L'appart épisode 15 : Anne-Laure Vincent, Directrice Générale de Maxi-Cours

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Le 30 / 08 / 14 | Posté par la rédaction de SFR
L'appart épisode 15 : Anne-Laure Vincent, Directrice Générale de Maxi-Cours

Tous les 15 jours, L’appart reçoit un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo mené par Jérôme Colombain et François Sorel, de La Chaîne Techno en coproduction avec SFR.Entrepreneurs, chefs d'entreprise, créateurs de start-up… Ils nous font part de leurs succès, mais aussi des échecs qui leur ont permis d’avancer, et nous donnent leur point de vue sur les dernières tendances en matière d'innovation.

Pour ce 15ème épisode de L’appart, nous recevons Anne-Laure Vincent, fondatrice de marmiton.org, qui fut également directrice de aufemnin.com avant de devenir directrice générale de maxicours.com. Pour cette executive woman qui s’inspire de son quotidien pour développer ses activités, la grande innovation de demain sera dans l’hyperpersonnalisation de l’éducation, c’est-à-dire cibler très précisément les besoins de chaque élève grâce aux outils digitaux.

Anne-Laure Vincent est une executive woman qui compte déjà plusieurs vies à son actif. En 1999, elle lance marmiton.org, qui deviendra le premier site français de recettes de cuisine. Le site est revendu en 2006 au portail aufeminin.com, dont Anne-Laure Vincent devient la directrice générale. Cette mère de quatre enfants s’intéresse cette fois au soutien scolaire, elle dirige maxicours.com.

Transcript de la Vidéo :

La Chaîne Techno (LCT) :
Eh bien bonjour à tous, et bienvenue dans ce nouveau numéro de L'appart sur la chaîne techno. L'appart, vous le savez, c’est toutes les deux semaines un entretien privilégié avec un décideur lié à l’innovation. 
Et aujourd’hui, nous recevons Anne-Laure Vincent, fondatrice du site de cuisine Marmiton, et directrice générale de Maxicours.

# REPORTAGE

Anne-Laure Vincent est une executive woman qui compte déjà plusieurs vies à son actif. En 1999, elle lance marmiton.org, qui deviendra le premier site français de recettes de cuisine. Le site est revendu en 2006 au portail aufeminin.com, dont Anne-Laure Vincent devient la directrice générale. Cette mère de quatre enfants s’intéresse cette fois au soutien scolaire, elle dirige maxicours.com.

LCT : Anne-Laure Vincent bonjour et merci d’avoir accepté notre invitation dans ce nouveau numéro de L'appart. Nouveau numéro de L'appart, et nouvel appart, Jérôme...Et vous êtes la première invitée de ce nouvel appart.

Anne-Laure Vincent (ALV) : J’inaugure.

LCT : Bienvenue. Mais le concept, lui, ne bouge pas, entretien toujours, un entretien privilégié avec un décideur de l’innovation. Et dans le domaine de l’Internet, on est très heureux de vous avoir aujourd’hui puisque vous avez un parcours incroyable. Fondatrice de Marmiton, vous êtes restée quelques années à la direction de aufeminin.com, et là, vous vous lancez dans une nouvelle aventure avec Maxicours. Parmi toutes ces vies d’entrepreneur, laquelle vous a le plus marquée, on va dire, pour l’instant ?

ALV : Pour l’instant, celle qui m’a en effet le plus marquée c’est Marmiton, puisque c’est, je dirais une aventure entrepreneuriale. J’ai été surprise en fait. Je n’étais pas destinée à être entrepreneur, et puis j’y suis allée, j’y suis allée en tant que femme, avec…

LCT : Et vous êtes cuisinière, rassurez-nous ? Ou pas du tout ?

ALV : En fait, j’étais surtout maman à l’époque de quatre enfants, de trois enfants, maintenant quatre, et j’avais du mal dans cet univers du Web à gérer ma vie personnelle, ma vie professionnelle, et puis la réalité concrète du soir quand on rentre tard, il faut leur donner à manger, ou alors il faut préparer des outils, ou apporter des outils pour que son mari s’y mette lui aussi.

LCT : Mais c’est une expérience personnelle Marmiton, ou on vous a dit : tiens, il y a un business à faire dans ce domaine des recettes de cuisine sur le Web ?

ALV : Un peu des deux. Quand on voit toute la difficulté qu’on peut avoir dans une vie… toutes les difficultés qu’on peut rencontrer dans une vie d’entrepreneur, moi je pense qu’il faut au fond de soi avoir une passion forte, ou quelque chose qui vous dévore et qui vous donne l’envie d’y aller, d’agir et de se battre. Donc pour moi, entrepreneuriat c’est un engagement, c’est un engagement personnel qui a ses sources dans quelque chose d’assez profond. Donc je suis sur un divan, mais on ne va peut-être pas faire de la psychanalyse…

LCT : Non, rassurez-vous.ALV : Mais je pense quand même qu’il y a un peu de ça. Et à côté de cette dynamique-là, il y avait une vraie logique de se dire : mais bon sang, je suis une femme, il y a eu tout le succès des recettes et des fiches de cuisine Elle. Ma belle-mère tirait le tiroir, elles tombaient, c’était le foutoir, donc on peut faire quelque chose. Et je travaillais dans le Web. Donc juste se dire : là il y a quelque chose, une génération qui change, des hommes qui s’y mettent, qui aiment ça, des célibataires qui en ont marre d’aller au resto le soir et qui ont envie de recevoir chez eux. Bref, il y avait plein de choses, un monde qui change, et se dire : mais est-ce qu’il ne faudrait pas revisiter ce concept qui est vieux comme le monde. Quand on a la chance de faire ses courses en supermarché, on voit souvent les hommes qui appellent leurs femmes en disant : écoute…

LCT : Non, ça c’est pas nous, Jérôme et moi on n'appelle jamais notre femme pour faire les courses.

ALV : Vous ne faites pas vos courses alors ?

LCT : Ah si on les fait !

ALV : Alors vous avez l’appli Marmiton !

LCT : Vous parlez de l’ancien temps, là…

# TIMELINE

LCT : Alors Marmiton, ensuite, on va un petit peu survoler votre carrière, Marmiton est racheté par aufeminin.com, la grosse entité aujourd’hui, c’est une vraie industrie, aufeminin.com. Vous avez été directrice générale de Auféminin pendant quelques années, c’est ça ? Qu’est-ce que vous gardez de cette période comme souvenirs ?

ALV : Alors, pour moi vraiment, ce qui est important, si je reprends ma casquette d’entrepreneuse, ce qui est important, à un moment donné, c’est de se dire : mon bébé Marmiton, ou notre bébé parce que finalement ce n’est pas une histoire personnelle, c’est une histoire d’équipe, et la réussite d’une entreprise c’est une équipe avant tout, il grossit, qu’est-ce qu’on fait ? Parce que gérer la croissance c’est un vrai sujet aussi. Donc qu’est-ce qu’on fait, et quels sont les chemins qui sont les plus réalistes finalement pour aller là où on a envie d’aller. Et la vie d’un entrepreneur c’est aussi des rencontres, donc c’est la rencontre avec Anne-Sophie Pastel entre autres, et cette envie de dire : Anne-Sophie, avec Auféminin, avait développé un concept autour des femmes, donc on était quand même assez proches en termes de vision, et donc, elle l’avait développé à l’international. Et c’est vrai que pour Marmiton, moi, c’était une envie très, très forte de développer le site à l’international, et de se dire : finalement, plutôt que de repartir à zéro, allions-nous. Et c’est comme ça que l’idée de la vente de Marmiton est née.

LCT : Donc une rencontre avant tout ?

ALV : Une rencontre, avant tout une rencontre, mais de toute manière, ce que j’aime aujourd’hui dans ma vie d’entrepreneur, ce sont ces rencontres finalement pas voulues, un peu improbables, et qui débouchent sur des projets.

# FAILS

LCT : Alors dans ce parcours, y a-t-il eu quelques ratés ? Quels sont vos fails ?

ALV : Au départ, quand le site a été créé, on était en plein dans le PNNS, où il fallait…

LCT : C’est quoi ça le PNNS ?ALV : Le plan nutrition santé : dix fruits et légumes par jour, ça vous dit quelque chose ?

LCT : Oui ! Ça nous hante tous les jours !ALV : Le nombre de calories à ne pas dépasser. Donc c’était juste se dire : mais je n’ai pas envie de ça. Là, il y a un vrai sujet.

LCT : C’est-à-dire que c’était malvenu de lancer un site de recettes de cuisine alors qu’on mettait, qu’on communiquait énormément sur l’équilibre alimentaire ?

ALV : Exactement.

LCT : Les deux ne sont pas incompatibles finalement, on peut faire des recettes équilibrées.

ALV : Aujourd’hui, on dit que ce n’est pas incompatible, mais à l’époque…

LCT : A l’époque, c’était synonyme de gros mangeurs, cholestérol et compagnie.

ALV : Exactement. Donc personne ne comprenait ce que j’allais faire avec mon Marmiton. C’est ce qui m’a été dit. Aujourd’hui, au niveau de l’éducation, pour moi c’est là encore un combat, c’est-à-dire se dire : mais en fait, et si on changeait dans la tête de nos enfants, et si on changeait la donne ? Si simplement on leur donnait envie d’apprendre en leur expliquant que c’est finalement une démarche de vie ?

LCT : L’éducation en ligne, les aides à l’étude etc., n’ont pas véritablement décollé sur le Web. Alors bien sûr, il y en a qui s’en servent, mais ce n’est pas quelque chose qui est rentré vraiment dans notre quotidien. Est-ce que ce n’est pas une fausse bonne idée finalement ? Voilà, est-ce que ce n’est pas finalement un fail aussi Maxicours ?

ALV : Alors si je suis là, c’est justement parce que je veux vérifier que ce n’est pas une fausse bonne idée. Le marché de l’éducation sur le numérique est un marché où il y a plein, plein de petits acteurs. Or la réalité sur le Web, c’est qu’il y en a en général un gros, un challenger, et puis après, il y en a moins. Et moi, là-dessus, je pense que Maxicours a l’étoffe de prendre cette place de référent aujourd’hui sur le marché.

LCT : Mais aujourd’hui, vous avez l’impression d’avoir touché votre cible ?

ALV : Non, c’est un travail qui est en cours. La première des choses qu’on a faite, c’est justement de le développer sur tablette et sur mobilité, de manière à créer un écosystème dans lequel nos abonnés, une fois qu’ils sont abonnés, peuvent rentrer sans coûts supplémentaires, mais en tout cas, on est accessibles partout, et on est multi supports.

LCT : Quelle est l’innovation que vous voyez arriver peut-être chez Maxicours justement ?

ALV : La grande innovation que je vois arriver dans l’univers de l’éducation, c’est vraiment l’hyper personnalisation, finalement la bonne connaissance de soi, ce qui chez nous s’appelle la cartographie des savoirs, qui représente à l’éducation ce qu’a représenté l’IRM ou le scanner à la médecine. C’est-à-dire qu’on n’est plus en train de dire : j’ai mal au ventre et je vais essayer de trouver des médicaments pour soigner ce problème de mal de ventre ; mais je fais un scanner, je sais où tu as mal, c’est un gastroentérologue que je dois aller voir, et lui, il va être hyper ciblé, et il va vous soigner là où vous avez mal plutôt que de vous donner des tonnes de médicaments.

LCT : Si on prend l’exemple de l’élève ?

ALV : Et nous c’est pareil, c’est-à-dire que côté élève, ce qu’on cherche et ce qu’on veut faire, c’est parce que l’élève est fatigué, parce qu’on gère aussi l’humain et la motivation, c’est de lui dire à un moment donné : quand tu as une difficulté, déjà tu vas savoir tout ce que tu sais à travers ce scan qu’on va faire, la cartographie des savoirs, mais là, tu as un problème, et ce problème-là, on va t’aider, et on va t’aider soit en ligne, mais il n’y a pas que le on-line, il n’y a pas que le digital. A un moment donné, si l’enfant, on s’aperçoit parce qu’il a besoin d’une présence humaine, on va lui proposer des cours particuliers ou autres. En fait, c’est cette remédiation précise qu’on va chercher à avoir. Et de fait, on va générer plus d’efficacité que ce qu’on a aujourd’hui dans le système éducatif actuel. Et donc plus de motivation, plus d’envie des jeunes d’être dans cette dynamique d’apprentissage.

LCT : Ça veut dire que le on-line ne peut pas tout faire ?

ALV : Ça veut dire que je ne suis pas une ultra. A un moment donné, il faut être pragmatique, et si ce dont l’enfant a besoin, c’est de l’humain, on serait fous furieux de ne lui proposer que du on-line. Ce qui compte, c’est le service qu’on apporte.

# PORTRAIT_DE_GEEK

LCT : Est-ce que vous êtes une geekette, Anne-Laure Vincent ?

ALV : Alors, je ne suis pas une geekette, non. Je peux vous sortir mon sac à main, et vous allez voir ce que j’ai dedans et me dire si je suis…

LCT : Alors qu’est-ce que vous avez dans le sac à main ? Ne montrez pas tout !

ALV : Mais je peux ! Déjà, j’ai un sac à main de femme, bien lourd.

LCT : Qu’est-ce qu’il y a dedans ? Une console de jeu…

ALV : Il y a mon iPhone, mon bébé…

LCT : Ah, donc vous êtes iPhone.

ALV : Oui, justement, l’innovation pour moi c’est cette notion d’ergonomie fluide. Je suis quand même assez Mac. Il y a mon ordi, et à côté de ça, j’ai mon cahier papier.

LCT : Dont vous ne vous êtes pas séparée. Il y a toujours le relais papier malgré tout.

ALV : Je suis un peu tout. J’aime bien, voilà…

LCT : Et les réseaux sociaux, Facebook, Twitter ?

ALV : Je regarde évidemment, parce que ça, c’est mon côté professionnel, donc très observatrice des usages, ça m’intéresse vraiment. En revanche, à titre personnel, j’aime bien, sur le côté professionnel, avoir LinkedIn ; sur le côté personnel, en effet, Facebook, mais je n’aime pas ce mélange de genres.

LCT : Pas Twitter ? Vous n’avez pas prononcé le mot Twitter.

ALV : Si, Twitter, je suis beaucoup, je trouve que c’est un fabuleux outil, mais moi, je ne suis pas à l’aise aujourd’hui pour y aller.

LCT : Donc vous ne twittez pas ?

ALV : Je ne twitte pas encore.

LCT : Nous twitterons en tout cas le compte Twitter de notre invitée. Merci beaucoup d’avoir été avec nous pour ce numéro de L'appart.

ALV : A bientôt, bonne journée.

LCT : Et bien sûr, on se retrouve dans deux semaines avec encore un invité lié à l’innovation. A bientôt. Salut à tous !

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