L'appart épisode 21 : Qwant, moteur de recherche français

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Le 05 / 09 / 14 | Posté par arnaud.recule
L'appart épisode 21 : Qwant, moteur de recherche français

L'appart, épisode 21 avec Jean-Manuel Rozan cofondateur du moteur de recherche français Qwant.

Tous les 15 jours, L’appart reçoit un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo mené par Jérôme Colombain et François Sorel, de La Chaîne Techno en coproduction avec SFR. Entrepreneurs, chefs d'entreprise, créateurs de start-up… Ils nous font part de leurs succès, mais aussi des échecs qui leur ont permis d’avancer, et nous donnent leur point de vue sur les dernières tendances en matière d'innovation.

Pour ce 21ème épisode de L’appart, nous recevons Jean-Manuel Rozan, cofondateur de Qwant, le premier moteur de recherche français lancer pour concurrencer Google et proposer une expérience nouvelle sur Internet. Pour SFR et La Chaîne Techno, Jean-Manuel Rozan expose les atouts de son service et nous donne sa vision de l’innovation. Son pari pour l’avenir ? Le succès de services qui nous permettront de protéger et notre identité digitale et contrôler nos traces sur Ie Web.


Biographie Jean-Manuel Rozan
Jean-Manuel Rozan est un spécialiste de la finance et un investisseur professionnel. Il débute comme trader à New York dans les années 80 avant de se consacrer à la gestion de fortune. En 1999, il publie Le Fric, un livre moitié roman moitié documentaire sur le monde de la finance. En février 2013, avec Eric Leandri, Jean-Manuel Rozan lance Qwant, un moteur de recherche français qui ambitionne de réunir le meilleur du Web et des réseaux sociaux.

 

TRANSCRIPT VIDEO

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau numéro de L’appart. L’appart, vous le savez, c’est toutes les deux semaines un entretien privilégié avec un décideur lié à l’innovation.

Aujourd’hui, nous recevons Jean-Manuel Rozan, co-fondateur du moteur de recherche français Qwant.Jean-Manuel Rozan est un spécialiste de la finance et un investisseur professionnel. Il débute comme trader à New York dans les années 80 avant de se consacrer à la gestion de fortune. En 1999, il publie Le Fric, un livre moitié roman moitié documentaire sur le monde de la finance. En février 2013, avec Eric Leandri, Jean-Manuel Rozan lance Qwant, un moteur de recherche français qui ambitionne de réunir le meilleur du Web et des réseaux sociaux.

 

 

La chaîne Techno (LCT) : Jean-Manuel Rozan, bonjour.

Jean-Manuel Rozan (JMR) : Bonjour.

LCT : Et merci d’avoir accepté notre invitation dans L’Appart.

JMR : Avec plaisir.

LCT : Qwant vient d’arriver dans le paysage Internet français. Qu’est-ce que c’est que Qwant ?

JMR : Qwant, c’est un nouveau moteur de recherche qui propose une façon on espère différente et innovante de montrer le contenu d’Internet, car ce contenu est extrêmement vaste et varié, et avec les années, a explosé. Il y a des images, il y a des sites, il y a ce que les gens disent sur les réseaux sociaux, il y a des nouvelles, et il y a des produits. Eh bien nous, on les a tous réunis sur un seul site pour y donner accès directement, et dans un ordre qui fait du sens, aux internautes.

LCT : Donc de quelle manière ça se présente ? Je tape, je ne sais pas, mon nom, Harry Potter, n’importe quoi...

JMR : Par exemple, en ce moment, où il fait mauvais, vous tapez « autoroute A1 » et dans la colonne sociale, vous tapez « neige », et vous trouvez tous les gens qui parlent des problèmes de neige sur l’autoroute A1.

LCT : Voilà, puisqu’il faut préciser qu’on enregistre cette émission un jour de neige dans le nord.

- Oui, parce que si vous nous écoutez en plein été, vous n’allez pas comprendre.

JMR : Ça se présente de la façon suivante : vous avez, sur le sujet que vous avez cherché, toutes les images et toutes les vidéos. Et après, vous avez plusieurs colonnes : une réservée au Web, une réservée aux nouvelles, une, lorsqu’il y en a un, au knowledge graph, c’est-à-dire ce que vous voulez savoir de base sur le sujet que vous cherchez. Après, une colonne sociale où on vous montre tous les commentaires pertinents des internautes qui parlent en ce moment sur les réseaux sociaux du sujet sur lequel vous cherchez, et une pour le shopping. Et à l’intérieur de chaque colonne, vous pouvez affiner votre recherche. Par exemple, si vous mettez « François Hollande », vous pouvez mettre « Mali », et là, vous n’avez plus que des gens qui parlent de Mali et de François Hollande.

LCT : Mais aujourd’hui Google squatte, on va dire, l’immense majorité des recherches en France. Comment inciter les utilisateurs d’Internet à aller chez vous alors que la plupart du temps Google leur satisfait ?

- Est-ce qu’il y a de la place pour un nouveau moteur de recherche ?

 

JMR : Toute nouvelle offre crée sa demande, et comme les contenus qui sont sur Internet sont extrêmement divers et variés, et aujourd’hui, les grandes sociétés qui dominent Internet, comme Google, font bien attention à ne pas tout vous montrer. Vous n’avez pas conscience que vous n’avez pas tout. Et donc vous croyez que vous avez tout sur Google, mais ce n’est pas vrai. Et je vais vous donner un exemple très facile : allez sur Qwant et mettez « Google », et après, allez sur Google et mettez « Google », et vous allez voir la différence.

LCT : C’est-à-dire qu’en fait, Google censurerait le Web ? C’est ça ?

JMR : Non, Google ne censure pas exactement le Web, mais ça fait à peu près dix ans, et surtout deux ans, que Google a arrêté de vous montrer tout pour ne sélectionner que ce qu’elle veut vous vendre. Donc Google n’est pas une société qui vous montre ce que vous cherchez, Google est une société qui essaie de vous vendre ce qu’elle vous montre. Ce n’est pas du tout la même chose.

LCT : Ce sont des accusations que vous portez contre Google ?

JMR : Non, c’est un fait, il n’y a pas de discussion possible. Tout le monde le sait, et ils le disent. Vous pouvez prendre n’importe quel rapport d’analyse sur la société Google, vous pouvez prendre les déclarations des dirigeants de Google depuis deux ans : « Nous ne sommes plus universels, nous ne sommes plus agnostiques. Nous ne montrons pas tout, nous sélectionnons ce que nous montrons dans un but précis. » C’est très clair et c’est avéré. Je vous donne un exemple très simple, sur un sujet pertinent : s’il y a sur Google+ un commentaire social intéressant, ils vont vous le montrer. Mais si c’est sur Facebook que ce commentaire existe, vous ne le verrez jamais. Mais lorsque vous aurez le social graph de Facebook sous les yeux, si le commentaire le plus pertinent est sur Twitter, Facebook ne vous le montrera pas non plus, il n’y a aucune chance.

LCT : Chacun prêche pour sa paroisse.

JMR : Donc c’est un petit peu : vous arrivez à la tour Eiffel. A la tour Eiffel, il y a la tour Eiffel, il y a des gens, des gens qui montent, qui descendent, il y a des gens qui vendent des petits produits autour. Ok ? Ça, c’est la vie. Sur Internet, la tour Eiffel, elle est sur Google, les gens sont sur Facebook et les produits sur Amazon. Ce n’est pas normal. Nous, on a tout réuni sur un seul site.


LCT : Alors comment fonctionne Qwant ? Parce que c’est donc un moteur français, on est fier d’avoir une technologie française a priori brillante. Comment ça marche ?

JMR : Sur le plan technique ?

LCT : Oui.

JMR : Je suis la mauvaise personne à laquelle poser la question, puisque moi, je suis le généraliste de l’affaire. Mais heureusement, dans Qwant, il y a deux co-fondateurs, une qui est une société qui s’appelle Pertimm qui est un moteur de recherche BtoB qui est celui de Auchan, de Meetic, de Pages Jaunes, donc elle nous a amené sa technologie de recherche contextuelle sémantique, qui est extrêmement performante, et surtout, l’âme technologique, et je n’hésite pas à le dire, le génie de Qwant, c’est un garçon qui s’appelle Eric Leandri, qui a pris tout ça...

LCT : C’est donc votre associé ?

JMR : Voilà. Il a ajouté 20 ans de travail de sa part et il a compris qu’il pouvait traverser tous les contenus d’Internet et les afficher de façon pertinente, ce qui extrêmement compliqué. Et c’est lui qui a réussi à faire tout ça.


LCT : Oui mais il y a eu un début de polémique au lancement de Qwant, puisqu’on a dit justement que vous prétendiez être différent de Google, et en fait, il paraît que vous reprenez, que vous utilisez énormément ce qu’on appelle les APIs, les résultats de recherche de Google, de Bing, etc.

- Bing qui est le moteur de recherche de Microsoft.

JMR : Alors d’abord, nous, on a l’esprit très critique, car on n’aurait pas fait ce qu’on fait si on n’était pas critique. Donc on adore les critiques, on adore les polémiques, et je le dis toujours, une bonne polémique vaut mieux qu’une mauvaise pub. Mais nonobstant, cette polémique-là, à mon avis, c’est un petit peu comme si les gens avaient regardé l’arbre et pas la forêt, sauf qu’il y a juste un petit problème, c’est qu’il n’y a pas d’arbre. Je pense que tout le monde, maintenant, avec les explications qu’Eric a fournies, s’est aperçu de la chose. En réalité, on n’a pas d’API avec Bing, on achète de temps en temps des images chez Bing, mais ça n’est pas là que sont nos technologies. Nos technologies sont dans la façon dont on sait faire le lien et créer la pertinence entre tout ça. Je vous donne juste un petit exemple...

LCT : Mais vous êtes un vrai moteur ou vous êtes un méta-moteur qui va ramasser les résultats des autres ?

JMR : Pas du tout un méta-moteur. Nous sommes à 100 % un vrai moteur qui a la capacité d’indexer et de chercher par ses propres moyens tous ses contenus. Mais Google prend le contenu de Wikipédia et en fait un knowledge graph, et personne ne va lui chercher noise, et c’est tout à fait normal. Avec le temps, il y a marqué « bêta », et avec l’argent, parce qu’il en faut beaucoup, on aura réussi à reconstituer tout ça chez nous. Mais ça n’est pas là qu’est le cœur de notre technologie, donc c’est bon.

LCT : Vous avez lâché le mot : argent. Quel est le modèle économique de Qwant ? On sait que Google, ce sont les liens sponsorisés.

JMR : Avec le temps et avec l’audience, évidemment, les modèles économiques sont liés à l’affiliation et à la publicité, puisque sur Qwant, il y a la possibilité de répondre à tout commentaire social, et aussi la capacité de partager les contenus qui vous intéressent avec tout un tas de gens. A partir du moment où vous vous mettez à faire ça, vous ouvrez des espaces sur Qwant, sur lesquels on peut vous montrer évidemment de la publicité.

 

#TIMELINE


LCT :
Jean-Manuel Rozan, allez, on s’intéresse maintenant à votre timeline : quels sont les grands moments de votre parcours d’entrepreneur ? Quelques-uns.

JMR : Hélas, ça fait tellement longtemps que ça dure. J’ai été trader pendant une dizaine d’années dans les années 80. J’ai travaillé pour une grande famille pour laquelle j’ai investi de l’argent pendant une quinzaine un peu partout dans le monde, avec quelques réussites : on a créé un fonds en Israël en 1996, on a créé une société de téléphone au Brésil en 1998 qu’on a revendue en 2009 ; et voilà, au milieu de ces quelques réussites, j’ai fait une foultitude d’erreurs considérables, que je n’ai pas le temps de vous raconter.

LCT : Dont on va parler quand même dans un instant.

- Quand même, il ne va pas y échapper.

LCT : Comment on passe de la finance à la recherche sur Internet ?

JMR : C’est une question de curiosité. En réalité, ce que j’ai toujours essayé de faire, c’est, dans les années 80, d’être dans les marchés dérivés parce que c’était la chose du moment, dans les années 90, d’être dans les marchés émergents, parce que c’est un tout petit peu avant la chose du moment, et puis comme maintenant je suis très âgé et je n’ai plus du tout envie de voyager, je me suis dit : il faut faire quelque chose qu’on puisse faire à la maison, donc Internet, au fond, ce n’est pas si mal.

LCT : Mais bon, le moteur de recherche, c’est quand même quelque chose qui est déjà bien mâture. Ce n’est pas un peu tard de se lancer dans cette aventure du moteur de recherche ?

JMR : Moi je pense que non, mais la réponse à votre question, c’est : on verra. Mais il y a vraiment une vraie anomalie, qui est celle que je vous ai décrite un peu plus tôt, c’est-à-dire cet état des lieux dominé par trois sociétés américaines, et qui est en plus un état des lieux antagoniste.

LCT : Oui, mais vous n’êtes pas le premier à vous le dire. Il y a déjà eu des tentatives de moteur français, il y a eu Exalead, etc., dont on ne parle plus beaucoup aujourd’hui.

JMR : Je ne peux rien dire sur ça parce que ce n’est pas un domaine dans lequel je suis spécialement conséquent. Nous, on pense qu’avec notre façon de faire, on a une chance de séduire les utilisateurs et d’avoir quelque chose à montrer qui soit pertinent. Dans la vie, il n’y a aucune forteresse imprenable, il n’y a que des mauvais assaillants.

 

#FAILS

LCT : Quels sont vos fails ? Est-ce que vous avez rencontré des erreurs au cours de ce long parcours d’entrepreneur ?

JMR : On n’a pas le temps, mais je vais vous en sélectionner une. J’ai été le co-fondateur, en 2004, dans le premier réseau social au monde qui s’appelait Small World, qui était deux ans avant Facebook.

LCT : Rien à voir avec Walt Disney ?

JMR : Rien à voir du tout. Ça s’appelait Small World, et c’était un réseau social qui était pour, en principe, des gens privilégiés, super connectés, qui se connectaient les uns aux autres pour savoir tout ce qui se passait dans le monde. Ça a connu un succès phénoménal, et très bêtement, on a décidé de le garder petit, ce qui fait que, aujourd’hui, il est toujours petit. Et il y a quelqu’un qui est devenu membre de Small World qui s’appelle Mark Zuckerberg, et qui a décidé de faire la même chose, mais en plus grand. Eh bien, on peut dire que, lui, il a mieux réussi que nous.

LCT : On peut dire qu’il vous a piqué l’idée ?

JMR : Non, parce qu’on était très nuls au niveau techno, mais enfin on a eu l’idée deux ans avant lui, on était avant tout le monde. Donc avoir été le premier réseau social au monde et avoir réussi à perdre beaucoup d’argent avec, c’est quand même très costaud ça, il faut le faire.

LCT : Donc la France aura inventé Internet avant les Américains, avec le Minitel, avec d’autres choses. A chaque fois, on a l’impression qu’on est précurseurs, et puis on a du mal à transformer l’essai. C’est le constat que vous faites aussi ?

JMR : Oui, ça c’est possible… enfin ce n’est pas vrai dans tout, il y a de très grandes réussites françaises, on ne va pas les citer, LVMH, tout ça, mais je me demande si, d’une certaine façon, en France, on ne se contente pas de la beauté de l’idée sans s’attacher à la qualité de la réalisation et de la réussite. C’est peut-être ce côté intellectuel… C’est sympathique d’ailleurs parce que, sur certains côtés, finalement, l’argent, il n’y a pas que ça qui compte, et tout ça, mais enfin, de l’autre côté, à la fin, il faut bien transformer l’essai, et il y a cette dichotomie de culture entre la France et les États-Unis qui existe, qui est réelle.

 

#INNOVATION

 

LCT : Un mot sur l’innovation, quand même, puisque c’est aussi le but de cette émission : quelles sont les innovations qui pourraient émerger selon vous dans le domaine du moteur de recherche, ou dans un autre domaine ?

JMR : Il y a une évolution qui est absolument inévitable et qui est la suivante, un petit peu par analogie comme lorsqu’on est avec le temps de plus en plus conscient que lorsqu’on mange quelque chose, c’est important de savoir ce que ce quelque chose a lui-même mangé pour contrôler un peu la chaîne totale de ce qu’on absorbe : de la même façon, on a laissé notre identité digitale à vau-l’eau, si je puis dire, on a mis des traces un peu partout depuis 15 ans, et puis peu à peu, les gens se rendent compte que cette identité digitale, c’est extrêmement important, qu’elle doit être protégée, et qu’ils doivent en reprendre le contrôle. De ce point de vue-là, Qwant est un outil, à mon sens, de cette prise de conscience, car il y a tout un tas d’endroits sur Qwant, notamment la fonction people, où vous pouvez voir tout ce que vous avez dit vous-mêmes sur Internet, où c’est, et éventuellement, si ça vous déplaît, vous pouvez aller l’effacer.

LCT : Alors comment va-t-on l’effacer, parce que c’est facile à dire, ce n’est pas toujours facile à faire ?

JMR : C’est très compliqué à faire. On espère pouvoir donner cette fonctionnalité dans le futur. Elle n’est pas là pour l’instant. Mais déjà, savoir où c’est, savoir qu’on l’a dit, savoir que c’est là, c’est une des briques de Qwant, et je pense que c’est un des points essentiels de la prise de conscience on va dire actuelle qui est en train d’émerger partout en même temps dans le monde.

 

#PORTRAIT_DE_GEEK


LCT :
Jean-Manuel Rozan, êtes-vous un geek ?

JMR : Alors là, vraiment, je suis désolé de vous dire que je suis le contraire d’un geek. J’ai du mal à répondre à mes mails, j’écris avec un seul doigt, ça prend des heures, je ne sais pas me servir de mon ordinateur, et au bureau tout le monde se moque de moi.

LCT : Vous êtes l’homme au bloc-note encore ?

JMR : Je préfère un coup de fil, s’il faut noter ça sur un agenda, je veux bien, mais voilà, ça s’arrête là.

LCT : Votre smartphone préféré, c’est quoi ?

JMR : J’ai un smartphone, mais le problème des smartphones, si vous voulez, ce sont de très bons ordinateurs, mais en général d’assez mauvais téléphones. Donc comme je ne sais pas me servir d’un ordinateur, je ne me sers pas de mon smartphone, et j’ai du mal à passer des coups de fil avec, donc c’est vraiment très raté de ce point de vue-là.

LCT : Donc vous avez un vieux téléphone qui ne fait que téléphoner ?

JMR :  Oui pendant très longtemps, mais...

LCT : Vous envoyez des SMS quand même ?

JMR : Un petit peu. Mes jeunes camarades de Qwant m’ont forcé à m’acheter un vrai smartphone, et ça me pose beaucoup de problèmes.

LCT : Alors on ose à peine vous poser la question sur les réseaux sociaux, sur Twitter, sur Facebook : est-ce que vous êtes présent sur ces réseaux sociaux ? Est-ce que vous vous y intéressez ?

JMR : Je suis membre de Facebook. Une des raisons pour lesquelles je pensais que Qwant était intéressant, c’est parce que je ne suis pas sûr qu’on veuille toujours être membre d’un réseau en plus, tandis que si on a Qwant et qu’on n’est membre de rien, on sait ce que tout le monde dit sur tout. Ça, c’est amusant.

LCT : Ah oui, un rôle d’observateur.

JMR : Voilà. Et je pense que là, il y a un vrai driver, parce qu’en réalité, sur le fond, Facebook, ça sert à être vu, et Google, ça ne sert pas vraiment à voir, puisqu’on ne peut y voir que des objets. Et quand vous voulez voir, vous voulez voir des gens. Donc, avec Qwant, vous pouvez aller voir les gens, vous pouvez aller voir tout ce qu’ils disent, tout ce qu’ils font partout. Et vous pouvez choisir de leur répondre, puisqu’on peut faire ça sur Qwant, ou pas. Et donc ça, je pense que c’est une fonction très complémentaire et très intéressante.

LCT : Merci Jean-Manuel Rozan, co-fondateur de Qwant, qui, on l’a bien compris, est encore en phase bêta. C’était annoncé comme tel ?

JMR : Un bêta qui va durer longtemps.

LCT : Un bêta qui va durer longtemps.

- A tester donc, Qwant. Merci beaucoup.

JMR : Merci à vous.

LCT : Voilà, cet appart est terminé, on se retrouve bien sûr dans deux semaines avec un autre invité lié à l’innovation.

- Salut à tous.

 

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