisateurs d’internet utilisent l’IPv6. Dans le cadre de la journée du lancement IPv6 du 6 juin 2012 un certain nombre de sites comme Google, Yahoo, Bing, Facebook, Youtube ont activé de façon permanente l’IPv6 en parallèle de l’IPv4.

Pourquoi mettre en place ce nouveau protocole ?

Outre la pénurie des adresses IPv4 qui était inévitable avec le nombre croissant des utilisateurs d’internet, le comportement de ces utilisateurs changent. L’internet est déjà omniprésent dans  notre quotidien avec l’internet Mobile qui permet de rester connecté quel que soit l’endroit et l’accès (4G, 3G, wifi, …).

Ce nouveau protocole permettra par exemple de pouvoir mettre une adresse IP derrière chaque équipement et de pouvoir commander cet objet à distance (comme son radiateur, sa machine à laver, …) Nous allons entrer dans un monde des objets connectés et communicants grâce à l’IPv6. Certaines prévisions nous donnent des chiffres de plusieurs dizaines de milliards d’objets connectés en 2020.

Chez SFR, quelles mesures ont été mises en place pour assurer ce passage à IPv6 ? 

Depuis 2006, toutes les BOX SFR (NB4 et NB6) sont compatibles IPv6. Mi 2011, nous avons lancé un béta test sur IPv6 pour nos clients fixes. Maintenant, tous nos clients ADSL peuvent activer l’IPv6 s’ils le souhaitent depuis leur BOX SFR (sauf sur la NB6 Fibre, qui sera activable d’ici la fin de l’année). Nous suivons avec attention ces nouvelles utilisations. Aujourd’hui, nos abonnés ont une adresse IPv4 et IPv6. Leur principale utilisation d’IPv6 est pour surfer sur Internet. A terme, l’adresse IPv6 pourra être utilisée pour de nouveaux services connectés. Dans tous les cas, la migration d’IPv4 en IPv6 se fait de façon progressive et transparente pour nos clients.

En parallèle, SFR déploie son réseau en IPv6 afin de migrer ses services vers l’IPv6 et de se préparer à la pénurie d’adresses IPv4. A cette date, les nouveaux clients n’auront plus qu’une adresse IPv6 sur leur BOX et utiliseront des passerelles IPv6/IPv4 pour accéder aux services Internet qui n’auront pas encore migrés.

Pour les clients mobiles, l’introduction de l’IPv6 sera un peu plus longue mais la pénurie d’adresses IPv4 n’est pas imminente. De plus, les premiers mobiles IPv6 arrivent tout juste sur le marché.

Pour les entreprises, la transition commence tout juste et nous les accompagnons. Il s’agira d’un processus assez long car cela nécessite de leur part d’importants travaux et analyses sur leur réseau et leur système informatique.

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