L'appart épisode 6 : Yseulys Costes de 1000Mercis

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Le 21 / 08 / 14 | Posté par la rédaction de SFR
L'appart épisode 6 : Yseulys Costes de 1000Mercis

Nous recevons tous les 15 jours à L'appart SFR, un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo mené par Jérôme Colombain et François Sorel de La Chaîne Techno. Et cette fois ci, pour noter 6ème épisode le décideur est… une décideuse : Yseulys Costes, PDG et fondatrice de la société 1000Mercis.

Episode 6 de l'émission L'appart avec Yseulys Costes

Nous faisons le point avec elle sur son actualité, ses réalisations, succès et échecs, sans oublier de lui demander ses recommandations sur les dernières tendances de l'innovation.
Yseulys Costes s’est intéressée à Internet dès 1995, lors de ses études en M.B.A. à la Robert O. Anderson School (USA). Chercheur en marketing interactif, auteur de nombreux livres et articles sur les thèmes du marketing online et des bases de données, Yseulys Costes a fondé la société 1000Mercis en février 2000, avec Thibaut Munier.
La société 1000Mercis, pionnière de la publicité et du marketing interactifs, a pour vocation d’apporter des réponses innovantes aux sociétés qui souhaitent optimiser leurs actions de marketing relationnel, grâce aux médias interactifs (PC, mobiles, tablettes).
Parallèlement, Yseulys Costes enseigne le Marketing Interactif dans plusieurs établissements (HEC, ESSEC, Université Paris-Dauphine) et est membre du Conseil d'Administration de PPR et du Comité d'Orientation Stratégique du FSI.

Transcript de la vidéo

La Chaîne Techno (LCT) : Bonjour à tous et bienvenue sur la chaîne Techno.TV pour ce nouveau numéro de L'appart. L'appart, c'est toutes les deux semaines un entretien avec un décideur de l'innovation. Et aujourd'hui, nous recevons une e-entrepreneuse, Yseulys Costes.

REPORTAGE
Yseulys Costes est confondatrice et PDG du site 1000mercis.com, spécialisé dans le marketing interactif. Chercheur et auteur de nombreux ouvrages, elle aide les entreprises à conquérir de nouveaux clients grâce au web, au mobile et aux réseaux sociaux. Elle a également créé plusieurs sites grand public dédiés au mariage.

LCT : Bonjour Yseulys Costes.
Yseulys Costes (YC) : Bonjour.
LCT : Merci d'avoir accepté notre invitation dans L'appart, toutes les deux semaines. Yseulys, vous êtes la première femme entrepreneur que nous recevons ici, dans L'appart, et on se pose la question avec Jérôme : pourquoi n'y a-t-il pas plus de femmes qui sont e-entrepreneurs, et qui ont les rênes ? A votre avis, c'est dû à quoi ? C'est un peu cliché de dire ça mais…
YC : C'est aux hommes ou aux femmes qu'il faut poser cette question ? Je ne sais pas. Les statistiques sont effectivement tout à fait déconcertantes sur le pourcentage de femmes qu'on regarde sur le prisme de l'entrepreneuriat, des conseils d'administration, des comités de direction, des comités exécutifs... Les chiffres sont terrifiants.
LCT : En fait, vous avez affronté deux choses : l'entrepreneuriat d'une manière générale, et puis en plus la high-tech. La high-tech, c’est quand même un monde de mecs.
YC : C'est clair, c'est un monde de mecs. Et pourtant dans les utilisateurs, c'est un monde très, très équilibré, voire même les femmes, dans les usages, en temps passé, ont des usages plutôt supérieurs aux hommes.
LCT : J'imagine que sur votre site sur les listes de mariage, par exemple, c'est plus les femmes qui se connectent que les hommes.
Sur ce produit-là, qui est un de nos produits qui est la partie B to C chez nous, clairement, on a une dominante de femmes assez claire. On a 76 % de femmes. Donc c'est beaucoup plus élevé. Dans nos métiers, puisqu'on accompagne des annonceurs dans leurs stratégies interactives, on a beaucoup de clients pour qui la part des femmes, en tout cas dans les acheteurs, est supérieure à celle des hommes.

#TIMELINE
LCT : Yseulys Costes, est-ce vous pouvez nous brosser, nous raconter un petit peu votre parcours, qui démarre avec une bonne idée qui va évoluer ? Ça s'appelle 1000mercis.
YC : On a créé 1000mercis le 23 février 2000. Au départ, on a monté ça, on est deux, j'ai un  associé qui s'appelle Thibaut Munier, qui faisait du data mining à l'époque. Et on est tous les deux chercheurs en marketing. Ça paraît toujours bizarre la recherche en marketing, en France surtout, et en Europe. Aux États-Unis, c'est extrêmement développé.
On a créé cette entreprise absolument par hasard, moi je n'avais pas de souhait spécifique d'entrepreneuriat. Lui non plus d'ailleurs, mais on a eu cette idée. L'idée, c'était le marketing relationnel, en fait, puisque moi, c'était mon sujet de recherche, et lui aussi. Et en se disant que les médias interactifs - à l'époque le Web, le mobile est arrivé beaucoup plus tard - allaient complètement modifier tout le marketing relationnel. Parce que le marketing relationnel, dans la littérature académique marketing, on en parlait depuis longtemps, depuis les années 1970, c'était Grönroos, c'était beaucoup les pays nordiques qui s'intéressaient au relationnel. Mais finalement, dans les faits, à part les programmes de fidélisation des compagnies aériennes, il n'y avait pas grand-chose en relationnel. Alors on s'est dit : les médias interactifs vont tout changer.


#FAILS
LCT : Yseulys Costes, durant votre carrière dans le web depuis 12 ans, j'imagine qu'il y a eu des hauts mais aussi des bas, quelles sont les choses que vous aimeriez refaire, est-ce qu'il y a eu des échecs que vous avez vraiment regretté dans votre parcours d'entrepreneur ?
YC : J'ai une mémoire assez sélective, je me souviens plutôt des choses positives.
LCT : C'est bien !
YC : On aurait pu aller plus vite, on peut toujours aller plus vite, on a essayé d'aller vite, on va vite, maintenant peut-être que si on avait été sur un marché plus gros, on aurait été plus vite...
LCT : Plus gros c'est-à-dire au-delà de la France ?
YC : Aujourd'hui on opère dans 25 pays, mais notre marché d'origine, domestique, et qui reste le plus gros c'est la France, oui clairement.


#INNOVATION
YC : Aujourd'hui, pour moi, le lieu d'innovation le plus rapide et le plus fort, c'est quand même dans les usages des consommateurs. La technologie évolue, mais les usages évoluent beaucoup plus vite que cette technologie, et beaucoup plus vite que les annonceurs. Je trouve ça assez stupéfiant. Ce n'était pas le cas avant. Parce que le marketing devient serviciel. Aujourd'hui, les consommateurs, ils ont envie que le marketing leur rende service. C'est à la fois pas plus compliqué que cela, et en même temps très compliqué.
LCT : Ce n'est pas un peu antinomique ? Ça veut dire quoi pour moi, qui aurait un smartphone dans ma poche, quel type de notification je pourrais recevoir demain ?
YC : Je ne sais pas, des choses ultra basiques comme des alertes produits, par exemple. Comme... Si on prend des gens qui ont du réseau physique, une disponibilité produit sur un produit que vous avez flagué quand vous êtes passé en magasin en faisant un coup de QR code dessus en disant : je veux ça, mais dans une autre taille.
LCT : Donc c'est le mélange de plusieurs technos : les QR codes, la géolocalisation bien sûr, et on parle de plus en plus de NFC.
YC : Ce sera l'étape d'après, oui, en tout cas nous, dans nos métiers, c'est l'étape d'après. L'étape d'après le QR code, ce sera le NFC, qui quand même, en termes d'usage, est très intéressant. Ce sera la mesure de la satisfaction par exemple, soit quand vous sortez d'une boutique physique en passant devant avec du NFC, soit en notification... Bref, ce sera tous les usages qu'on pourra avoir autour des consommateurs pour optimiser la qualité de service et la communication qu'on peut leur faire, et ne pas avoir des démarches... Du coup, on va faire des campagnes non pas parce qu'en mai c'est le mois du blanc et qu'on parle du blanc, mais parce que le consommateur a un besoin à un moment donné et qu'il nous l'a exprimé, ce besoin.


#PORTRAIT DE GEEK
LCT : Est-ce que Yseulys Costes est geek ? Est-ce que vous vous intéressez au dernier produit high-tech ? Est-ce que vous suivez un peu ce qui se passe sur les sites d'actualité ?
YC : Oui, oui, et d'abord je n'ai pas le choix, parce que dans mon COMEX, à part mon associé, globalement, il n'y a que des ingénieurs. Plus de la moitié de nos effectifs, c'est des ingénieurs, des développeurs, chez nous.
LCT : Des gros barbus qui passent leurs journées sur le clavier ?
YC : Pas que.
LCT : Est-ce que le look de l'ingénieur évolue ? Le look de l'ingénieur évolue ou pas ?
YC : Le look, c'est assez disparate. On a beaucoup de jeunes ingénieurs aussi, on a de tout. Le look, en tout cas les centres d'intérêt sont les mêmes. Donc, déjà rien que pour pouvoir discuter avec mes équipes, c'est quand même important.
Et puis après, oui, j'ai toujours aimé ça, vraiment.
LCT : Donc, vous ne vous forcez pas trop ?
YC : Non, non. Moi je ne connais que ça, en fait. Le mobile, on s'y est mis un peu plus tard. Moi je suis vraiment native du web au départ.
LCT : C'est quoi votre objet high-tech préféré ?
YC : Mon objet ? Quand même, c'est mon i-Phone. Oui, quand même.
LCT : Pas Androïd, iPhone ?
YC : Oui, aujourd'hui, mais on est en tests sur de la tablette. Android en notification, c'est fabuleux, c'est un domaine... puisqu'ils sont hyper ouverts chez Android, sur les notifications, on peut faire plein de sons, plein d'images... C'est beaucoup plus rigolo, c'est beaucoup plus marketing, pour le coup.
LCT : Mais vous, perso, c'est iPhone aujourd'hui ?
YC : Oui, aujourd'hui en usage, c'est quand même un joli produit. Vraiment un joli produit. Donc, oui, j'aime beaucoup. Une de mes grandes frustrations quand j'avais une petite dizaine d'années, pour mon anniversaire, je voulais, à l'époque, des Amstrad. Moi je voulais absolument un Amstrad.
LCT : A dix ans ?
YC : Voilà, oui. J'avais quelques copains, qui sont ingénieurs d'ailleurs, qui sont toujours de très bons copains aujourd'hui, qui font du dev réseau dans des couches un peu profondes, des mecs qui étaient déjà dedans quand on était petits.
Et moi je voulais ça, et mon père m'a dit : mais enfin, pas du tout, je vais t'acheter un vélo. Et il m'a acheté un vélo. Je hais le vélo. Toujours, d'ailleurs, je déteste ça. Mais j'allais jouer, puisqu'à l'époque on jouait essentiellement chez mes copains, et je laissais mon vélo dans le garage. Et ça n'a pas changé... Après, moi ce qui m'amuse, c'est vraiment l'usage, et comment on peut s'en servir de manière intelligente pour faire évoluer, pour inventer des choses en marketing. Je pense qu'on a gardé une vision du marketing assez classique, avec des plans d'action commerciaux, où on prend l'année et on dit : eh bien voilà, là, c'est la fête des mères, là je lance un nouveau produit. C'est bien, il faut continuer à le faire, mais écouter le consommateur, et lui parler de ce qui l'intéresse, il faut qu'on s'y mette. On n'a pas le choix.

LCT : De manière personnelle, au-delà de votre métier est-ce que vous vous servez des réseaux sociaux, avez-vous un compte Facebook ou Twitter ?
YC : Oui, plus Facebook. Twitter est un canal un peu plus compliqué, notamment quand on est une société cotée. Le côté instantané... C'est un canal qui peut être dangereux, compliqué. Mais Facebook oui, je m'en sers beaucoup
LCT : A titre personnel, professionnel ?
YC : Les deux, forcément, tout cela est forcément un peu mélangé. Je n'ai qu'un compte, pas deux. Dans la vraie vie aussi, dans l'entrepreneuriat, les frontières sont assez ténues. Ça l'est aussi sur Facebook. Il faut apprendre à être pertinent, il y a des choses qu'on fait, des choses qu'on ne fait pas.
LCT : Merci.
YC : Merci à vous.
LCT : Merci d'avoir accepté notre invitation pour ce numéro de L'Appart. Merci beaucoup Yseulys Costes.
YC : Merci à vous, c'était un plaisir.

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