L'appart épisode 9 : Yann Thébaud

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Le 24 / 08 / 14 | Posté par la rédaction de SFR
L'appart épisode 9 : Yann Thébaud

A L’appart SFR, nous recevons tous les 15 jours un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo mené par Jérôme Colombain et François Sorel, de La Chaîne Techno.
Nous faisons le point avec eux sur leur actualité, leur parcours, succès et échecs, sans oublier le traditionnel « portrait de geek ».

9ème épisode de L’appart, avec Yann Thébault, directeur général de Spotify France

Après avoir été directeur de pôle commercial chez NRJ, puis co-fondateur d’Horyzon Media, Yann Thébault a ensuite rejoint Spotify France en 2009, en tant que directeur commercial. Aujourd’hui directeur général de Spotify France, il est chargé de mettre en place la stratégie marketing et d’assurer le développement de la marque dans l’Hexagone.
Créé en Suède en 2006, Spotify est le n°1 mondial de la musique en streaming. A côté du géant iTunes et du français Deezer, Spotify contribue à la démocratisation et à l’adoption de la musique numérique légale.


La Chaîne Techno (LCT) : Bonjour à tous, et bienvenue dans ce nouveau numéro de L’Appart. L’Appart, c’est toute les deux semaines un entretien avec un décideur de l’innovation.
Et aujourd’hui, nous parlons de musique, dans L'appart, nous recevons le directeur général de Spotify France.

REPORTAGE
Yann Thébault est directeur général de Spotify France. Ancien directeur commercial de l’entreprise, il est chargé de mettre en place la stratégie marketing et d’assurer le développement de la marque dans l’Hexagone. Créé en Suède en 2006, Spotify est le n°1 mondial de la musique en streaming. La plateforme compte 15 millions d’inscrits, dont 4 millions d’abonnés payants. A côté du géant iTunes et du français Deezer, Spotify contribue à la démocratisation et à l’adoption de la musique numérique légale.
LCT : Bonjour Yann Thébault.
Yann Thébault (YT) : Bonjour.
LCT : Et merci d’avoir accepté notre invitation, ici dans L'appart. Alors, la véritable concurrence de Spotify, c’est le piratage ?
YT :  Absolument.
LCT : Effectivement, vous êtes en face d’un modèle économique qui est terrifiant, c’est la disposition de la musique pour tout le monde gratuitement. Est-ce que vous pensez que vous pouvez inverser la vapeur ? Parce que c’est vrai qu’on va parler des jeunes qui aujourd’hui téléchargent de la musique, pas forcément de manière légale. Est-ce que vous arrivez à les pousser à payer pour avoir le même service, en fait ?
LCT : En plus, il n’y a même pas que les jeunes, c’est terrible.
YT : Alors, avant de les pousser à payer, on essaie de les pousser à utiliser le service gratuit, parce que c’est vrai que ça s’adresse avant tout à une cible jeune en priorité. C’est pour eux vraiment la possibilité de pouvoir accéder à toute la musique qu’ils souhaitent découvrir légalement et gratuitement. Donc le payant, c’est quelque chose qui se fait dans un second temps.
LCT : C’est quoi la différence entre les deux, entre la version gratuite et la version payante ?
YT : La version gratuite donne accès à la totalité du catalogue, c’est-à-dire plus de 18 millions de titres aujourd’hui mais avec des limitations, notamment le fait de ne pas pouvoir écouter sa musique sur son téléphone portable ou sur son ordinateur en mode hors connexion, ce que donne la version Premium, et une limitation dans le temps puisqu’au bout de six mois, le compte gratuit devient limité. Donc on a six mois d’écoute illimitée, et au bout de six mois, on passe sur une limitation à dix heures d’écoute par mois.


# TIMELINE
YT : La société a été créée en 2005, et c’est vrai que le service était lancé en Suède et en Angleterre en 2008, exactement. On a ensuite développé le service dans d’autres pays comme la France et l’Espagne tout début 2009.
LCT : Et puis il y a aussi la petite start up suédoise qui est partie à la conquête des Etats-Unis ? Ça quand même, c’est…
YT : Tout à fait, c’était en juillet de l’année dernière, c’était vraiment quelque chose d’important pour nous, ça avait toujours été un objectif. Ça a pris du temps, ça n’a pas été simple mais on a réussi à pouvoir se lancer sur ce fabuleux marché, avec un énorme potentiel évidemment. Et c’est vrai que pour nous, c’était une forme d’aboutissement puisque, parti de Suède, on ne pensait pas pouvoir arriver si vite à lancer le service aux Etats-Unis, et aujourd’hui, ça contribue effectivement aussi à notre renommée.
LCT : Et puis le partenariat avec Facebook ?
YT : Aussi, effectivement.
LCT : Qui est une étape quand même importante !
YT : Ça aussi, absolument. C’est important de le souligner.
LCT : Il paraît que Mark Zuckerberg adore Spotify.
YT : Oui, c’est ce qu’il a dit.
YT :  Il paraît qu’il est fan. C’est vrai que lors du lancement du service, il était plutôt super emballé.
LCT : Mais rassurez-nous, il est abonné payant ? Il est abonné… ?
YT : Il est abonné payant, absolument.
LCT : Il peut se le permettre, je crois.
LCT : Ce qui était un peu surprenant au début du partenariat, parce que subitement, tous les utilisateurs de Spotify se sont retrouvés mis à nu, leurs goûts musicaux ont été partagés.
LCT : Tu t’en souviens d’ailleurs.
LCT : Ah oui.
LCT : J’ai appris que Jérôme Colombain était fan de David Guetta.
LCT : C’était un peu bizarre.
LCT : Ça a été un choc quand même au départ.
YT : C’était assez drôle d’ailleurs pour nous parce qu’on a eu pas mal de remontées d’utilisateurs qui ne souhaitaient pas forcément…
LCT : Partager leurs goûts sur Facebook, leurs goûts musicaux ?
YT :  Voilà, divulguer leurs goûts musicaux. C’est pour ça qu’on a développé un bouton qui permet d’être en écoute privée, de manière à ce que tout le monde puisse partager ou pas ce qu’il écoute.
LCT : Ça vous a surpris cette réaction un petit peu hostile, en fait ?
YT : Oui et non. C’est vrai qu’on n’avait pas anticipé autant, et puis en y réfléchissant, c’est vrai que ça peut rester du domaine de la sphère privée, ce qu’on écoute. Donc on respecte également ce choix. Nous, on était vraiment parti sur un état d’esprit d’ouverture maximum, c’est pour ça qu’on n’avait pas suffisamment peut-être anticipé ces réactions.


# FAILS
LCT
: On voit que certains artistes refusent Spotify. La dernière fois, je cherchais Jean-Jacques Goldman, il n’est pas présent sur Spotify. Francis Cabrel n’est pas présent sur Spotify. Supertramp n’est pas présent sur Spotify. Pas Supertramp, pardon, les Eagles ! Malgré tout, il manque quand même des stars comme ça. Vous n’arrivez pas à les convaincre de venir sur votre service ?
LCT : Par contre, il y a David Guetta, je te signale.
LCT : Ça, on l’a bien remarqué, effectivement.
YT : Il y a encore quelques absents, effectivement.
LCT : En plus, des absents de taille quand même !
YT : C’est certain. Maintenant, on a la plupart des artistes internationaux et français importants, on va dire, mais avec encore quelques trous. Nos équipes travaillent pour essayer de trouver des moyens.
LCT : Ce sont les artistes qui ne veulent pas dire ? Je prends l’exemple de Goldman : c’est lui qui ne veut pas venir ou est-ce que c’est la maison de disques qui refuse ?
YT : C’est parfois l’un, parfois l’autre. C’est assez compliqué parce que c’est vraiment que du cas par cas. Aujourd’hui, on a des demandes aussi d’artistes qui ne souhaitent être que dans la partie Premium, donc payante, et pas dans la partie gratuite. C’est quelque chose que nous ne souhaitons pas parce que l’idée de Spotify, c’est vraiment l'accessibilité au plus grand nombre, à tous, et l’équité. Donc pourquoi proposer des titres ou des artistes uniquement dans l’un ou dans l’autre ? Et ça, on veut vraiment éviter.
LCT : Quitte à refuser donc, par exemple, de distribuer des albums ? On sait que l’année dernière il y avait eu des problèmes avec Coldplay par exemple, mais aussi avec Adele, qui n’étaient pas présents sur votre service.
YT : Tout à fait.
LCT : On sent quand même que tout le monde n’adhère pas à ce service de musique en streaming. Il y a des artistes qui refusent parce qu’ils estiment qu’ils gagnent plus d’argent en achetant une chanson sur iTunes où ils vont être rémunérés au téléchargement.
YT : Tout à fait. Il y a encore des gens qui se posent des questions. Maintenant, on verra dans le temps comment ça va évoluer. On fait tout pour leur démontrer le contraire, et je pense que l’avenir nous donnera raison.


# INNOVATIONS
LCT
: Alors, les innovations pour Spotify : que va-t-il se passer dans les prochains mois ? On dit que vous pourriez lancer une version Web ? Parce qu’aujourd’hui, Spotify, c’est d’abord un logiciel qu’il faut télécharger, et on ne peut pas simplement vous écouter en cliquant sur une page.
LCT : Un peu comme Deezer, d’ailleurs, justement, qui offre son service sur une page Web simple.
YT : Alors, c’est vrai qu’il y a des rumeurs qui courent. Malheureusement, je ne peux pas les commenter. Aujourd’hui, il faut absolument télécharger ce logiciel dont vous parliez. Pour l’instant, il y a des évolutions en cours, mais je ne peux pas les commenter.
LCT : On parle aussi d’un service de vidéos à la demande qui pourrait arriver chez Spotify. Là aussi j’imagine que le culte du secret chez Spotify fait que vous ne pouvez pas répondre ?
YT : Là-dessus non plus je ne peux pas répondre. Notre créneau, c’est vraiment l’audio. On aimerait déjà pouvoir apporter le meilleur service possible sur l’audio, et c’est un peu prématuré de parler de vidéo
LCT : Des applications complémentaires à l’intérieur du logiciel Spotify, c’est aussi au programme ?
YT : Oui, ça c’est en plein développement. Aujourd’hui, on a  plus d’une quarantaine d’applications disponibles. C’est vrai que ça fait partie de la volonté de pouvoir proposer le meilleur écosystème possible.
LCT : Elles servent à quoi, ces applications ?
YT : A enrichir l’expérience d’utilisateur. Avec des applications comme Tunes Wiki qui permet d’avoir les paroles de chanson qui défilent en temps réel, un peu comme un karaoké. On a d’autres applications qui permettent des rencontres, donc qui font matcher les profils musicaux avec d’autres critères comme l’âge, la région et autres. On a des applications dédiées à la musique classique…
LCT : Ah oui, donc par affinités musicales, on peut se rencontrer en fait ? C’est ça ?
YT : Tout à fait. Absolument. Ça, c’est possible. Donc toute une série d’applications très ludiques pour générer de nouvelles playlists, pour générer des playlists par rapport aux goûts musicaux ou à l’humeur de la journée… Bref, beaucoup d’applications qui permettent, encore une fois, d’apporter du contenu supplémentaire aux utilisateurs.


# PORTRAIT DE GEEK
LCT
: Yann Thébault, quel geek êtes-vous ? Plutôt iPhone, Android, Windows Phone, BlackBerry ?
LCT : Quel est le smartphone que vous avez dans votre poche ?
YT : Plutôt iPhone. J’aimerais bien essayer Android, mais quand on prend ses habitudes, c’est toujours difficile de changer, et pour l’instant, je suis iPhone.
LCT : Et vous êtes un utilisateur basique ou un utilisateur geek ? Vous aimez aller télécharger les dernières applis ?
YT : J’aime bien me tenir au courant de ce qui se fait, évidemment, et j’aime bien tester les nouvelles applis, oui.
LCT : Plutôt Facebook ou plutôt Twitter ? On voit qu’il y a deux camps. Nos invités sont toujours assez partagés.
YT : Oui, c’est vrai que ce n’est pas le même usage. J’ai plutôt tendance à utiliser de plus en plus Twitter. C’est vrai que Facebook, voilà, on a une dimension moins pro, j’ai envie de dire, que sur Twitter, qui permet vraiment de rester au fait de l’actu et avec un format de partage plus facile, j’ai envie de dire.
LCT : On ne répétera pas ça à Mark Zuckerberg !
LCT : S’il nous regarde, d’ailleurs, on le salue. Merci beaucoup d’avoir été avec nous dans L'appart.
YT : Merci à vous.
LCT : Et on espère comme ça, grâce à Yann Thébault, vous avoir fait découvrir encore plus le modèle économique de la musique en ligne, le streaming.
LCT : Les coulisses de la musique en ligne. On revient dans quinze jours avec un nouvel invité dans L'appart, le talk de l’innovation.
YT : Merci. A bientôt !
LCT : Salut à tous.

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