L'appart épisode 3 : Eric Gontier de Buyster

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Le 18 / 08 / 14 | Posté par Claire Hy
L'appart épisode 3 : Eric Gontier de Buyster

Nous recevons désormais tous les quinze jours à L'appart SFR, un décideur de l'innovation pour un entretien vidéo très personnel, mené par Jérôme Colombain et François Sorel de La Chaîne Techno.
Chefs d'entreprise, créateurs de start-up, ingénieurs, chercheurs… Ils nous font part de leurs actualités, de leurs réalisations, succès et échecs, sans oublier de nous conseiller sur les dernières tendances de l'innovation.

3ème épisode de L'appart avec Eric Gontier
Pour cette 3ème émission nous recevons Eric Gontier, le Directeur Général de Buyster. Lancé en novembre 2011 par SFR, Orange, Bouygues Telecom et Atos, Buyster est un moyen de paiement original, innovant et 100% français, qui permet de payer ses achats sur Internet en toute sécurité, grâce à une authentification forte par téléphone portable. L’ambition de Buyster est de faire du mobile le meilleur outil de sécurisation pour les transactions en ligne.


TRANSCRIPT DE LA VIDEO

La Chaîne Techno (LCT) : Bonjour à tous et bienvenue sur la Chaîne Techno, pour ce nouveau numéro de L'appart. L'appart, c'est toutes les deux semaines, un décryptage de l'innovation, ici en France. Et cette semaine, nous parlons de paiement en ligne, nous recevons Eric Gontier, Directeur général de Buyster.

REPORTAGE
Eric Gontier est Directeur général de Buyster, un moyen de paiement original et innovant, 100 % français, lancé en novembre 2011 par les trois grands opérateurs mobiles. Buyster permet de payer ses achats sur Internet en toute sécurité grâce à une authentification forte par téléphone portable. Buyster veut faire du mobile le meilleur outil de sécurisation pour les transactions en ligne.

LCT : Bonjour Eric Gontier.
Eric Gontier (EG) : Bonjour.
LCT : Le concept de Buyster, c'est quoi exactement ?
EG : Alors le concept de Buyster, qui est une vraie différence par rapport à tous les autres services de paiement, c'est qu'on fait pour chaque paiement une double vérification : on vérifie que vous connaissez votre code confidentiel, et on vérifie que vous avez dans les mains le mobile utilisé au moment de votre inscription au service Buyster. Donc c'est une authentification forte, puisqu'il y a deux facteurs utilisés pour vérifier qui paye.
LCT : Très concrètement, je veux payer en utilisant Buyster, comment je fais ?
EG : Quand on est sur un (site) marchand qui accepte le moyen de paiement Buyster, on remplit son Caddie®, son panier sur Internet, et à la fin on doit choisir son moyen de paiement. Donc là il y a un petit logo Buyster pour vous dire que vous pouvez payer avec Buyster chez ce marchand-là. Quand vous cliquez sur Buyster, vous arrivez chez nous. On va vous demander pour payer votre numéro de mobile et votre code confidentiel. Le code confidentiel, c'est celui que vous avez choisi au moment de vous inscrire à Buyster, là où vous avez fait le lien entre votre carte bancaire et votre numéro de téléphone.
LCT : Avec un code...
EG : C'est un code à 6 chiffres. On a choisi exprès 6 chiffres pour que ce ne soit pas le même que celui de la carte bancaire et inciter les gens à avoir un numéro un peu différent. Et après on va vous envoyer un SMS sur votre téléphone portable avec un code qui n'est valable que pour cette transaction-là et qui va nous permettre de vérifier que vous avez bien dans les mains le téléphone portable que vous nous avez indiqué lors de votre inscription. Donc vous devez retaper ce numéro-là sur Internet.

#TIMELINE
LCT : Quelles sont les trois dates clés importantes pour Buyster ?
EG : Alors pour nous les dates clés, ça été bien sûr février 2011, quand on a créé la société. Réussir à mettre autour de la table les trois opérateurs mobiles, Orange, SFR, Bouygues Telecom, et Atos, c'était quand même une belle aventure, qui avait nécessité pas mal de préparation avant. L'autre date-clé, ça a été avril 2011, quand on a enfin été agréés par la Banque de France, parce qu'opérer un moyen de paiement, ça nécessite d'être régulé par un acteur comme la Banque de France. Et la date suivante, ça a été le lancement de Buyster, son ouverture au grand public, depuis le mois de septembre. Voilà nos trois grandes dates clés dans un passé récent.

#FAILS
LCT : Il n'y a pas que Buyster dans le domaine du m-paiement, il y a aussi PayPal qui se lance sur ce marché, il y a aussi d'autres services, comme la carte bancaire, ou encore l'e-carte bleue... Buyster va-t-il trouver sa place parmi tout ça ?
EG : On pense qu'il va y avoir beaucoup de transformations sur le marché du paiement à distance. Pour différentes raisons, la principale est qu'il va y avoir de plus en plus besoin sur Internet d'un dispositif d'authentification forte pour lutter contre la fraude. Il y a eu des publications récentes, notamment par l'UFC-Que Choisir, ou des statistiques qui sont publiées par la Banque de France : Internet ça représente 6 % des transactions ''cartes'', et 60 % de la fraude ''carte''. Donc il y a vraiment une problématique à adresser. La Banque de France milite pour qu'il y ait des dispositifs beaucoup plus sécurisés. Mais il faut éviter qu'il y ait trop de sécurité qui tuerait l'acte d'achat. Donner son numéro de téléphone portable, taper un code confidentiel, il n'y a rien de plus simple pour payer et on répond bien à cette contrainte de sécurisation.
Il y a un autre phénomène qui va arriver, c’est le développement du e-commerce sur le mobile. Si vous êtes dans la rue, vous ne pouvez pas sortir votre carte bancaire pour taper votre numéro de carte sur votre mobile, pour profiter d’un bon plan sur une affiche, c’est pas possible. Donc il faut trouver un autre dispositif, et le partenariat qu’on a avec les opérateurs mobiles, ça nous permet d’avoir un système de paiement extrêmement simple sur le mobile, tout en ayant cette double sécurité. Quand vous êtes en m-commerce, au moment de payer, on ne va pas vous demander votre numéro de mobile. On ne va pas vous envoyer un SMS, parce qu’on sait déjà quel est votre numéro de mobile, puisque vous êtes raccordé au réseau de l’opérateur. On va juste vous demander les 6 chiffres de votre code confidentiel.
Aujourd’hui à notre connaissance, il n’existe pas au monde un service de paiement sur le mobile qui soit aussi simple que celui-là, tout en ayant deux niveaux de sécurité.
LCT : Où en êtes-vous aujourd'hui, parce qu'évidemment cette solution n'est viable que si un maximum de commerçants l'adopte...
EG : Voilà, alors cela ne fait que 6 mois qu'on a démarré. Aujourd'hui on a fait des accords avec plus de 200 marchands, et on est en train de les raccorder progressivement, et aujourd'hui Buyster peut être utilisé sur une soixantaine de marchands sur Internet.

#INNOVATION
LCT : Chez Buyster, on voit ce que vous voulez faire, mais d'un autre côté, le futur du paiement mobile, il y a plein de choses, plein de promesses, on parle beaucoup de NFC par exemple, le fait de pouvoir payer avec son téléphone portable en approchant son mobile d'un terminal pour effectuer des transactions. Est ce qu'on peut imaginer des interactions justement entre le NFC et Buyster dans un avenir proche ?
EG : Nous sommes sur un autre domaine qui est le paiement à distance. On pense vente par correspondance, et principalement e-commerce. Le e-commerce commence à être présent sur le mobile : je peux acheter directement sur mon mobile, ça me permet d'éviter de louper une vente privée le matin par exemple, on sait que c'est parfois un peu difficile. Mais ce qui se passe, c'est qu'avec mon téléphone portable maintenant, le paiement à distance je peux l'emmener avec moi, je peux l'emmener dans la rue. Et donc si je vois une affiche, avec un petit code 2D en bas, avec une promo qui m'intéresse, je peux scanner le code et en profiter tout de suite.
Ou alors je peux éviter la queue en caisse dans les magasins. Mes produits, je les mets dans mon Caddy, je les scanne au fur et à mesure avec mon téléphone portable, et à la fin, je paye, et j'ai évité la queue en caisse. Et sinon le plus gros usage que l'on connaisse actuellement dans ce domaine-là, c'est ce que fait Starbucks aux Etats-Unis, où j'évite la queue pour passer la commande et pour payer en caisse. Grâce à mon téléphone portable, je passe la commande à distance, je paye à distance, et après je n'ai plus qu'à aller chercher mon café quand il est prêt en présentant mon téléphone.
LCT : Donc c'est moi qui fait la transaction en fait ?
EG : Voilà. Et ça, ça a représenté, rien que sur 2011, rien qu'aux Etats-Unis, 26 millions de transactions, donc c'est un potentiel énorme.
LCT : Alors on adresse plus du tout la parole à la personne qui est derrière le guichet finalement ?
EG : Si, autrement, sur la partie « je récupère mon café, je récupère ma commande ».
LCT : Ou sur la partie « Oh, cela n'a pas marché ! »
EG : Ou plutôt on discute des cafés ! Il y a quand même des cas d'interactions, qui sont peut-être de meilleure qualité car on va retirer ce qui est déplaisant, qui est l'acte de payer. Finalement il y a d'autres choses qui peuvent se passer à un autre moment.

#PORTRAIT_DE_GEEK
LCT : Alors plutôt Android ou iPhone ?
EG : Par nature, de cœur, je préfère les dispositifs qui sont dits ''ouverts''. L'idée d'avoir un Android où on peut recompiler le noyau, changer tout ce qu'on veut, etc.
LCT : Recompiler le noyau ! Donc vous recompilez les noyaux !
EG : Ce sont des choses qu'on peut faire : il y a des gens qui le font ! Ce sont des choses que je trouve assez rassurantes par rapport à la dynamique qu'on peut avoir derrière.
LCT : Là c'est l'ingénieur qui parle...
EG : J'ai commencé par là donc effectivement c'est un peu mon enfance qui revient ou presque. Mais c'est vrai que, de raison, j'ai plutôt choisi les dispositifs Apple, parce que l'expérience est mieux maîtrisée, pour la gestion des contenus c'est quand même beaucoup plus pratique. J'ai la même chose sur mon téléphone que sur ma télévision Apple TV, etc, donc ça a un côté vraiment magique de pouvoir faire ça de bout en bout.
LCT : Juste une question pour rebondir sur Apple. Est ce que, à votre avis, Apple va se lancer dans le domaine du m-paiement ?
EG : C'est une grosse question, qui en plus nous concerne directement. A eux tout seuls, ils ont 200 millions de numéros de cartes bancaires en base, associés à un téléphone. C'est vrai qu'ils pourraient, du jour au lendemain, basculer soit dans le monde du paiement à distance, soit dans le monde du paiement de proximité, en transformant les iphones en terminaux NFC. Ils ne bougent pas beaucoup dans ce domaine-là, ils ont déposé plusieurs brevets, mais personne ne sait exactement ce qu'ils sont capables de faire.
LCT : A surveiller !
EG : Voilà, à surveiller, c'est vrai que si un jour Apple se met à sortir des terminaux qui sont NFC, on a vu ce qui s'est passé quand ils ont commencé à sortir des terminaux qui allaient sur Internet, ils ont bouleversé le marché du jour au lendemain, c'est tout à fait envisageable de voir la même chose.
LCT : Bien. Plutôt Facebook ou Twitter ?
EG : Un peu des deux, mais plutôt Twitter, où on peut mieux canaliser les types d'information qu'on collecte, et puis plus adapté aussi pour un usage professionnel.
LCT : Parfait, merci beaucoup Eric Gontier.
EG : Merci à vous !
LCT : Et on se retrouve bien sûr dans deux semaines pour un prochain numéro de L'appart, pour encore une fois converser avec un décideur lié à l'innovation. A très vite !
Salut à tous.

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