Henri Seydoux de Parrot

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Le 21 / 09 / 14 | Posté par Claire Hy
Henri Seydoux de Parrot

Cette semaine notre invité est Henri Seydoux, PDG de la société Parrot, qu’il a créée en 1994. Autodidacte, Henri Seydoux débute sa carrière en 1979 au Journal Actuel en tant que journaliste. Après un passage  au service commercial du journal le Matin de Paris, il intègre en 1982 la société SSCI comme développeur de logiciel systèmes d'exploitation, puis en 1983 la société Microarchi, toujours dans les mêmes fonctions. En 1985 il crée la société BBS, destinée à commercialiser l'operating system micro archi. En 1986 il lance la société BSCA qui réalise des images de synthèse 3D et en devient président-directeur général. En 1991, il fonde avec trois autres associés la société de chaussures de luxe Christian Louboutin et en devient administrateur.

En 1994 il créé la société Parrot, leader mondial des périphériques sans fil pour téléphones mobiles. Par ailleurs, Parrot conçoit et commercialise des produits multimédia sans-fil haut de gamme dédiés au son et à l’image.

Transcript de la vidéo

La Chaîne Techno (LCT) : Bonjour à tous, bienvenue dans L'appart, toutes les deux semaines, vous le savez, le talk 100 % innovation. Et aujourd’hui nous recevons Henri Seydoux, le PDG de Parrot.

Reportage

Autodidacte, Henri Seydoux débute en informatique dans les années 1980. Après une expérience dans les systèmes d’exploitation et les images de synthèse, il crée la société Parrot en 1994. Spécialisée dans les kits mains-libres pour automobiles, l’entreprise se diversifie dans les produits audio et les objets insolites, avec par exemple, l’AR.Drone piloté par iPhone. PDG bondissant, Henri Seydoux a fait de Parrot un nouvel acteur incontournable sur le marché des technologies.

LCT : Sportif, donc Henri Seydoux, visiblement.
Henri Seydoux (HS) : Un peu, je fais attention.
LCT : Du vélo, c’est ça ?
HS : Du vélo oui, je fais de la gym tous les matins.
LCT : De la gym tous les matins ?
HS : Oui, tous les matins.
LCT : Très bien. Bienvenue dans L'appart spécial gym aujourd’hui.
HS : Merci.
LCT : Henri Seydoux, Parrot est connu pour ses kits Bluetooth pour les voitures, les autoradios, le fameux drone télécommandé, un casque audio dessiné par Philippe Starck, des enceintes... Il y a un peu de tout, mais c’est quoi au fond l’activité de Parrot aujourd’hui ?
HS : Donc la philosophie de Parrot, c’est de faire des produits très techniques, grand public. Nous, on cherche toujours à faire des choses qui sont utilisées par des centaines de milliers d’utilisateurs, qui fonctionnent avec votre smartphone. Le smartphone, c’est un truc génial, parce que pendant très longtemps, on a espéré qu’il y ait une ère post-PC, après l’ordinateur, et elle est là : c’est le smartphone, la tablette. Autour de ces nouveaux ordinateurs, il y a tout un nouvel usage à créer.

#TIMELINE

HS : Parrot a été créée en 1994, sur une idée qui était de faire un produit grand public avec de la reconnaissance vocale. C’est pour ça que ça s’appelle Parrot. Et c’était un agenda électronique. Parrot, le perroquet. C’était avant le GSM. On est parti de là, de cet agenda reconnaissance vocale, on a développé cette technologie pour l’usage du téléphone en voiture, la reconnaissance vocale, et puis le traitement de signal. Et puis on a été les premiers à vraiment croire, dans le domaine de l’automobile, à l’utilisation de Bluetooth. On avait déjà tout le savoir-faire en traitement audio. On a fait les téléphones Bluetooth pour la voiture. C’est à partir de là que l’entreprise est sortie du format start-up, qui consommait son capital, où il fallait que j’aille tous les deux ans chercher des investisseurs auprès des fonds d’investissement, à une entreprise de techno qui s’est développée par ses propres moyens.

#FAILS

HS : On a raté plusieurs produits.
HS : Les premiers autoradios multimédias qui faisaient fonctionner l’iPhone et Bluetooth, on a payé durement le fait d’apprendre à faire des autoradios, c’est difficile.
HS : Il faut voir que dans le monde d’aujourd’hui, technique, la concurrence est très forte. Si vous rentrez dans un nouveau marché, souvent, vous minimisez la difficulté. On voit d’ailleurs même Apple, la meilleure boîte de technologie aujourd’hui, le mal qu’ils ont eu à faire un bon téléphone. Je ne parle de l’innovation, de l’ergonomie, du système, qui a été plébiscité dès le début, mais un téléphone où la durée de la vie de la batterie était longue, où le téléphone ne coupait pas etc., la difficulté qu’ils ont eu, des problèmes d’antenne etc. L’autoradio, c’est la même chose. Nous, on est rentré dans un domaine, et on a mésestimé la difficulté que c’était.
LCT : Le marché des kits Bluetooth pour les voitures etc., est-ce que ce n’est pas un marché qui va décliner, parce qu’on se rend compte aujourd’hui que c’est une option qui est en première monte dans les voitures, de plus en plus de constructeurs proposent ce genre de choses. Donc ils viennent grignoter votre business.
HS : Pas du tout, parce que quand c’est eux qui le proposent dans les voitures neuves, c’est nous qui le faisons. Donc au contraire, ça se développe énormément. Donc nous, on adapte cette technologie du smartphone dans la voiture, et on fait, on est les premiers à faire des autoradios à base d’Android. On pense qu’il y a un grand champ pour développer l’entreprise, pour faire tout ce qu’utilise le conducteur, c’est-à-dire son autoradio, mais aussi son système de télécom, son système de navigation, mettre des applications… On propose ça à base d’Android, et ça, c’est un des développements de la boîte.
LCT : Votre premier autoradio sous Android n’a pas eu un succès phénoménal. Pourquoi, à votre avis ?
HS : C’est-à-dire que c’est très difficile à faire, c’est des produits très techniques, et donc, ce qu’on a cherché à faire, c’est un autoradio basique qui utilise Android. Pour nous, c’est une manière d’entrer dans le business. On cherche plus à développer de la technologie, à mettre au point un premier produit, qu’à faire le grand soir et à faire un produit extraordinaire. Mais les nouveaux produits qu’on va sortir en septembre, les nouveaux autoradios Android seront vraiment révolutionnaires, et je pense qu’ils changeront la donne dans le métier de l’autoradio, comme l’iPhone a changé la donne dans le métier du téléphone.

#INNOVATION

HS : Il y aura des capteurs partout. Vous aurez dans le futur des capteurs sur vous pour monitorer votre santé, il y aura des capteurs dans les bâtiments pour les rendre plus écologiques. Il y aura des capteurs dans les jouets pour les rendre plus amusants. Des capteurs vont arriver partout. Pourquoi ? Parce que c’est la seule manière de moderniser les objets, en particulier pour l’écologie. Si vous voulez rendre un bâtiment écologique, vous devez non seulement savoir comment il fonctionne, c’est-à-dire comment il consomme, sa température, et aussi comment on éteint et on allume les lampes. Pour améliorer le comportement écologique des produits, il faudra mettre des capteurs partout.
Il y a un boum dans les capteurs, dû à la possibilité de faire des capteurs avec la même technologie que les microprocesseurs, ça s’appelle les MEMS ; et il y a aujourd’hui des capteurs de pression, des accéléromètres, des gyroscopes, des capteurs extraordinaires, qui avant coûtaient extrêmement cher, et qui aujourd’hui coûtent quelques euros. Et avec ces capteurs, avec du traitement de signal, on peut faire des produits qui n’existaient pas encore aujourd’hui sur le marché.
Très souvent, l’innovation vient par les produits grand public. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas forcément la NASA qui crée des progrès dans l’innovation, c’est très souvent le fait qu’on fasse l’effort de réduire les choses à minima et d’en faire des produits. Par exemple, le PC, c’est un produit de geek avant l’heure, c’est un gadget. L’ordinateur personnel est à la base un gadget de technophile avant l’heure. Et puis c’est devenu l’informatique. Il n’y a plus aujourd’hui que des processeurs Intel dans les centres de calcul ou dans les ordinateurs de bureau.
Et nous, c’est une façon de développer l’entreprise Parrot. Nous, on cherche à faire des produits grand public, et on cherche à aller dans des trucs très techniques, les drones c’en est un. Aujourd’hui on s’intéresse à développer des produits, que ce soit pour le jeu vidéo ou pour l’utilisation personnelle, à base de capteurs intelligents.
LCT : On peut imaginer tous nos objets du quotidien connectés avec des capteurs. Donnez-nous des exemples.
HS : Bien sûr que non. Je ne vous donnerai pas d’exemple. Vous voyez là, il y a une enceinte Parrot.
LCT : Ce n’était pas préparé en plus.
HS : Ce n’était pas préparé. Là, il y a une enceinte Parrot. La nouvelle version de cette enceinte a un système de traitement de signal où on mesure en temps réel le fonctionnement du haut-parleur pour le rendre extrêmement bon. Ca, ça n’a jamais été fait. Donc on utilise des mesures électroniques pour corriger en temps réel le fonctionnement du haut-parleur. On fera la première enceinte grand public active. Pour vous dire qu’en utilisant des capteurs, en mettant de l’informatique derrière ces capteurs, on peut améliorer énormément de produits.

#PORTRAIT_DE_GEEK

LCT : Henri Seydoux, j’imagine que vous êtes geek ?
HS : Moyennement.
LCT : Moyennement ?
HS : Moyennement, oui.
LCT : Tiens, on peut être fan des capteurs et pas être forcément très geek.
HS : Oui, je suis moyennement geek. Je suis geek, mais je ne suis pas hyper geek.
LCT : Présent sur les réseaux sociaux ?
HS : Non.
LCT : C’est pas vrai ? Pas du tout, pas de Facebook, pas de Twitter, rien du tout ?
HS : Pas de Facebook pas de Twitter. Je m’organise avec un cahier Clairefontaine, vous voyez, donc ça, c’est mon truc de base. Et non, je ne suis pas hyper geek.
LCT : Plutôt iPhone, Android ou Clairefontaine ?
HS : Je suis plutôt Clairefontaine. Pour téléphoner, j’ai un téléphone Android. Pourquoi j’ai un téléphone Android ? Parce que la question de l’open source, c’est un truc génial.
LCT : C’est la philosophie du logiciel qui vous intéresse.HS : Voilà, c’est-à-dire que la possibilité que l’informatique soit présente de manière ouverte, c’est-à-dire que tout le monde puisse développer des applications, des produits, que ce soit des protocoles communs, et que des entreprises puissent accéder à un niveau technique qui est le niveau de la connaissance, que ce ne soit pas la propriété de personne, ni de Microsoft, ni d’Apple par exemple, c’est un truc extrêmement important et fondamental dans le monde d’aujourd’hui. Donc je suis pour l’open source ; et donc de ce point de vue-là pour Android dans les téléphones.
LCT : Merci beaucoup Henri Seydoux d’avoir répondu à nos questions.
HS : Merci bien.
LCT : Et on se retrouve bien sûr dans deux semaines pour un prochain rendez-vous de L'appart sur la chaîne techno. Salut à tous.

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