L'appart épisode 16 : Céline Lazorthes, créatrice de Leetchi.com

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Le 31 / 08 / 14 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
L'appart épisode 16 : Céline Lazorthes, créatrice de Leetchi.com

Tous les 15 jours, L’appart reçoit un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo mené par Jérôme Colombain et François Sorel, de La Chaîne Techno en coproduction avec SFR.Entrepreneurs, chefs d'entreprise, créateurs de start-up… Ils nous font part de leurs succès, mais aussi des échecs qui leur ont permis d’avancer, et nous donnent leur point de vue sur les dernières tendances en matière d'innovation.

Pour ce 16ème épisode de L’appart, nous recevons Céline Lazorthes, créatrice de leetchi.com, Le service malin et sécurisé pour gérer toutes ses dépenses à plusieurs. Pour cette jeune entrepreneuse, également fondatrice de bankiwi.com qui permet aux ados de gérer leur argent de poche, la grande innovation de demain sera de revenir à des pratiques beaucoup plus humaines et sociales autour des services grâce aux nouvelles technologies. 

30 ans, diplômée de HEC, Céline Lazorthes est une jeune entrepreneuse pleine d’idées. En 2009, elle invente Leetchi.com, une cagnotte en ligne à plusieurs qui permet de faire des cadeaux. Forte du succès de Leetchi, Céline Lazorthes lance ensuite Bankiwi, une plateforme web d’argent de poche pour les ados. En 2010 elle a représenté la France à Toronto au G20 des jeunes entrepreneurs.

Transcript de la vidéo :

La Chaîne Techno (LCT) : Salut à tous, et bienvenue dans ce nouveau numéro de L'appart sur la chaîne techno. L'appart, c’est toutes les deux semaines un entretien privilégié avec un décideur de l’innovation. Et aujourd’hui, nous recevons une toute jeune chef d’entreprise, Céline Lazorthes, créatrice de Leetchi.

REPORTAGE :

30 ans, diplômée de HEC, Céline Lazorthes est une jeune entrepreneuse pleine d’idées. En 2009, elle invente Leetchi.com, une cagnotte en ligne à plusieurs qui permet de faire des cadeaux. Forte du succès de Leetchi, Céline Lazorthes lance ensuite Bankiwi, une plateforme web d’argent de poche pour les ados. En 2010 elle a représenté la France à Toronto au G20 des jeunes entrepreneurs.

LCT : Bonjour Céline Lazorthes !

Céline Lazorthes (CL) : Bonjour !

LCT : Et merci d’avoir accepté notre invitation, ici, dans l’appart. Alors Céline, vous êtes une jeune entrepreneur et vous êtes la fondatrice de Leetchi. Alors, Leetchi ça fait un peu resto chinois mais là ça n’a rien à voir du tout. 

CL : Non ni les fruits, ni les restos chinois.

LCT : D’accord !

CL : Leetchi, c’est le service qui permet de collecter de l’argent à plusieurs, donc par exemple pour un cadeau d’anniversaire. On créé une cagnotte, chacun va participer et ensuite on va pouvoir utiliser cette cagnotte sur une cinquantaine de sites de e-commerce partenaires, ou la récupérer en virement si c’est par exemple pour une soirée. Les usages sont hyper larges puisque ça peut être le cadeau d’anniversaire, de naissance, le pot de départ d’entreprise, les noces d’or, les weekends entre copains.

LCT : Les noces d’or… c’est combien d’années noces d’or ?

CL : Cinquante.

LCT : On y est pas encore, tous les deux. Mais en fait vous évoquez les noces d’or mais pas les listes de mariages, c’est autre chose ?

CL : Si, c’est aussi les listes de mariages.

LCT : C’est un peu le même concept en fait, on met tous au pot pour fêter un évènement particulier.

CL : Exactement !

LCT : Et comment avez-vous eu l’idée de ce site ?

CL : L’idée est née pendant mes études. Pendant ma dernière année, j’organisais le weekend d’intégration de ma promo et  je suis partie auprès de tous mes camarades, enveloppe à la main, fichier Excel…

LCT : A l’ancienne !

CL : Exactement… Collecter l’argent pour organiser le weekend. Et puis après maintes et maintes galères, quand on est partis à Rungis faire les courses on s’est rendus compte qu’on avait pas la moitié de la somme et il a fallu, bien sûr, avancer avec notre petite trésorerie d’étudiants donc c’était relativement pénible. Aussi,  Je me suis rendu compte pour le cadeau d’anniversaire de mon petit frère, que ma cousine ne m’avait jamais remboursée, que pour l’enterrement de vie de jeune fille d’une de mes meilleures copines tout le monde était dispatché en France ça avait été la galère absolue, donc je me suis dit "il y a forcément un site qui permet de collecter et gérer de l’argent pour un groupe de personnes", ça n’existait pas et donc…

LCT : C’est donc à partir d’une histoire vraie que vous avez créé votre site.

CL : Exactement, je suis très pragmatique donc il me fallait quelque chose de…

LCT : Et contrairement à d’autres aventures entrepreneuriales, ce n’est donc pas un copié/collé d’un site américain.

CL : Absolument pas.

LCT : Et aujourd’hui, Leetchi ça représente combien de clients contents, de cagnottes ?

CL : Trois ans plus tard, c’est 500 000 clients, et nous faisons à peu près entre 25 et 30% de croissance par mois. C’est un phénomène qui est très viral puisque je créé ma cagnotte, j’invite 15 personnes à participer qui eux même vont découvrir le service et recréer des cagnottes dans les semaines qui viennent. On est présents sur 200 pays avec un grand focus sur l’Europe, et avec un objectif d’être leader confirmé sur tous les marchés européens. Aujourd’hui, on l’est par la taille de la base mais avec des taux de pénétration différents en fonction des marchés.

#TIMELINE

LCT : Céline Lazorthes, votre Timeline dans l’appart : quelles sont les dates importantes durant ce court parcours d’entrepreneur ?

CL : Court, oui, on peut le dire !

LCT : Puisque vous êtes toute jeune.

CL : Merci ! Alors, les dates importantes, je dirais qu’il y en a 4. La première c’est 2006 donc j’avais… houla… Quel âge j’avais en 2006 ? 21 ans ? Oui, 22 ans.

LCT : Oui, j’allais 11 ou 12 !

CL : Ah vous êtes sympa !

LCT : il est très flatteur, vous avez remarqué ?

CL : Ah oui, vraiment sympa ! Et je fais mon stage de fin de master dans une société qui s’appelle Eyeka et je rencontre Gilles Babinet qui n’est absolument pas mon maitre de stage, puisqu’il est président de la société mais qui est une très belle rencontre. Donc je continue à travailler pour eux après mon stage et je suis embauchée. C’est vraiment une très belle rencontre, je crois que c’est ma rencontre avec l’entreprenariat, avec ce que ce peut avoir de passionnant et d’excitant que de se lancer dans une aventure et essayer de la développer et travailler sur plein de projets différents, marketings, financiers, commerciaux etc.

LCT : Donc là on est en 2006 ?

CL : Là on est en 2006. Du coup Gilles me met un peu le pied à l’étrier et je reprends mes études pour faire un Master spécialisé à HEC en 2007, tout en continuant à bosser pour Eyeka en parallèle. La deuxieme date c’est juin 2008, je suis diplômée de HEC, c’est en plein milieu de la crise…

LCT : Wow, donc 4 ans après encore bravo !

CL : Et du coup je me dis, quitte à pas gagner le salaire que j’avais promis à mes parents que je gagnerais en continuant mes études, autant se lancer dans l’aventure. C’est le moment où je me lance dans l’aventure. 2010, c’est la sortie de la beta. On a passé toute l’année 2009 en meta, et en 2010 est sortie la beta.

LCT : la beta de Leetchi.

CL : La beta de Leetchi. Là c’est vraiment phase d’accélération du service, et en 2012 levée de fonds de 4 millions d’euros.

#FAILS

LCT : Y a-t-il déjà des fails, c’est-à-dire des petits bugs sur cette route d’entrepreneur ?

CL : Il y aurait pu y avoir des erreurs, comme j’ai démarré toute seule. J'ai embauché pas mal de potes à moi. Tout le reste de mes amis m’ont dit « tu es complètement malade, il faut pas faire ça ». J’ai embauché une de mes plus vieilles amies, on se connait depuis la 6ème et ça fait 3 ans qu’elle est là. Un très vieux copain aussi, pareil on se connait depuis qu’on a 14 ans, qui est directeur général adjoint donc…

LCT : Et vous êtes toujours amis ?

CL : On est toujours très amis ! Et c’est aujourd’hui une relation qui est hyper forte, parce que de confiance.

LCT : Ça ne pose pas de problème, justement, parce que vous êtes la patronne ? Quand il faut donner des ordres ?

CL : Non, mais ils me connaissaient déjà très bien, c’est pour ça !

LCT : Vous leur donniez déjà des ordres avant, c’est ça ?

CL : Exactement !

LCT : Déjà dans la cour de récré !

CL : Ils sont venus en connaissance de cause, ils savaient que c’était mon projet, que j’avais vraiment une idée précise de là où je voulais aller. Après c’est une histoire humaine, on est 21 personnes. Jusqu’à présent, je touche du bois, personne n’a jamais démissionné. C’est une aventure qui s’est construite pas à pas avec chacun d’entre eux.

LCT : A l’affect visiblement.

CL : Un petit peu à l’affect oui. Un petit peu, forcément.

LCT : Pour revenir aux fails, Peut-être n’avez-vous pas eu de fails, mais peut-être des doutes. Est-ce qu’il y a des choses qui vous ont fait douter ces dernières années, sur votre business, sur Leetchi ?

CL : Tout est tout le temps remis en question. Le journaliste qui interview remet les choses en question, la rencontre avec un autre entrepreneur qui cartonne, l’investisseur qui trouve que 25% de croissance par mois c’est pas assez, qu’il vaudrait mieux 30… Tout est une remise en question, c’est à la fois sain et à la fois effrayant. Je m’accroche à des choses très pragmatiques, donc les chiffres me rassurent bien en règle générale, et de voir des gens utiliser le service. Je me balade régulièrement sur les cagnottes pour voir la façon dont les gens l’utilisent, pour quel objet, comment ils discutent entre eux sur le mur de la cagnotte, quel type de produit ils vont acheter et ça c’est toujours une source d’informations et de compréhension. Je crois que je ressens assez bien ce que les gens peuvent attendre, et c’est comme ça qu’on a toujours travaillé, en essayant de mettre en place des focus groupe, des enquêtes de satisfaction et d’améliorer le produit de manière constante avec des méthodes très agiles. On peut mettre en prod trois fois dans la semaine pour améliorer le service.

#INNOVATION

LCT : Qu’est-ce qu’on peut faire de mieux, quelles sont les pistes en terme d’innovation à la fois pour votre business et d’une manière générale le regard que vous portez sur l’innovation ?

CL : Dans le cadre de notre marché c’est une innovation de service. Ce n’est pas une innovation technologique ou fondamentale, bien qu’un tiers des équipes soient des équipes techniques et d’ingénieurs. Il y a beaucoup d’incertitudes dans le travail qu’on fait, dans la réflexion qu’on va mener. Il y a encore peu d’acteurs qui soient dans notre marché complètement mobiles, qui offrent une expérience 100% gratuite. Nous sommes toujours très à l’écoute de nos clients, ils nous ont suggéré évidemment l’application mobile mais aussi, pourquoi pas, vu qu’on a la cagnotte et les participants, une carte de vœux. Créer une carte de vœux avec les petits mots de chacun.

LCT : Une carte de vœux papier vous voulez dire ?

CL : Une carte de vœux qui peut être en ligne effectivement, et qu’on peut imprimer. On est en train de travailler dessus, avec des petits pliages. Donc retrouver quelque chose d’assez physique et d’humain, puisque finalement c’était un peu toute notre campagne de communication ces derniers mois. Une cagnotte, c’est d’abord une histoire. Une histoire de gens. On est toujours là dans des grands moments et on essaie de retrouver un peu de social et d’humain autour du service.

LCT : Mais mine de rien il y a l’innovation dans la cagnotte, on voit que d’un côté vous avez lancé Leetchi, et parallèlement il y a un autre service que vous avez lancé qui est en fait la cagnotte pour les ados, c’est ça ?

CL : Exactement. L’idée est encore une fois venue de façon… c’est vraiment la pérégrination. Je discutais avec le petit frère d’une copine qui a 12 ans, qui est maintenant un petit peu plus grand, mais qui avait 12 ans, et donc je lui explique ce que je fais…

LCT : En fait chaque fois que vous discutez avec quelqu’un, vous créez un entreprise ?

CL : C’est ça ! Je me dis « tiens, c’est une bonne idée ça ! ». Je ne suis pas du tout dans la théorie mais beaucoup plus dans le concret. Donc je lui explique ce que je fais, et il me dit « il me faudrait absolument ça pour acheter mes chansons sur ITunes, mes jeux sur Zinga, pour acheter mes cours sur Amazon etc. ».

LCT : Déjà c’est bien il achète sa musique, il ne la télécharge pas illégalement ! Ça c’est bien, bravo.

CL : Du coup, c’est exactement la même techno, c’est juste un marketing différent.

LCT : Avec une cible différente.

CL : Avec une cible différente et encore une fois, il y avait très peu d’initiatives. Il y avait des choses, comme par exemple un service qui s’appelle PiggyBank, c’est la tirelire en ligne. Nous c’était un peu l’idée d’avoir cette tirelire où les enfants peuvent épargner, où il y a des conseils pour l’épargne, où l’on voit évoluer son budget et où l’on peut disposer de ses sous. Les parents choisissent ensuite sur quel type de site on veut que les enfants dépensent leur tirelire.  Donc effectivement, c’est parti d’un segment de marché, un positionnement et on peut diversifier et trouver d’autres sources d’innovations.

#PORTAIT_DE_GEEK

LCT : Céline Lazorthes, est-ce que vous êtes geekette ?

CL : Alors je crois que malheureusement oui, puisqu’à peu près tous mes amis sont persuadés que je peux encore réparer leur Freebox, leurs ordinateurs… J’ai encore un peu cette réputation-là.

LCT : Et est-ce que vous les réparez vraiment ou pas ?

CL : Non, du tout, parce que je suis nulle pour ce genre de trucs ! Mais je suis complètement technophile, on va dire. Comme vous l’avez remarqué j’ai un iPhone 5, j’aime bien les produits techno et j’ai quand même un petit passif d’ingénieur, de loin, donc j’aime encore bien aller trifouiller… Par exemple il y a des choses qu’on adore au bureau, c’est tout ce qui est responsive design. Vous avez une page web et vous pouvez la réduire pour qu’elle s’adapte au format iPad et au format mobile. Ce sont des choses qui me passionnent un peu, que je trouve assez intéressantes.

LCT : Et côté réseaux sociaux, vous êtes plutôt Twitter, plutôt Facebook ?

CL : Je suis plutôt Instagram ! 

LCT : Plutôt Instagram, Ah oui…

CL : Oui oui, parce que j’aime bien la photo.

LCT : Donc la photo.

CL : Je trouve qu’il y a un côté assez chouette dans l’expérience, donc tous les matins ça va faire partie des trucs que je check. Je trouve que c’est assez poétique. Mais bon,  je suis complètement Facebook, je dois avoir 1500 amis… donc oui.

LCT : Tous ces amis ! 1500 ? Vous pouvez tous les saluer ?

CL : Oui tous ces amis. Exactement ! On l’a fait pour les 20 000 fans de Leetchi. On avait fait une vidéo où je remerciais les uns après les autres les fans. Alors bon, on avait coupé à la fin mais c’était rigolo.

LCT : Merci d’avoir accepté notre invitation Céline Lazorthes !

CL : Merci de votre invitation !

LCT : Et je vous rappelle que l’on se retrouve toutes les deux semaines sur la chaine techno, pour un nouveau numéro de l’appart. A très vite. Salut à tous.



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