L'appart épisode 8 : ALEXANDRE WOOG

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Le 23 / 08 / 14 | Posté par la rédaction de SFR
L'appart épisode 8 : ALEXANDRE WOOG

Tous les 15 jours à L'appart SFR, nous recevons un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo très personnel, mené par Jérôme Colombain et François Sorel de La Chaîne Techno.
Nous faisons le point avec eux sur leurs actualités, leurs réalisations, succès et échecs, sans oublier de leur demander leurs recommandations sur les dernières tendances de l'innovation

Découvrez notre 8ème invité, le co-fondateur du site e-loue.com : Alexandre Woog

Diplômé d’HEC, Alexandre Woog 28 ans, est le cofondateur du site e-loue.com, lancé en janvier 2009. Ce service innovant de location d’objets entre particuliers s’est notamment fait connaître en créant le buzz sur le Web, grâce à des propositions insolites (« Loueunechèvre.com » pour tondre son gazon par exemple..). Si Alexandre Woog est entrepreneur, il est aussi sportif de haut niveau en escrime. Côté business, le site e.loue.com profite de la vague de la consommation collaborative. Pour en savoir plus sur cette tendance forte, retrouvez l’interview de Rachel Botsman.


Transcript de la vidéo

La Chaîne Techno (LCT) : Bonjour à tous et bienvenue sur la chaîne Techno, et bienvenue dans l’Appart’. L’appart c’est toutes les deux semaines un entretien avec un décideur de l’innovation.
Et aujourd’hui, nous recevons un jeune entrepreneur, Alexandre Woog, cofondateur de la société e-loue.

REPORTAGE

Alexandre Woog, 28 ans, diplômé d’HEC, a cofondé e-loue.com en janvier 2009. Ce service innovant de location d’objets entre particuliers s’est fait connaître à moindre frais en faisant du buzz sur le Web grâce à des propositions insolites. Alexandre Woog est entrepreneur, mais également sportif de haut niveau en escrime. Côté business, il surfe sur la vague de la consommation collaborative.



LCT : Alexandre Woog, bonjour !
Alexandre Woog (AW) : Bonjour !
LCT : Merci d’avoir accepté notre invitation dans l’Appart.
AW : Merci à vous, c’est moi qui suis ravi d’être ici.
LCT : Alors, on a plein de questions, bien évidemment, à vous poser sur ce que vous faites. Vous êtes le cofondateur d’une société qui s’appelle e-loue, et qui met en avant un concept assez intéressant et assez nouveau qui est la consommation collaborative. Alors première question, qu’est-ce que c’est que la consommation collaborative ?
AW : La consommation collaborative, c’est un phénomène qui existe depuis pas mal d’années, qui est vraiment ressorti à partir des années 2007-2008. En fait, c’est un système de partage entre les gens, et finalement, tous les particuliers vont pouvoir s’entraider sur différents types de services. Ça peut être la location entre particuliers, ça peut être l’achat-vente, ça peut être le covoiturage, ça peut être le partage de produits de consommation de tous les jours, des repas… C’est vraiment tous ces concepts qui ont émergé depuis quelques années et qui sont en train d’exploser, et donc on était dans les pionniers sur ce secteur.
LCT : Qu’est-ce que je peux trouver sur votre site ?
AW : E-loue, c’est une place de marché, une plateforme qui met en relation des individus, principalement des particuliers, mais aussi des professionnels, pour louer ou mettre en location tout type d’objets. Donc par exemple, vous avez besoin…
LCT : J’ai besoin d’une tronçonneuse, d’une bétonnière…
AW : Voilà, par exemple, ou tout simplement une tondeuse à gazon pour ce week-end pour votre jardin, eh bien peut-être que François en a une et qu’il n’habite pas trop loin, et en même temps…
LCT : Si c’est François, pardon, mais je n’ai pas besoin de passer par e-loue…
AW : Après, sauf si jamais il y a de la casse entre amis, ça peut toujours poser des problèmes.
LCT : J’imagine Jérôme passer la tondeuse, j’ai un peu peur…
AW : Le principe, c’est vraiment de pouvoir louer tout type d’objets, ça va de la tondeuse au matériel high-tech, des sonos, des hi-fi, des consoles de jeux, des appareils électroménagers, la crêpière… En ce moment, on loue beaucoup tout ce qui est friteuses.
LCT : Mais il faut habiter dans le même quartier quand même ?
AW : Généralement c’est géolocalisé, ça veut dire que vous allez chercher un objet, une tondeuse, autour de chez vous, vous allez avoir un périmètre qui s’affiche des tondeuses disponibles, avec des prix, des commentaires, des notations, et vous allez pouvoir faire tout le système on line.
LCT : On vous dit si le loueur est sympa, acariâtre...
AW : C’est le principe en fait. Généralement, c’est communautaire, donc le principe, c’est que ça se passe plutôt bien, on est vraiment dans le partage. Les gens vont finalement se rendre service en faisant une location. Et puis on est là, nous. Nous, à quoi on sert ? On fait la location garantie. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si jamais vous louez le GPS de François et que par hasard, même si vous êtes quelqu’un de très soigneux, je sais, vous allez le faire tomber, vous allez le casser, ce n’est peut-être pas de votre faute, mais il y a une assurance qui entre en compte.
LCT : Donc là, je m’adresse à vous en fait, je ne m’adresse plus à la personne qui m’a loué le GPS.
AW : Oui, c’est ça. Nous, c’est du partenariat d’assurance. Que ce soit par exemple des appartements, c’est Europ assistance, Generali pour tout ce qui est objets, ou la MMA pour tout ce qui est voitures entre particuliers.
LCT : Ça doit augmenter un peu les prix quand même ?
AW : Alors c’est transparent. Par exemple, François a mis son GPS à 10 euros par jour…
LCT : C’est un peu cher, je voulais t’en parler.
AW : On peut négocier.
LCT : Il y en a d’autres qui mettent moins cher, il faut aller voir les autres.
LCT : Ils sont moins bien, les autres.
AW : Il a une carte Europe, c’est pour ça. Vous, vous allez le louer 10 euros par jour, et nous, au passage, on prend 2 euros. Et ces 2 euros, ils nous servent à quoi ? Ils nous servent évidemment à vivre, et ils servent aux assureurs, on leur reverse une partie. Ils servent également aux frais bancaires, parce que vous savez qu’il y a des frais sur tout ce qui est paiements. Donc c’est transparent, finalement. Vous allez payer les 10 euros, et François sait à l’avance qu’il va recevoir 8 euros.

 #TIMELINE

LCT : Comment est venue cette idée ? Quelles sont les étapes-clé de la création de votre entreprise ?
AW : Moi, je voulais vraiment entreprendre depuis pas mal de temps, je cherchais un peu l’idée. J’ai fait des études à HEC, donc évidemment, dans le tunnel, je me suis retrouvé en salle de marchés, mais au bout d’un an, j’étais avec un ami qui était vraiment le geek autodidacte. On a eu besoin d’une perceuse sur un déménagement, et tout simplement, il s’est dit : tiens, on va aller en acheter une. Et puis finalement c’était cher, les magasins, les grandes chaînes de location à ce moment-là n’étaient pas forcément ouvertes. On a appelé les amis, les collègues, personne n’en avait à ce moment-là. On en a trouvé une chez un voisin qui nous a dit en rigolant : tiens, Alexandre, si je vous la louais ? Pour lui, c’était une blague, pour nous, c’est une anecdote. Et voilà l’histoire, on a regardé le marché, on a vu qu’il y avait une opportunité de marché, donc du coup, on a lancé le site à ce moment-là.
LCT : C’était en quelle année ça ?
AW : L’idée est arrivée à l’été 2008, donc là, on est parti voir les banques pour avoir un financement. Les banques : ah, c’est du web… Donc c’était assez rigolo… On était au standard : désolé, on ne prend pas les rendez-vous.
LCT : Elles sont bien les banques françaises…
AW : Oui, en même temps, dans les pubs, les banques financent l’entrepreneur… Bon, après, c’était du web, ça se comprend, parfois une boulangerie c’est moins risqué, en tous cas on connaît mieux le ROI. Finalement, on a trouvé assez rapidement, c’est allé assez vite. En janvier 2009, on a créé la société. Donc avril 2009, c’est les débuts de e-loue, en version beta, on est allé très vite, en trois mois. À la base, on est parti avec 3 000 euros, c’est pour vous dire, donc en mode start up. On est rentrés à l’incubateur HEC en juin 2009. Fin 2009, on a compris qu’il fallait être tiers de confiance de paiement, donc on est devenu tiers de confiance de paiement. Juin 2010, première levée de fonds, 500 000 euros, avec des gens comme Pineau-Valencienne, les Frères Blanc restauration, qui ont investi dans des start up comme La Fourchette, etc., Olivier Schatz, ancien DGA de Natixis, plusieurs personnes comme ça… Ensuite, on a sorti une application iPhone en janvier de l’année dernière. On a fait un énorme buzz, vous avez dû entendre parler de nous à ce moment-là. Et un an plus tard, avec les retours clients, on a sorti notre version 2.
LCT : Il y a des objets un peu insolites que vous mettez en location ou pas ?
AW : Ce n’est pas nous qui les mettons, mais…
LCT : Par votre intermédiaire en tout cas.
AW : Oui, on s’est fait fortement connaître le jour où des personnes, qui étaient à la base rigolotes, qui ont créé un business, qui par exemple ont mis des chèvres tondeuses de jardin en location sur le site.
LCT : Une tondeuse vivante.
AW : Ecologique, qui ne fait pas de bruit, notamment le dimanche avec les horaires… Les lamas, les moutons, ça, on ne le faisait pas encore.
LCT : C’est pareil, dans les appartements parisiens, c’est moyen.
AW : Ça rentre moyennement, mais en tout cas, en province, ça a beaucoup marché, ça a beaucoup fait parler de nous, ce genre d’objets assez insolites.

# FAILS

LCT : Est-ce que malgré tout, vous êtes un jeune entrepreneur, ça se voit, vous avez eu des moments peut-être un peu difficiles, d’interrogations, envie de tout plaquer parce que ça ne marchait pas ?AW : Le concept est monté assez rapidement. Depuis le départ, on a eu un gros boom, et ça ne cesse de croître, donc c’est une belle réussite. Maintenant, des erreurs, j’en ai fait évidemment beaucoup en tant que jeune entrepreneur. C’est quand même ma première boîte. Alors si je peux donner des exemples, par exemple le recrutement. Dans une start up, c’est quelque chose de clé. Pourquoi ? Parce qu’on n’est pas forcément beaucoup au départ, on est une dizaine, donc chaque homme est finalement clé et va permettre de construire la boîte. Donc nous, le recrutement, c’est quelque chose de clé, et ça, on s’en est rendu compte après. Quand on est un jeune entrepreneur et qu’on recrute, déjà, on se trompe, alors ça fait perdre un peu d’argent, mais surtout du temps, et le temps sur une start up, c’est capital.
LCT : Est-ce que ce n’est pas un peu… Sur le papier, c’est très séduisant, mais finalement, moi je n’ai pas forcément envie de me déplacer pour louer une friteuse. Une friteuse aujourd’hui, ça coûte 40 euros si je vais dans un hypermarché… Est-ce qu’il n’y a pas un côté un peu genre branchouille bobo parisien de vouloir se louer entre voisins des trucs ?
AW : Bien sûr, il y en a qui le font pour consommer différemment…
LCT : Est-ce que ça ne nuit pas un peu à votre image tout ça ?
AW : Non, parce que finalement, on se rend compte que… Par exemple, vous me parlez des milieux urbains. C’est quoi le problème en milieu urbain ? C’est que le prix du mètre carré est cher, les appartements sont de plus en plus réduits, donc c’est sympa d’avoir une friteuse, c’est sympa d’avoir une crêpière, ça ne coûte pas très cher, c’est sympa d’avoir cinq appareils, mais vous les mettez où ? Votre perceuse, vous la mettez où la boîte ? Donc déjà, il y a ce côté place.
LCT : Donc votre philosophie, c’est une friteuse par immeuble ?
AW : Pourquoi pas.
LCT : La friteuse collaborative.
AW : Pourquoi pas. Il y a le côté vraiment place, et il y a le côté évidemment où on a vu le pouvoir d’achat baisser, donc nous, on était là plutôt à dire… on n’avait pas la prétention de dire pouvoir d’achat, mais en tout cas pouvoir d’usage : pouvoir utiliser plus de choses qu’on n’aurait pas pu forcément acheter. Et je pense que les gens ont pris conscience qu’il fallait consommer différemment. Il n’y a pas que la location, mais en tout cas, on se rend compte que la surconsommation, ce n’est plus possible.

# INNOVATION

AW : On a des modèles. Alors nos modèles, c’est qui ? Aux Etats-Unis, on copie beaucoup une start up qui s’appelle Airbnb. Ils ont levé 120 millions de dollars récemment. Ils font la même chose que nous mais uniquement sur les appartements, en fait. Mais en tout cas, ils sont très, très bons là-dessus.
LCT : Les particuliers louent des appartements entre particuliers.
AW : Exactement. Et voilà, c’est un carton, et si vous n’avez pas peur de louer votre appartement, vous aurez encore moins peur de louer votre perceuse, parce que vous y êtes encore moins attaché. LCT : C’était vous !
AW : Voilà, c’était nous.
LCT : C’était une bonne idée.
AW : J’ai vu que vous aviez envoyé une demande pour…
LCT : Tout à fait. Il n’y a pas eu de suite.
AW : Voilà, malheureusement, c’était un buzz. Mais voilà, on est dans l’innovation, et tout le temps, on essaie vraiment, chaque jour, quand on déploie quelque chose sur la plateforme, on est déjà en train de penser à ce qui va être déployé dans six mois. C’est ça l’innovation, c’est d’anticiper le marché finalement.

# PORTRAIT_DE_GEEK

LCT : Alexandre Woog, qu’est-ce vous êtes un geek ?
AW : Alors, je m’intéresse à l’high-tech, je suis évidemment tout ce qui se passe dans le milieu, maintenant, je ne me considère pas vraiment comme un geek dans la mesure où je ne sais pas coder.
LCT : Ah !
LCT : Il ne sait pas coder. Pour vous, la définition du geek, c’est celui qui sait coder ?
AW : La définition du geek, c’est quand on vient dans notre bureau, on a l’ordinateur avec plein de lignes de codes, et là, on est un geek.
LCT : Plutôt iPhone ou Androïd ?
AW : BlackBerry.
LCT : Ah, tiens !
AW : BlackBerry. Bon par contre, j’ai un iPad qu’on m’a offert, et j’apprécie beaucoup, vraiment.
LCT : Mais pour communiquer, c’est le BlackBerry.
AW : Voilà, à 100 % le BlackBerry, oui.
LCT : Côté réseaux sociaux, plutôt Facebook, Twitter ?
AW : LinkedIn.
LCT : Il nous a piégés !
AW : A titre perso, j’utilise beaucoup Facebook, à titre d’entreprise, beaucoup Twitter, notamment via LinkedIn, j’ai tous les liens des gens avec qui je suis en contact, contact proche au niveau professionnel, donc c’est assez intéressant. Voilà.
LCT : Alors juste encore une petite question, puisque quand même, vous twittez et vous êtes sur Facebook : est-ce que vous avez un follower dont vous êtes très fier ?
AW : Alors sur Facebook, j’ai un ami dont je suis très fier, c’est Monsieur François Sorel.
LCT : Ah oui ! C’est depuis la petite amie que j’ai essayé de louer…
AW : Voilà, on s’est mis en contact. Donc à part vous, maintenant, j’ai énormément de personnes avec qui je suis en contact aussi bien dans le Web que dans le côté journalisme. Même dans le sport, parce que je suis aussi sportif, puisque je suis en équipe d’escrime israélienne en fait. Je fais les championnats du monde, les championnats d’Europe. Voilà, je suis aussi un sportif de haut niveau. Et c’est vrai qu’au tout départ, quand je n’avais pas grand monde comme amis, le premier ami que j’ai eu, finalement, c’était Loïc Le Meur, son compte vraiment privé, parce qu’il y en a beaucoup qui ont un compte privé et un compte public. Voilà, j’étais en contact avec lui parce que notamment son fils est aussi un bel escrimeur, donc voilà, on discutait ensemble, et c’est vrai que j’étais assez fier au départ.
LCT : Très bien. Merci beaucoup Alexandre Woog.
AW : Merci.
LCT : Merci à vous et à bientôt.
LCT : Merci d’avoir participé, d’avoir joué le jeu de l’Appart’ sur la chaîne Techno. On se retrouve bien sûr dans deux semaines. Portez-vous bien, à très vite. Salut à tous.

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