L'appart épisode 13 : Charles Christory, créateur de "Paf le chien"

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Le 28 / 08 / 14 | Posté par la rédaction de SFR
L'appart épisode 13 : Charles Christory, créateur de "Paf le chien"

Tous les 15 jours, L’appart reçoit un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo mené par Jérôme Colombain et François Sorel, de La Chaîne Techno en coproduction avec SFR.
Entrepreneurs, chefs d'entreprise, créateurs de start-up… Ils nous font part de leurs succès, mais aussi des échecs qui leur ont permis d’avancer, et nous donnent leur point de vue sur les dernières tendances en matière d'innovation.

Pour ce 13ème épisode de L’appart, nous recevons Charles Christory, fondateur de la start-up Adictiz spécialisée dans le social gaming. Pour lui, la prochaine révolution du jeu sera dans l’ultra connection !

Charles Christory est un jeune entrepreneur de 26 ans. Il a fondé et dirige depuis 2009 la société Adictiz basée à Lille. Adcitiz, c’est le jeu « Paf le Chien ». 15 millions de joueurs en France, sur mobiles et sur Facebook. Un véritable phénomène y compris dans de nombreux autres pays. Adictiz vient de réaliser une levée de fonds de 2 millions d’euros. Grâce à plusieurs titres à succès et un partenariat renforcé avec Facebook, cette jeune entreprise française est aujourd’hui experte du social gaming sur le Web et les mobiles.

Transcript de la vidéo :

La Chaîne Techno (LCT) : Bonjour à tous et bienvenue dans L'appart. L'appart, vous le savez, c’est une semaine sur deux un rendez-vous avec un décideur de l’innovation.

LCT : Et cette semaine, nous recevons Charles Christory, c’est le fondateur d’Adictiz, on parle avec lui de jeux sur mobile.

# REPORTAGE

Charles Christory est un jeune entrepreneur de 26 ans. Il a fondé et dirige depuis 2009 la société Adictiz, basée à Lille. Adictiz, c’est le jeu Paf le chien, 15 millions de joueurs en France, sur mobile et sur Facebook. Un véritable phénomène, y compris dans de nombreux autres pays. Adictiz vient de réaliser une levée de fonds de 2 millions d’euros grâce à plusieurs titres à succès et un partenariat renforcé avec Facebook. Cette jeune entreprise française est aujourd’hui experte du social gaming sur le Web et les mobiles.

LCT : Bonjour Charles Christory.

Charles Christory (CC) : Bonjour.

LCT : Bonjour et merci d’avoir accepté notre invitation dans L'appart. Alors vous êtes un jeune entrepreneur qui est à la tête d’une société qui cartonne en ce moment, qui est spécialisée dans le jeu vidéo à la fois social mais aussi sur mobile, qui est Adictiz. Est-ce que vous pouvez nous présenter Adictiz ?

CC : Alors Adictiz, c’est une société que j’ai créée il y a maintenant trois ans, on est spécialisés dans la création et l’édition de jeux sociaux donc effectivement, sur mobile et sur Facebook, d’où on a commencé, en 2009. On édite des jeux comme Paf le chien, Il est con ce pigeon, Animal story, qui ont rassemblé plus de 30 millions de joueurs depuis trois ans.

LCT : Rappelons, en fait, le but du jeu de Paf le chien qui est très compliqué.

CC : C’est hyper compliqué, d’ailleurs c’est vraiment dans notre ADN de faire des jeux très compliqués. Non, vraiment le but c’est d’envoyer Paf le plus loin possible, de battre ses amis, d’où le côté un peu social forcément...

LCT : Là, j’ai fait 514 mètres, c’est bien ?

CC : C’est bien, pour vous, c’est bien.

LCT : Ça veut dire quoi ça ? Pour toi, c’est bien.

CC : Pour un début.

CC : Vos enfants feront peut-être mieux.

LCT : C’est combien le record ?

CC : Il y a des utilisateurs qui font, je n’ose pas le dire, qui font des millions de mètres. Après le but, c’est un vrai boulot, il y a des gens travaillent pour nous, qui essaient de faire les meilleurs mètres possibles… non, je plaisante.

LCT : Bref, c’est un succès.

CC : C’est un succès, 15 millions de joueurs en France.

LCT : Adictiz, addictif, c’est ça ?

CC : Il y a un peu cette notion-là. C'est vrai que dans la recherche du nom il y avait, dans le bon sens du terme parce qu’on est vraiment dans le côté fun, engageant, un peu challenging, où vous allez essayer de battre votre ami, c’est vraiment votre question, donc voilà, c’est ce côté-là qu’on essaie de mettre en avant.

LCT : C’est ce qu’on appelle aussi le casual gaming.

CC : Exactement, la simplicité, c’est une des valeurs, on rigolait tout à l’heure sur la complexité, mais la simplicité est une des valeurs de création de jeux. Il faut que mon petit cousin de trois ans, comme ma grand-mère, puisse y jouer, donc c’est essentiel pour nous.

LCT : Côté business, est-ce ce n’est pas un marché déjà très embouteillé ?

CC : C’est vrai que quand on regarde les actus, on voit Zynga, on voit Rovio, etc. Il y a de la concurrence, c’est sûr, parce qu’il y a plein d’acteurs, il y a plein de jeux qui sortent tous les jours, néanmoins je pense qu’il y a, on le voit avec Zynga, on en parlait tout à l’heure, il y a une notion créative. Quelle est la secret sauce de créer un vrai jeu qui va avoir du succès ?

LCT : Donc Zynga, on rappelle en deux mots, c’est FarmVille sur Facebook.

CC : Tout à fait. Et voilà, aujourd’hui, ils ont acheté plein de boîtes, donc il y a une notion : quels seront leurs prochaines jeux ? Quel sera leur prochain succès ? Et nous, on veut vraiment que chaque lancement, chaque prochain jeu qu’on lance, soit un succès. Donc on met vraiment tout le travail créatif, d’histoire, de personnages, de game play dans ça. Et c’est essentiel dans ce côté-là. Après, évidemment, dans le côté compétition, un joueur va jouer à quatre, cinq jeux. Voilà on n’est pas non plus en train d’acheter un iPad ou acheter une tablette Samsung, donc c’est un peu différent aussi.

# TIMELINE

LCT : Alors vous êtes un tout jeune entrepreneur, vous avez 26 ans, Adictiz a été créée en 2009, donc vous aviez 23 ans à l’époque. Cette fibre entreprenariale, vous l’avez depuis quand ? Quel est un petit peu votre parcours et à quel moment vous vous êtes dit : tiens, ça y est je vais créer ma boîte et je vais me lancer dans le numérique ?

CC : Alors moi, j’ai toujours su que j’allais créer ma société, c’était quelque chose que j’avais au fond de moi. Ma conviction était : je ne vois pas pourquoi je travaillerais pour quelqu’un d’autre. J’ai eu vraiment envie de le faire. Alors mon parcours, j’étais effectivement étudiant avant d’une école qui s’appelle l’Iteem, qui est créée par Centrale Lille et l’école Skema à Lille, donc ingénierie management et entreprenariale.

LCT : Adictiz est toujours basée à Lille.

CC : Toujours basée à Lille.

LCT : Vous allez régulièrement à Paris, mais vous êtes basés à Lille.

CC : Tout à fait, le gros de l’équipe, on est une quarantaine aujourd’hui, et le gros est basé à Lille, à Euratechnologies.

LCT : Mais vous n’avez pas de formation initiale en matière de jeux vidéo, parce qu’il y a des écoles.

CC : Non, je ne suis pas du tout un hardcore gamer comme on pourrait le... Je pense que je suis une personne qui aime jouer, qui aime me divertir, je fais beaucoup de sport et ça fait partie du jeu finalement. Ce côté : je vais prendre un jeu, je vais m’éclater, je vais faire un score, je joue à Angry Birds, je joue à d’autres jeux, je joue forcément à Paf le chien, je suis en plus un consommateur un peu casual. Après, évidemment, dans l’équipe au sein d’Adictiz, on a des passionnés de jeux vidéo, on a des vrais game designers, on a des graphistes qui ont baigné dedans, donc on a ce côté création, spécialisation dans ce jeu vidéo, qui est essentielle aussi aujourd’hui.

LCT : Donc création en 2009, et puis un succès quand même assez rapide. Aujourd’hui, vous êtes même à l’international.

CC : On est présents dans trois régions dans le monde : on est présents en Europe, principalement sur la France, Belgique, Luxembourg, Allemagne, Espagne, Italie, on est en train d’essayer de percer au UK ; au Moyen-Orient, on a signé pas mal de partenariats avec différentes sociétés locales comme Saudi Telecom, où certaines versions Paf le chien sont localisées sur place, donc ce n’est pas Paf le chameau mais presque ; et puis derrière, on a une grosse présence en Amérique du Sud via « Il est con ce pigeon », donc la marque là-bas, sur place, c’est Maldita paloma.

LCT : Le titre plaît ?

CC : Le titre plaît, je ne suis pas du tout hispanophone, mais en tout cas, il y a un sens, le jeu plaît beaucoup dans la simplicité encore une fois, dans le personnage, on est vraiment sur le pigeon, on essaie vraiment de le thématiser dans ce côté un peu bête et méchant, on est donc vraiment très actifs là-dessus sur les réseaux sociaux.

LCT : Paf le chien a commencé sur Facebook, en fait, bien avant d’être sur les mobiles.

CC : On a été une des premières sociétés françaises en 2009 à se connecter à Facebook. Et puis Paf est sorti en septembre 2009, et puis en un mois de temps il y a eu 7 millions de joueurs dessus, donc c’est là où la société a vraiment décollée.

# FAILS

LCT : Quels sont vos fails ? Y a-t-il déjà dans cette courte de vie d’entrepreneur quelques échecs ?

CC : Les échecs, il y en a tous les jours, toutes les semaines. Ce qu’on essaie d’avoir, c’est plus de succès que d’échecs, en tout cas, c’est ça qui fait la réussite je pense. Mais il y en a eu un, c’était un peu dur, et ça je m’en suis rendu compte un peu finalement quand je vous parlais d’Adictiz.com lorsqu’on le lançait. Donc en avril 2009, on lance, et deux mois après, on avait bossé presque un an sur le papier et puis après, dans la réalisation sur le projet, et on se rend compte que ce n’est pas sur ça que la boîte va démarrer. C’est un peu dur parce qu’on dit...

LCT : Vous faisiez autre chose au début.

CC : Adictiz.com, on lance le 15 avril 2009, c’est un réseau social de marques et puis il y a des mini jeux sur les marques, le but c’était de gagner des points pour l’utilisateur, pour les marques d’avoir une certaine notion de leur taux de notoriété, donc rien à voir. C’était un portail, c’était l’idée de départ. Deux mois après, je me rends compte qu’on s’est plantés. Et ça faisait un an qu’on bossait dessus, et ce n’est pas facile.

LCT : Et là, comment on fait, machines arrière toute ?

CC : Là, il y avait deux solutions : la première, se dire : tant pis, on essaie d’itérer, de travailler le produit, on va continuer, mais bon, la proportion à se planter est extrêmement forte car on n’a pas su avoir cette capacité à attirer au départ. Et puis voilà, on n’avait pas des finances à se dire qu’on pouvait avoir un projet pendant dix ans. Et il y avait l’autre de se dire : c’est pas grave, on s’est plantés, eh ben ? Et là, on a pris à 90° le virage. Effectivement, on a été une des premières sociétés à se connecter à Facebook. Moi je croyais beaucoup à ça. Je voyais depuis janvier 2009 de plus en plus de la part des US, des premières applications qui apparaissaient et je me disais : il y a un truc à faire là-dessus. Twitter, pareil, il y a un truc. Alors Twitter, applications, il n’y en avait pas beaucoup, ce n’était pas encore ouvert.

LCT : Et puis c’étaient les balbutiements de Twitter en 2009.

CC : Exactement, c’étaient aussi les balbutiements. Facebook était très utilisé d’un point de vue utilisateur, c’était plus...

LCT : Les applis n’existaient pas encore véritablement.

CC : Elles existaient un peu aux US depuis 2008 mais en Europe, il y avait niet, il n’y avait rien. Et là, je dis : il faut qu’on y aille. Sur ce petit principe, qui était : l’utilisateur, ça coûte cher d’aller le chercher, il faut des budgets incroyables. Si on n’a pas cette proportion virale ou de bouche-à-oreille, ça ne fonctionne pas, et donc ça demande beaucoup d’argent. Donc il faut qu’on gagne de l’argent derrière pour pouvoir investir. Eh bien, on va aller là où il se trouve. Et il se trouvait sur Facebook à l’époque, et il se trouve toujours sur Facebook aujourd’hui. Ce n’est pas grave, ce n’est pas un problème d’avoir un échec. Le but, c’est de se dire : bon, quand on fait deux fois le même, là, il y a un souci mais ce n’est pas grave, on réagit derrière.

LCT : Si ça permet de s’améliorer derrière.

CC : Exactement. Et c’est ce que je dis au quotidien aux équipes.

# INNOVATION

LCT : A votre avis, quelles sont les innovations dans ce domaine du jeu social, du jeu sur mobile, les innovations qui vont arriver dans les années qui viennent ? Comment va évoluer tout ce marché, à votre avis ?

CC : Je pense surtout à la notion de « connecté. » On parle forcément de télé connectée, etc, mais peu importe le support, c’est ce côté, en tout cas sur le jeu, peu importe où je suis, mon expérience me « poursuivra », je pourrais défier mes amis, je pourrais continuer mon expérience de jeu, peu importe où je me trouve, dans le métro, chez moi, devant la télé, dans mon canapé.

LCT : Je retrouve mon profil, je retrouve mes points.

CC : Je crois vraiment à ça parce que voilà, les utilisateurs n’ont pas envie de se poser la question de se dire : il faut vraiment que je sois là parce que sinon je ne vais pas pouvoir... Ça devient trop compliqué. Donc je pense que ça, c’est la vraie révolution derrière tous les usages, les mini iPad, ce qui sort, c’est ça la révolution. C’est le fait qu’on soit ultra connecté, que ce soit dans le jeu, dans le e-commerce, dans tous les domaines. Après, moi, je crois beaucoup à la simplicité donc ce n’est pas forcément en mettant un budget de 15 millions dans la création d’un jeu qu’on va faire forcément un x3 ou x4, ça n’a rien à voir. Je crois beaucoup en cette simplicité et cette belle exécution, c’est-à-dire un beau produit, bien fini, bien envoyé, avec les bonnes communautés, bien réalisé. Et ça, je crois vraiment à ça.

# PORTRAIT_DE_GEEK

LCT : Alors quel genre de geek êtes-vous ? Plutôt iPhone, iPad ? Android ? Windows Phone ?

CC : Alors, c’est marrant, il y a deux ans, j’étais là à dire : Apple, c’est bien, c’est un bon modèle mais je suis beaucoup plus ouvert etc., mais ils ont quand même créé un super écosystème donc nos applications tournent là-dessus, je suis passé un peu plus iPhone mais dans mon sac, j’ai un Android, j’ai un iPhone. Il faut bien tester nos jeux, on est présents sur les deux plateformes. Derrière notre bureau, on a des tonnes et des tonnes de téléphones.

LCT : Et Windows Phone ?

CC : Alors Windows Phone, le jeu va arriver sur Windows Phone. En tout cas, moi, j’espère qu’il y aura un nouvel acteur parce que plus il y en aura, mieux ce sera pour nous parce que ça ouvrira les portes, etc. Je pense que ce n’est pas du tout négatif le fait qu’il y en ait un troisième pour nous. Après, voilà, nous, on est présents sur ce qui fonctionne et voilà.

LCT : Mais vous, perso, plutôt iPhone ?

CC : Alors je suis iPhone, je suis Android, aujourd’hui, j’ai un iPhone, j’ai un iPad, voilà, tout est bien lié. Après, c’est vrai que je suis passé sur Mac récemment donc voilà, ça a été un gros changement.

LCT : Un coming out !

CC : Voilà un coming out comme on dit, dans le monde du geek.

LCT : J’espère que ça s’est bien passé, mais ça va, vous avez l’air d’être en forme.

CC : Ça va, tout va bien, je respire encore. Non, mais après, peut-être que demain je reprendrai sur autre chose mais en tout cas, je suis plus dans le mode : je vais acheter et tester ce qui fonctionne. J’adore ça.

LCT : Est-ce que vous, perso, là, on ne parle pas d’Adictiz, mais vous dans votre vie perso, vous êtes présent sur Facebook, sur Twitter ? Vous vous servez de ces outils pour communiquer ?

CC : Facebook beaucoup plus que Twitter. Je suis jeune et je pense que je suis arrivé par là.

LCT : Paf le chien n’est pas sur Twitter d’ailleurs. On ne peut pas envoyer ses scores sur Twitter comme on le fait sur Facebook.

CC : On est très connecté social, donc du coup, il y a une notion un peu différente d’amis, et le challenge est beaucoup plus fort. Alors on réfléchit, pourquoi pas, à intégrer. Après, ça complexifie le parcours. On a fait des stats sur les utilisateurs, et la plupart sont sur Facebook, donc pour l’instant, on se concentre avec la plateforme Facebook.

LCT : En fait, votre public de Paf le chien est plus sur Facebook que sur Twitter.

CC : Tout à fait, exactement. Donc voilà, je suis très Facebook, bien entendu je suis aussi Twitter, en proportion je le suis, et ce qu’a fait Facebook récemment, on peut suivre quelqu’un, s’abonner à des flux de quelqu’un, donc je communique aussi beaucoup par là.

LCT : Merci beaucoup.

CC : Merci à vous.

LCT :  Merci Charles Christory d’avoir accepté notre invitation.

CC : Avec grand plaisir.

LCT : Et à bientôt.

CC : A très bientôt.

LCT : On se retrouve bien sûr dans deux semaines évidemment sur la chaîne Techno pour un nouveau numéro de L'appart. Portez-vous bien. Salut à tous.

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