L’appart, le best of

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Le 16 / 07 / 13 | Posté par la rédaction de SFR
L’appart, le best of

C’est déjà la fin de l’aventure « L’appart » pour SFR, un rendez-vous qui nous a permis de recevoir  tous les 15 jours, avec La Chaine Techno 01Net, quelques-unes des plus grandes stars du web français. Entrepreneurs, chefs d'entreprise, créateurs de start-up… Ils nous ont fait part de leurs succès, mais aussi des échecs qui leur ont permis d’avancer, et nous ont donné leurs points de vue sur les dernières tendances en matière d'innovation.  

Pour ce dernier épisode de L’appart, nous vous proposons un numéro spécial « best-of » pour revivre les meilleurs moments de l’émission. Flashback.

 

Transcript de la vidéo :

La Chaîne Techno (LCT) : Salut à tous et bienvenue sur la chaîne Techno, et bienvenue dans ce nouveau numéro de L’appart. Vous le savez, c’est toutes les deux semaines un entretien privilégié avec un décideur de l’innovation. Et c’est un numéro exceptionnel que nous vous proposons aujourd’hui, puisqu’il s’agit d’un best-of, les meilleurs moments de L’appart, Jérôme.

- Oui, à l’occasion de cette fin de saison pour L’Appart, que vous avez pu suivre depuis deux ans maintenant, et au cours duquel, n’ayons pas peur des mots, nous avons reçu les grandes stars de la high-tech française.

- 28 en tout.

- Voilà, vous allez pouvoir ré-entendre dans les minutes qui suivent les principales vedettes : Pierre Kosciusko-Morizet, Henri Seydoux ou encore Marc Simoncini.

- Rafi Haladjian était passé aussi dans les studios de L’Appart, Bruno Bonnell et Tristan Nitot aussi.

- Voilà, best-of de L’appart, c’est tout de suite.

La Chaîne Techno (LCT) : Pierre Kosciusko-Morizet, bonjour.

Pierre Kosciusko-Morizet (PKM) : Bonjour.

LCT : Et merci d’avoir accepté l’invitation de L’Appart pour cette première. On est très heureux de vous recevoir, et à ce titre, on aimerait bien savoir si vous aimeriez devenir le parrain de L’appart de l’innovation, ça vous va ?

PKM : Ça ne se refuse pas. On est filmés en plus, donc avec plaisir.

LCT : Quel regard vous jetez, aujourd’hui, vous avez, sur l’innovation, sur ce qui se passe en matière de high-tech ? Qu’est-ce qui retient votre attention ? Selon vous, qu’est-ce qui va jaillir dans les années qui viennent ?

Pierre Kosciusko-Morizet : Une des choses où je trouve qu’on ne voit pas encore où on va, c’est, finalement, quelles marques, quels acteurs, vont contrôler le salon. Et en fait, c’est l’idée que, dans un salon, il y a une télévision, mais il y a de plus en plus un ordinateur, et puis il y a les tablettes, et puis on a son Android ou son iPhone. Et finalement, il n’y a pas encore une marque, pour moi, qui a réussi à prendre le salon. Alors Apple essaie, l’Apple TV, etc., mais ça ne marche pas très bien, finalement. Pour moi, il y a évidemment les télés connectées qui arrivent. Enfin il y a tout ça qui se mélange, les tablettes qui essaient. Pour moi, là-dessus, il y a une grosse question mark qui n’est pas du tout réglée. Et évidemment, l’enjeu est énorme.

LCT : Quels sont, à votre avis, les chantiers dans le domaine de l’innovation qui vont exploser dans les mois, dans les années qui viennent, et que vous sentez, comme ça, poindre ?

Eric Careel : Il y en a un que je sens assez bien, qui est tout ce qui concerne l’impression 3D. Dans l’histoire de l’humanité, à un moment donné, un certain nombre de gens se sont spécialisés pour devenir des artisans, des forgerons, des pâtissiers, etc. Puis, on a créé des usines, c’est-à-dire des espaces qui sont capables d’avoir cette spécialisation qu’avaient les artisans, mais de pouvoir sortir le même objet à des centaines de milliers d’exemplaires. Et je pense qu’une troisième révolution est en train d’arriver, qui concerne l’impression 3D, c’est-à-dire des usines qui sont capables de sortir un objet différent pour chacun.

LCT : Stéphane Treppoz, quelle est selon vous l’innovation à suivre en ce moment ?

Stéphane Treppoz : En ce moment, la vraie révolution, mais ce que je vais vous dire, vous le lisez partout, il y a d’un côté le mobile et de l’autre côté tout ce qui est réseaux sociaux. Nous, on le voit à Comanche-Sarenza, aujourd’hui, on a plus de 10 % du trafic qui vient sur le site qui vient par des applications mobile, que ce soit de l’iPhone, que ce soit du Blackberry, que ce soit de l’iPad, qui est vraiment en train de cartonner. On le voit assez peu, mais c’est ça, en fait, aujourd’hui, qui pousse beaucoup. Les réseaux sociaux, ça vous permet d’échanger avec les gens, avec des clients et des prospects, etc., et vous améliorer. Et nous, on est là-dessus tous les jours.

Henri Seydoux : Il y aura des capteurs partout. Vous aurez, dans le futur, des capteurs sur vous pour monitorer votre santé, il y aura des capteurs dans les bâtiments pour les rendre plus écologiques, il y aura des capteurs dans les jouets pour les rendre plus amusants. Les capteurs vont arriver partout. Pourquoi ? Parce que c’est la seule manière de moderniser les objets, en particulier pour l’écologie. Et il y a aujourd’hui des capteurs de pression, des accéléromètres, des gyroscopes, des capteurs extraordinaires qui, avant, coûtaient extrêmement cher et qui, aujourd’hui, coûtent quelques euros. Et avec ces capteurs, avec du traitement de signal, on peut faire des produits qui n’existent pas encore aujourd’hui sur le marché. 

Marc Simoncini : On reçoit 30 à 40 dossiers par jour, essentiellement des produits innovants dans l’Internet, mais depuis maintenant un an, on reçoit des dossiers innovants en dehors de l’Internet. Et on s’est dit : après tout, pourquoi est-ce qu’on ne financerait que de l’Internet ? L’innovation, c’est l’innovation, on n’est pas obligé de rester sur des sujets qu’on connaît très bien. Et c’est une bonne manière de s’aérer l’esprit aussi que de voir autre chose. Donc, avant l’été, on a signé notre premier deal dans l’innovation industrielle, puisqu’on a financé le seul fabricant français de dameuses de pistes, qui se bat contre deux géants qui sont autrichien et italien. Il y a bien un petit Français qui a dit : « Merde, les Français, c’est 150 machines neuves par an, on n’est pas fichu de fabriquer des dameuses en France. » Donc, il a dit : « Moi, je fais mes dameuses. » Et je lui ai dit : « Tu as raison, le duopole, ça suffit, on va essayer de créer un petit acteur français. Et puis on va essayer de convaincre les pouvoirs publics qui sont actionnaires des plus gros clients de dameuses françaises d’acheter des dameuses françaises. » Donc, une dameuse, elle ne dame pas, elle remonte la neige, et moins il y a de neige, plus il y a besoin de dameuses. Et comme le réchauffement climatique fait qu’il y a de moins en moins de neige, il y a forcément de plus en plus de dameuses. C’était donc le moment de créer un acteur français dans cet univers.

LCT : Alors, Catherine, l’innovation en France, c’est quoi selon vous, notamment en matière de e-commerce ?

Catherine Barba : L’innovation en matière d’e-commerce en France, il y en a plein, ça bouillonne, mais il y en a surtout une que je retiendrai, c’est ce qu’on appelle la digitalisation des parcours clients : comment, dans un point de vente, concrètement, je rentre en magasin, comment j’ai plus de services grâce à Internet. Il y a des exemples de sites, enfin de magasins de vêtements sur lesquels, sur les cintres, il y a écrit le nombre de followers ou de fans pour dire : « Voilà, ce vêtement est très aimé. » Ça, c’est sympa. Ou je rentre dans un magasin où il y a tout un tas de yaourts et on voit, il y a un « like » : « Ah, ça c’est la marque de yaourt préférée des internautes », ça me renvoie vers le Web.

LCT : Donc, dans votre magasin de vêtements, ce sont des cintres connectés, en fait, c’est ça ?

Catherine Barba : Exactement. Quelle avance ! Quelle civilisation ! Et ensuite, il peut y avoir quelque chose qui est très utile en ligne, ce sont les reviews, les avis consommateurs. On en trouve beaucoup, et puis c’est courant de les utiliser.

LCT : Même s’il faut s’en méfier, on le sait aujourd’hui.

Catherine Barba : Absolument, mais on est des consommateurs responsables, on sait trier le bon grain de l’ivraie. En magasin, c’est la même chose, c’est : je vais pouvoir accéder à toutes ces reviews qui sont en ligne, eh bien il peut y avoir un petit écran au-dessus du produit, plutôt des produits techniques, et puis qui me font défiler les avis.

Clément Moreau : Moi, je suis impressionné, vraiment, par le business des objets personnalisés. C’est absolument incroyable. Et même si on ne parle pas d’impression 3D, c’est absolument incroyable de voir le business que ça représente.

LCT : Oui, les coques de téléphone...

Clément Moreau : Oui, les coques de téléphone, les t-shirts, les chaussures, ces choses-là. Et si vous regardez par exemple ce qu’a fait Nike, avec Nike ID, ils ne publient même plus leurs chiffres tellement ils font de l’argent avec, ils ont publié leurs chiffres la première année, quand ils l’ont lancé, ils ont fait à peu près 100 millions de dollars en vendant des baskets qu’ils appellent personnalisées.

LCT : Oui, c’est-à-dire qu’on va sur le site et on fabrique sa paire de chaussures.

Clément Moreau : Donc ça, c’est absolument extraordinaire. Ça marche terriblement. Et si vous regardez, ça existe dans tous les domaines, vous pouvez faire des M&M’s personnalisés avec vos initiales pour votre mariage, vous pouvez faire des tas de choses comme ça. Et ça, c’est une vraie innovation. Alors les vraies innovations qu’il y a derrière, il y a beaucoup d’Internet là-dedans, on n’aurait pas pu faire ça sans Internet, on n’aurait pas pu faire ça sans les fabrications numériques, on n’aurait pas pu faire ça sans un tas d’innovations qui sont cachées derrière tout ça. Ça, vraiment, je trouve que c’est un sujet passionnant.

Rafi Haladjian : On parle beaucoup de l’Internet des objets, je pense qu’on est passé à l’Internet d’après l’Internet des objets, c’est-à-dire où l’objet disparaît et où votre interaction se fait avec votre brosse à dents ordinaire, votre oreiller, avec votre lit, votre porte, avec vos amis. Et au milieu, il n’y a pas un objet que vous êtes obligé de trimballer et à travers lequel les choses se passent. Donc, c’est libérer les gens des objets et connecter directement la vie des gens et la rendre intelligible, intelligente, sensible. Par exemple, avec l’oreiller, vous pouvez faire des tas de choses, vous pouvez faire des batailles de polochons qui sont comme des espèces de jeux vidéo. Il y a quelque part quelque chose qui compte les points que vous faites, il y a de la diffusion de bruits qui font « pfiou », comme ça, quand vous lancez une bataille de polochons.

LCT : Et « paf ! » quand il atteint la tête de Jérôme par exemple.

Rafi Haladjian : Par exemple.

Jean-Manuel Rozain : Il y a une évolution qui est absolument inévitable et qui est la suivante, un petit peu par analogie, comme lorsqu’on est avec le temps de plus en plus conscient que lorsqu’on mange quelque chose, c’est important de savoir ce que ce quelque chose a lui-même mangé pour contrôler un peu la chaîne totale de ce qu’on absorbe ; eh bien, de la même façon, on a laissé notre identité digitale à vau-l’eau, si je puis dire, on a mis des traces un peu partout depuis quinze ans, et puis, peu à peu, les gens se rendent compte que cette identité digitale, c’est extrêmement important, qu’elle doit être protégée et qu’ils doivent en reprendre le contrôle. De ce point de vue-là, Qwant est un outil, à mon sens, de cette prise de conscience, car il y a tout un tas d’endroits sur Qwant, notamment la fonction People, où vous pouvez voir tout ce que vous avez dit vous-mêmes sur Internet, où c’est, et éventuellement, si ça vous déplaît, vous pouvez aller l’effacer. 

LCT : Alors comment va-t-on l’effacer ? Parce que c’est facile à dire, ce n’est pas toujours facile à faire.

Jean-Manuel Rozain : C’est très compliqué à faire, on espère pouvoir donner cette fonctionnalité dans le futur, elle n’est pas là pour l’instant. Déjà, savoir où c’est, savoir qu’on l’a dit, savoir que c’est là, c’est une des briques de Qwant. Et je pense que c’est un des points essentiels de la prise de conscience, on va dire actuelle, qui est en train d’émerger partout en même temps dans le monde.

LCT : Bruno Bonnell, vous baignez dans l’innovation depuis toujours, depuis que vous avez créé votre premier petit robot, vous nous l’expliquiez tout à l’heure. Quelles sont, à votre avis, les innovations qui vont émerger, dans votre domaine ou pas, dans les années qui viennent ?

Bruno Bonnell : Il y en a deux, trois. La première, c’est tout ce qui tourne autour de la manipulation de cellules végétales pour faire des ordinateurs, c’est-à-dire tout ce qui est bio-computing au sens global du terme, c’est-à-dire comment on peut gérer... Vous savez qu’il y a un million d’échanges d’informations chimiques par secondes dans chaque cellule de notre corps. Si on arrivait à garder et à conserver, et à canaliser une partie de cette énergie, ça serait pas mal.

LCT : C’est-à-dire des bio-ordinateurs ?

Bruno Bonnell : Voilà. Et moi, l’idée d’arroser mon ordinateur tous les matins, ça me fait plaisir.

LCT : Et le robot qui pourrait nous ressembler, il vous fait rêver ou pas ?

Bruno Bonnell : Pas du tout. Moi, je fais vraiment partie de la catégorie des gens qui ne croient pas aux androïdes, donc je suis assez radical là-dessus. Je pense qu’il y a plusieurs raisons qui m’y amènent : d’abord, technologiquement, c’est un challenge absolument fou. C’est comme quand les gens ont imaginé de faire des avions. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Vous avez, à Paris, au musée des arts et métiers, l’Éole de Clément Ader, qui croyait qu’il fallait qu’on batte des ailes pour décoller. Donc, on a essayé d’imiter les oiseaux, on a vu que ça n’a pas marché. Et là, on a eu la technologie, notamment l’énergie, les moteurs, qui ont permis d’avoir suffisamment de vitesse pour que l’aile puisse créer des turbulences et soulever effectivement les avions. Là, c’est pareil. Pourquoi est-ce qu’on s’obsède à essayer d’imiter l’homme alors que c’est quelque chose de très compliqué, alors que les boîtes de conserve intelligentes type R2D2 rempliront largement ces fonctions ? Parce que, si j’avais été le Créateur, pour optimiser l’homme, je ne nous aurais pas fait comme on est fait aujourd’hui, je nous aurais mis un œil microscopique et un œil longue vue, je nous aurais mis un bras micro et un bras extrêmement fort, je nous aurais probablement mis sur roulettes ou sur gyroscope parce qu’il ne faut pas déconner, ce serait plus pratique que les deux jambes.

LCT : Avec un micro incrusté.

Bruno Bonnell : Voilà, tout ça pour dire que l’homme, il est parfait en tant qu’homme, il n’est certainement pas parfait en tant que machine optimisée. 

LCT : Est-ce qu’il y a une innovation, pas forcément dans votre secteur, qui vous fait rêver aujourd’hui ?

Tristan Nitot : Je trouve que le téléphone mobile, c’est fabuleux, mais on n’y est pas encore, on n’a pas encore trouvé le bon truc.

LCT :  Mais là, vous prêchez pour votre paroisse parce que vous venez de dire que Firefox OS va être la réponse à tous vos problèmes.

Tristan Nitot : Peut-être, mais en l’occurrence, je ne pense pas que ça va venir de Mozilla. Je pense que l’innovation, elle est possible parce qu’on va la rendre possible pour des millions de gens. C’est ça que le Web a changé, en fait. Le Web, il est merveilleux parce qu’il a permis à des tas de gens de monter des startups, de créer des sites, comme ça, où chacun, grâce à la neutralité d’Internet dit : voilà, j’ai une idée, je l’implémente, je ne paie des royalties à personne, je peux commencer à écrire du HTML tout de suite, sans payer des droits, sans télécharger d’outils, de SDK, d’abonnements, de machin. Non, j’ai une idée, je l’implémente, j’apprends de ce que je vois autour de moi, et j’invente des nouveaux trucs, et des choses qui sont fabuleuses. Google est fabuleux, Facebook, dans son genre, est fabuleux, Twitter, j’en suis totalement fan. Donc, il y a possibilité, grâce au Web, d’innover de façon décentralisée.

LCT : Et voilà, donc, pour ce best-of, tous ces invités qui nous ont fait la joie et l’honneur de nous rendre visite, ici à L’appart.

- Eh oui, les stars de la high-tech française sont passées par L’Appart. Cette saison est terminée. On aura l’occasion bien sûr de se retrouver avec encore, bien sûr, des entretiens privilégiés avec ces entrepreneurs qui font l’innovation en France, Jérôme.

- Les portes de la chaîne Techno leur sont bien évidemment grandes ouvertes.

- A très vite.

- Salut à tous.

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