SFR, partenaire des Rencontres d’Arles pour la 10e année consécutive

rencontres d'arles 2014
Le 07 / 07 / 14 | Posté par Valerie Jaquet
SFR, partenaire des Rencontres d’Arles pour la 10e année consécutive

SFR s’associe à nouveau au festival international de la photographie à travers une exposition de lauréats issus du concours « SFR Jeunes Talents - Rencontres d’Arles 2014 » et la mise à disposition d’une application mobile dédiée.

Les œuvres des 4 lauréats « SFR Jeunes Talents - Rencontres d’Arles 2014 » exposées jusqu’au 31 août

SFR propose au public amateur et professionnel de la photographie de découvrir les œuvres des lauréats de la 10e édition  du concours SFR Jeunes Talents - Rencontres d’Arles. SFR offre ainsi une vitrine inédite aux lauréats en leur permettant d’exposer leurs œuvres à l’occasion de ce rendez-vous incontournable de l’image.

Un jury d’experts, présidé par François Hebel, Directeur des Rencontres d’Arles, et composé d’Agnès Sire, directrice de la Fondation Henri Cartier-Bresson, Jean-Michel Fauquet, photographe et Gilou le Gruiec, responsable collectionneurs au sein de la Galerie VU ont sélectionné : Delphine Schacher, Serena de Sanctis, Maud Bernos et Camille Szklorz.

Delphine Schacher

Née en 1981, vit et travaille entre Genève et Montreux (Suisse).

Elle a ouvert avec précaution la porte de la grande maison dans la campagne et elle s’est laissée happer par la lumière, installée là depuis toujours, filtrée par les baies qui ouvrent sur les arbres, la campagne, le bois empilé, le cheval nimbé de soleil. Dans une armoire sentant bon le bois blond et la cire elle a trouvé des robes aux teintes douces, une fourrure rousse et soyeuse et elle est devenue une autre, ou peut-être elle-même. Enfant énigmatique encore et jeune fille déjà, elle a joué un rôle avec ses animaux familiers et s’est laissée porter par un rêve. Un rêve d’elle-même construit d’éléments hors du temps et pourtant ben réels. Tout est apaisé et en même temps mystérieux dans une série de visions cadrées à juste distance, sans aucune volonté démonstrative, juste comme si le rectangle recueillait du temps cristallisé sur un souffle de temps.
Cette légèreté d’un monde qui n’incite qu’à la contemplation, à la perception lente, à l’immersion dans un temps indatable est permise par une palette rare, raffinée, sans effets, contenue et magique, celle qui se construit de l’attention extrême aux infimes variations de la lumière.
Plus silencieuses que jamais ces images irréelles, en suspension, sont débarrassées de toute nostalgie, de toute angoisse, elles semblent venir du passé mais existent bel et bien maintenant, aujourd’hui, pour nous qui regardons comme pour ces enfants qui n’en sont presque plus et qui en font l’expérience, qui en protègent l’expérience et la faisant durer.
Entre fiction et souvenir, entre expérience et permanence du sentiment, nous pénétrons - pour peu que nous acceptions de le faire sur la pointe des pieds - dans une mémoire du monde qui n’est ni une reconstitution des univers enfantins ni une modalité de l’illustration. Plutôt une énigme photographique, pure, comme une petite musique de jour, moderato, qui fabrique de l’espace, qui l’ouvre, et qui s’émerveille de voir le lacis harmonieux des branchages filtrant, autant qu’ils les recueillent, les vibrations d’un rayon de soleil matinal.
Christian Caujolle, commissaire d’exposition

Serena de Sanctis

Née en 1982, vit et travaille en Inde.    

A quoi pourrait bien ressembler la couleur du temps ? La question traverse cette documentation intime d’une relation en images entre une fille et son père, entre hier et maintenant, quand la photographie nous dit, comme toujours mais avec une volonté plus marquée que jamais, que ce que nous voyons n’existe plus, n’existera plus jamais, que nous ne pourrons plus jamais en faire l’expérience. Qu’il ne nous en reste, en fait, que le souvenir, et que l’une des modalités de ce souvenir sont des photographies.
Deux types de photographies, en fait. Celles que la photographe a reproduites, sauvées - ou exhumées - de l’album de famille, de la documentation strictement personnelle, bribes de papier illustrant une vie et qui n’étaient destinées, jusqu’à maintenant, qu’à des échanges entre proches.  Ces illustrations du temps qui s’est enfui s’accordent à la construction d’un « portrait » volontaire, à un face à face entre fille et père, bien des années plus tard, à la chronique d’une relation assumée qui, même si elle n’est plus aujourd’hui, a structuré aussi une identité.
C’est dans le rapprochement des teintes, dans le traitement chromatique des photographies récentes de la chronique familiale que se joue la construction du portrait. En insufflant une forme de « vieillissement » de la couleur dans les clichés les plus récents et en les associant visuellement aux images anciennes, la photographe opère un renversement du temps : elle actualise les souvenirs et renvoie le présent à un passé déjà inéluctable.
La tonalité sombre de l’ensemble, à la fois harmonieuse et tendue, traversée d’évidences et portée par des retours intenses d’émotions se double du silence qui a présidé à sa constitution. Aucun bruit ne viendra  déranger cette mise en forme de vies qui s’articulent, aucune démonstration ne viendra troubler la tentative de conserver dans des capsules de temps ce qui est en train de se dissoudre, de se dérober.
La photographie, qui ne nous apporte aucune « vérité », est capable, bien mieux que d’autres modes d’expression, de nous faire percevoir non pas le « réel » mais les enjeux que nous lui accordons.
Comme, ici, cette affirmation pudique et intense d’une relation unique, par-delà le temps qui prend les couleurs du plomb vieilli.
Christian Caujolle, commissaire d’exposition

Maud Bernos

Née en 1975, vit et travaille à Paris.                       

Tous les marins ont les yeux bleus. Ils ont beau avoir les iris noires, vertes, gris d’orage ou caramel doré, ils ont les yeux bleus, c’est une loi de la nature, une loi du genre humain - du genre marin.
On se dit que leurs yeux ont pris la couleur de ce qu’ils traversent, de ce qu’ils sondent paupière plissée ou de ce qu’ils scrutent les globes basculés hors des orbites : le ciel et la mer, le ciel en haute mer, la mer sous le ciel, le ciel dans la mer. On suppose que leurs yeux se sont oxydés peu à peu au cyan, au cobalt, sont devenus vitraux, filtrant la peur derrière le cristallin, ciblant le plaisir jusque dans la pupille, et l’on se souvient qu’il y a huit mille ans, une mutation du gène OCA2, porté par le chromosome 15, a créé la couleur bleue des yeux - sans doute exprès pour eux. 
Tous les marins ont les yeux bleus. Ce bleu est autre chose qu’une couleur : un espace et un temps, la matière du vertige, la texture d’un songe, le vent dans la bouche, l’horizon en coupole, la vitesse qui grise et la solitude qui cogne pour quelques semaines, la mémoire d’une trajectoire. L’outremer et l’azur dans un même regard.
Maylis de Kerangal, écrivain

Camille SZKLORZ

Née en 1985, vit et travaille à Paris.       

Le désert, évidemment, n’est pas une étendue vide. Au contraire, et sans même parler de la tradition des hommes qui le parcourent depuis des siècles, le désert regorge de preuves de présence humaine. Il est balisé de signes. Pas seulement des traces du passage de caravanes ou de véhicules que le vent effacera pour redonner leur élégance apparemment intouchée aux dunes mais de repères, installés là par l’homme et indiquant, sans le représenter, un point d’activité ou de fixation. Des vigies énigmatiques.
C’est sur cette signalétique souvent constituée de déchets associés à des pierres que la photographe s’est penchée et attachée. Elle a inventorié d’énigmatiques totems qui nous évoquent la sculpture contemporaine, les « techniques mixtes » et les assemblages renvoyant au ready made et aux nouveaux réalistes et elle nous les présente comme un résumé de son parcours. Comme un éloge, aussi, de sa façon de voyager, qu’elle qualifie joliment de « vagabondage ».
« Lorsque l’on prend le temps, on apprivoise l’environnement, on regarde autour de soi, on accumule les indices pour finalement réaliser que ces grands espaces sont habités. », écrit-elle pour placer au cœur de son propos cette dimension éminemment photographique de son parcours, la temporalité.
Foin du voyage organisé, du parcours minuté de monument en monument - et de cliché photographique en carte postale -, elle prend son temps, à vélo, gourmande d’espace, de liberté, de respiration et elle s’amuse à conserver trace de ces bornes bricolées qui attirent son œil et lui indiquent que, sans doute, près de là, il y a quelque chose à voir et quelqu’un, quelques autres, à rencontrer.
Sans  formalisme, comme l’on ramasse les petits cailloux qui vous guident vers une surprise, elle remplit sa besace de voyageuse heureuse et curieuse, choisit son rythme, fait une pause, dialogue avec ces étranges sculptures utilitaires et poétiques.
Il s’agit là de l’une des plus jolies propositions de voyage, hors du temps, finalement : à tous les sens du terme, un jeu de piste.
Christian Caujolle, commissaire d’exposition

Ces artistes seront exposés à la Salle Henri Comte à Arles du 7 juillet au 31 août. Elles seront invitées à la semaine d’ouverture, bénéficieront d’une projection de leurs photos lors de la soirée "Nuit de l'Année", d’une participation aux lectures de portfolios et de rencontres privilégiées avec des professionnels.

Une application mobile « Rencontres d’Arles » pour accompagner le public

Cette année encore, SFR met à disposition une application mobile dédiée aux Rencontres d’Arles, permettant aux visiteurs de profiter de nombreux services d’informations, de géolocalisation et de billetterie. Cette application mobile permet aux visiteurs de profiter de nombreux services tels que les informations sur les expositions, les fiches des artistes, l’agenda, les plans, les informations pratiques et un accès à la billetterie.
Cette application est téléchargeable gratuitement sur les smartphones et tablettes sous iOS et Android.  


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L’exposition SFR Jeunes Talents aura lieu au sein du Parcours des Rencontres d’Arles du 7 juillet au 31 août 2014 à la Salle Henri Comte, rue de l’hôtel de Ville.

La semaine d’ouverture aura lieu du 7 au 13 juillet 2014.

Retrouvez toute l’actualité des artistes et les informations sur les différents concours organisés par SFR Jeunes Talents sur le site www.sfrjeunestalents.fr.

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À propos de SFR Jeunes Talents - www.sfrjeunestalents.fr 

Depuis 2006, SFR propose un programme pluridisciplinaire d’accompagnement à trois communautés : musiciens, photographes et entrepreneurs. Le programme SFR Jeunes Talents constitue un tremplin pour chacun d’entre eux. Il vise à faire valoir une idée, un projet, une vocation pour les aider à franchir les étapes clés de leur parcours. SFR conseille les Jeunes Talents, leur permet d’accéder à un réseau de professionnels et d’experts dans chaque domaine. Il leur donne également accès aux plus grandes scènes et expositions. 

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