L'appart épisode 18 : Frédéric Potter, créateur de NetAtmo

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Le 02 / 09 / 14 | Posté par la rédaction de SFR
L'appart épisode 18 : Frédéric Potter, créateur de NetAtmo

Tous les 15 jours, L’appart reçoit un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo mené par Jérôme Colombain et François Sorel, de La Chaîne Techno en coproduction avec SFR. Entrepreneurs, chefs d'entreprise, créateurs de start-up… Ils nous font part de leurs succès, mais aussi des échecs qui leur ont permis d’avancer, et nous donnent leur point de vue sur les dernières tendances en matière d'innovation.

Pour ce 18ème épisode de L’appart, nous recevons Frédéric Potter, créateur de NetAtmo, premier capteur atmosphérique fonctionnant exclusivement grâce à un smartphone via le cloud. Pour cet ingénieur de formation, la grande innovation de demain sera d'imaginer comment chaque objet qui nous entoure peut gagner à être connecté.                                                                                                                      

Frédéric Potter fait partie de la « dream team » française des objets connectés. En 2008, il participe à la création de la société Withings. En 2011, il se lance dans  une nouvelle aventure avec NetAtmo. Netamo est le premier capteur atmosphérique fonctionnant exclusivement grâce à un smartphone via le cloud. Ingénieur de formation, Frédéric Potter incarne la « french touch » high-tech. Netatmo est commercialisé dans plusieurs pays à travers le monde.

Transcript de la vidéo :

Bonjour à tous et bienvenue dans L’appart. L’appart, c’est toutes les deux semaines un entretien privilégié avec un décideur de l’innovation.
Et aujourd’hui nous parlons d’objets connectés. Nous recevons Frédéric Potter, le fondateur de la société Netatmo.

 # REPORTAGE

Frédéric Potter fait partie de la dream team française des objets connectés. En 2008, il participe à la création de la société Withings. En 2011, il se lance dans une nouvelle aventure avec Netatmo. Netatmo est le premier capteur atmosphérique fonctionnant exclusivement grâce à un smartphone via le cloud. Ingénieur de formation, Frédéric Potter incarne la french touch high-tech. Netatmo est commercialisé dans plusieurs pays à travers le monde.

La Chaîne Techno (LCT) : Frédéric Potter, bonjour

Frédéric Potter (FP) : Bonjour.

LCT : Et merci d’avoir accepté notre invitation pour ce nouveau numéro de L’Appart.

- Alors présentez-nous Netatmo. De quoi s’agit-il ?

FP : Donc Netatmo, c’est la première station météo qui mesure la qualité de l’air intérieur. C’est une station météo qui n’a pas d’écran, puisqu’on consulte ses informations sur son iPad, son iPhone ou son téléphone Android. Voilà, elle mesure la qualité de l’air intérieur, ce qui est une fonctionnalité nouvelle, parce que les consommateurs sont habitués aux problématiques de qualité de l’air extérieur, dont ils entendent parler à travers la communication des pouvoirs publics. Ils sont souvent peu conscients que l’essentiel du problème de santé publique a lieu chez eux ou au travail, à travers donc la problématique de la qualité de l’air intérieur, et cet appareil permet de la mesurer. Donc le grand à l’intérieur, le petit à l’extérieur, donc qui mesure les paramètres devant chez soi et qui permet de les partager.

LCT : Et donc, après, on récolte ces informations sur un écran qu’on connaît, notre écran personnel, smartphone ou tablette. C’est ce que vous disiez tout à l’heure.

FP : Exactement. On retrouve ces informations à l’endroit où l’utilisateur a envie de les consulter, c’est-à-dire sur son téléphone ou sur son smartphone.

LCT : Ça s’adresse à qui ? Aux personnes inquiètes ? A certains professionnels ? A tout le monde ?

FP : Alors ça s’adresse à tout le monde. Pourquoi les gens achètent des stations météo ? Ils achètent des stations météo ou des thermomètres pour améliorer leur confort intérieur, c’est-à-dire savoir s’ils sont bien chauffés, bien aérés, et aussi pour planifier leurs activités. Donc on vient s’inscrire dans un marché existant qui est le marché de la station météo, avec un produit en rupture, avec plusieurs innovations majeures : la connexion à Internet, l’aspect smartphone et la mesure de la qualité de l’air.

LCT : Mais, pour autant, ce n’est pas un dispositif de sécurité ?

FP : Non, ce n’est pas un dispositif de sécurité, c’est un dispositif de confort qui sert à améliorer son confort chez soi.

LCT : Oui, ce n’est pas un système qui détecte le monoxyde de carbone quand on a une chaudière mal réglée...

FP : Non.

LCT : De la fumée, etc. ?

FP : Non, pas du tout.

LCT : C’est vraiment un outil de confort, c’est ça ?

FP : Exactement.

# TIMELINE

LCT : Alors, Frédéric Potter, parlez-nous un petit peu de votre parcours d’entrepreneur. Netatmo est votre première aventure en tant qu’entrepreneur ? J’imagine que non.

FP : Alors non, avant Netatmo, j’ai créé deux autres sociétés. Une première société qui s’appelle Cirpack qui a beaucoup travaillé sur la téléphonie sur ADSL. Donc pendant 15 ans j’ai fait de la téléphonie sur ADSL qu’on connaît à travers les box.

LCT : Marché porteur…

FP : Avec des clients comme SFR, des clients comme Free. Ensuite, j’ai créé une société qui s’appelle Withings, qui a fait aussi d’autres objets connectés : pèse-personne...

LCT : Qu’on connaît bien, qu’on a reçu ici dans L’Appart.

- Oui il y a quelques mois de cela. Et donc, vous restez dans ce domaine des objets connectés avec Netatmo.

FP : Exactement. Le fil conducteur de mon activité professionnelle, c’est de faire sur Internet, à travers la connexion Internet, des choses, des secteurs d’activités, des usages qui existaient préalablement à Internet.

LCT : Au départ, vous avez une formation de quoi ? D’entrepreneur, d’ingénieur ?

FP : Alors j’ai fait une école d’ingénieur qui s’appelle Télécom ParisTech, et un doctorat en microélectronique.

LCT : Alors, Frédéric Potter, on voit que vous avez eu le nez fin, puisque ce produit Netatmo a été maintes fois récompensé lors du dernier CES à Las Vegas.

FP : Tout à fait, on a eu la chance d’avoir trois prix à Las Vegas, qui, finalement, dans trois catégories, pour ce même produit, qui viennent illustrer chacune des innovations de ce produit. Donc un prix dans la rubrique « Forme et santé », parce que ce produit permet d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Deuxièmement, un prix dans « Petit électroménager », parce qu’on vient réinventer la station météo de manière design, moderne, élégante, alors que c’était un secteur qui n’avait plus beaucoup d’innovations depuis de nombreuses années. Et la troisième catégorie, c’est « Technologies pour un monde meilleur ». Pourquoi ? Parce que ces données permettent de faire de la météo 2.0, puisque finalement, les possesseurs de nos stations météo contribuent, par la fourniture de leurs données, à une meilleure compréhension du monde dans lequel on vit, en accumulant en particulier les données extérieures.

# FAILS

LCT : Y a-t-il eu des « fails », des erreurs de parcours dans votre vie d’entrepreneur ?

FP : Oui, moi, j’ai eu la chance de faire faillite très jeune.

LCT : Quelle chance ! Bravo ! Félicitations ! C’était quoi ? Quatorze ans, quand vous aviez perdu vos billes ?

FP : Non, la première entreprise pour laquelle j’ai travaillé, dans laquelle je n’étais pas fondateur, a été rachetée dans des circonstances difficiles en 2001 ; et donc ça a été je pense une très bonne expérience de commencer, de travailler trois ans sur un projet qui finalement s’est soldé par un échec.

LCT : Qu’est-ce que ça vous a appris ?

FP : Ça permet de relativiser les choses, de comprendre la part de chance, de malchance qu’on peut avoir, et puis d’analyser ses erreurs. Je pense que c’est très important.

LCT : C’était quel type de projet ?

FP : C’était un opérateur télécom, je ne sais pas si vous vous souvenez, il y en avait quelques dizaines, peut-être centaines, en France, dans les années 90.

LCT : Fournisseur d’accès ?

FP : Voilà, un fournisseur d’accès pour les entreprises.

# INNOVATIONS

LCT : Frédéric Potter, on va parler un petit peu d’innovation. J’imagine que, pour vous, l’innovation future, ce sont les objets connectés ?

FP : Alors aujourd’hui, effectivement, il y a un secteur qui bouge beaucoup, c’est les objets connectés. Donc les objets connectés, en pratique, ça consiste à prendre un par un les objets qui nous entourent et à déterminer s’ils gagnent à être connectés à Internet. Je prends souvent l’exemple du grille-pain : est-ce que la connexion à Internet est appropriée ?

LCT : Indispensable ?

FP : Dans le cas du grille-pain, pas nécessairement.

LCT : Oui, c’est-à-dire qu’il ne faut pas tomber dans le gadget.

FP : Voilà.

LCT : Oui mais ça attise aussi l’imagination, non ? On peut peut-être comme ça avoir une idée géniale pour connecter un grille-pain à Internet. Bon, on ne l’a peut-être pas encore trouvée, cette idée-là.

FP : Exactement, mais il y a un certain nombre d’objets dans lesquels cette innovation est importante, dans lesquels elle est, on va dire, substantielle par rapport à l’usage existant. Donc, un cas, par exemple, qui, probablement, va se développer dans les années à venir, c’est l’ampoule. Les ampoules vont se connecter à Internet ou aux smartphones. Alors est-ce que c’est à Internet, est-ce que c’est aux smartphones ? On verra. Philips y travaille. Au CES 2013, on a commencé à voir des ampoules connectées. Donc on va se débarrasser probablement du câblage entre les interrupteurs et les ampoules. Donc là, on voit la connexion de l’ampoule, la connexion à Internet de l’ampoule. Ce n’est pas un gadget, ce n’est pas qu’un gadget, c’est aussi une nouvelle manière de concevoir le câblage électrique dans les locaux. Donc on est sur des mouvements de fond où un certain nombre de business qui étaient des business non high-tech, qui étaient des business low-tech, vont être dévorés par l’industrie du numérique. Je dis souvent : le numérique va bouffer le monde, et on va petit à petit agrandir le champ d’activités des entreprises du numérique, probablement au détriment d’entreprises existantes dans ce secteur qui n’auraient pas su prendre le tournant.

LCT : Alors Netatmo, c’est la première étape. Vous travaillez déjà sur d’autres produits connectés ?

FP : Oui, tout à fait. Donc d’abord, on va rajouter d’autres capteurs sur ce produit-là, qui vont venir le compléter. Alors évidemment, ce sont des capteurs additionnels qui viendront se rajouter à ce système existant.

LCT : Quel genre de capteurs ?

FP : Typiquement, on va rajouter, pour les gens qui vivent à la campagne ou qui font du surf, un anémomètre, un pluviomètre, et donc des accessoires autour de cette station météo. Et puis, effectivement, le deuxième projet d’objet connecté, dont on reparlera l’an prochain, après le CES 2014.

LCT : C’est un peu secret encore…

FP : Exactement.

LCT : On sera toujours dans ce domaine de la météo, ou c’est tout autre chose ?

FP : On verra au CES 2014.

LCT : Bon, rendez-vous l’année prochaine alors !

FP : Merci.

# PORTRAIT_DE_GEEK

LCT : On va terminer par notre petit questionnaire de geek, Frédéric Potter. Est-ce que vous êtes plutôt iPhone, Android, Windows Phone ou Blackberry ?

FP : Alors j’ai un iPhone 4, et il faut absolument que je me mette à Android. Mais j’ai du mal.

LCT : Pourquoi ?

FP : Parce que les terminaux, aujourd’hui, sont plus beaux, les meilleurs terminaux, le meilleur hardware, aujourd’hui, ce sont les terminaux Android, le Galaxy S III ou le Nexus 4 qui sont les plus beaux terminaux qui existent. Par contre, le soft, il faut toujours un clic de plus avec Android qu’avec iPhone. Mais bon, il faut que je m’y mette.

LCT : Ah oui, pour vous, donc, c’est le switch entre iPhone et Android, au niveau technologie, qui est fait. Apple est dépassé ?

FP : Sur la qualité des terminaux, aujourd’hui, les plus beaux, sur le hard...

LCT : Il y a plus de fonctionnalités.

FP : Sur le hard, les plus beaux terminaux, aujourd’hui, sont les terminaux coréens. Sur le soft, aujourd’hui, sur Android, il y a toujours un clic de plus, quelle que soit l’action à entreprendre, il y a toujours un clic de plus. Donc, je dirais, il y en a un qui a le meilleur soft et l’autre qui a le meilleur hard.

LCT : J’ai envie de dire : on ne peut pas tout avoir.

FP : Voilà, exactement. Et ce qu’il faudrait, c’est porter iOS sur un Galaxy SIII.

LCT : Oui, ça, c’est le rêve de beaucoup d’entre nous !

FP : Ça serait super.

LCT : Peut-être, qui sait ? Peut-être que ça évoluera comme ça.

LCT : Vous êtes sur les réseaux sociaux ? Twitter, Facebook ?

FP : Je suis sur Facebook à titre personnel, parce que j’ai de la famille à l’étranger, des amis à l’étranger, et sur LinkedIn à titre professionnel.

LCT : Pas de Twitter ?

FP : Non.

LCT : Pourquoi ? Pas le temps, pas intéressé ? Parce que, en général, nos invités sont plutôt fans de Twitter, la plupart du temps.

FP : Netatmo est sur Twitter, mais à titre personnel, non, je ne suis pas sur Twitter.

LCT : Justement, est-ce que toutes ces données, on peut les partager sur les réseaux sociaux ? Ça a un sens ou est-ce que c’est simplement un gadget ?

FP : Oui, ça a un sens et je dirais...

LCT : Il fait 12°C chez moi.

FP : De ce point de vue-là, sur les objets connectés, je pense qu’on a introduit avec Netatmo une rupture, puisque, jusqu’à présent, les objets connectés, on pouvait partager les informations mais ce n’était pas toujours très pertinent. Je vais vous donner un exemple : le nombre de pas que vous avez fait dans la journée avec votre podomètre, bon, ça peut intéresser vos amis…

LCT : Oui, si on est plusieurs à essayer de se motiver...

FP : La vérité, c’est que ça n’intéresse pas grand monde. Partager l'environnement dans lequel on vit, partager les informations météo, c’est une information qui est utile aux autres puisque ça leur permet de planifier leurs activités et de comprendre le monde dans lequel ils vivent, et de le quantifier. Donc, de ce point de vue-là, effectivement, je pense que toutes les fonctions de partage qu’on a autour de ce produit-là ont un sens.

LCT : Eh bien merci, merci Frédéric Potter.

FP : Merci à vous.

LCT : Merci d’avoir été notre invité dans L’appart, et on se retrouve bien sûr dans deux semaines sur la chaîne Techno pour un nouvel entretien avec un décideur de l’innovation. A bientôt.

- Salut à tous.

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