La ville à l'heure de la NFC

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Le 20 / 11 / 12 | Posté par Claire Hy
La ville à l'heure de la NFC


Comment la ville de Nice et SFR ont-ils été pionniers dans le déploiement des technologies NFC ?

Table ronde avec ANTOINE VERAN, Conseiller métropolitain de Nice Côte d’Azur, Président de la commission des nouvelles technologies, Pierre-Emmanuel STRUYVEN, Directeur Innovation et nouveaux marchés SFR.

 

Transcript de la vidéo

 - Bonjour. NFC, vous connaissez ? Near field communication. On appelle ça aussi les technologies sans contact. Votre téléphone permet d’échanger ou de collecter des informations, et même de réaliser des paiements. Les premières expérimentations en France remontent à 2010. Vous allez voir, c’est passionnant. Tout a commencé à Nice chez vous Antoine Veran, vous êtes conseiller métropolitain de Nice Côte d’Azur, président de la commission des nouvelles technologies. Racontez-nous comment tout cela a commencé. Comment passe-t-on un beau matin à réveiller en se disant : Allez, je vais me mettre aux NFC ?

Antoine Veran : D’abord, ce n’est pas tout à fait un beau matin, mais c’est la volonté du président Christian Estrosi, qui voulait positionner Nice sur les nouvelles technologies, smart city, ville communicante, et sur toutes les technologies vertes permettant à l’origine le développement durable, les économies de CO2. A ce moment-là, les opérateurs cherchaient une terre d’accueil pour pouvoir tester les produits. Quand je dis les opérateurs, les opérateurs ont été les promoteurs puis les concepteurs de terminaux, et bien entendu le monde bancaire, qui à ce moment-là était très disparate dans la « monétique » et cherchait aussi une terre d’expérimentation. Et Nice s’est proposée pour réaliser…

- Concrètement, comment ça marche ?

Antoine Veran :  Tout d’abord, c’est le terminal qui a une puce qui permet de faire ce qu’on appelle le paiement sans contact, restons français, et qui, en approchant d’une borne votre téléphone et en fonction d’une somme qui a été téléchargée, vous permet d’effectuer les paiements.

Alors la particularité de Nice, ce n’était pas dans un test, mais c’était dans une mise en service du paiement avec Véolia dans le domaine du transport, dans le domaine de la culture avec le Musée d’art moderne, et avec la Ville dans le domaine des monuments historiques et du parcours en ville sur ces terminaux en NFC, couplé à la lecture de tags. Ce qui a permis de faire une expérimentation assez importante des contraintes qui apparaissaient, ou ce groupement qui s’était constitué, qui aujourd’hui est terminé puisque l’expérimentation est sortie, que nous sommes dans une procédure complètement commerciale, ouverte, où chacun joue son rôle : opérateurs, fournisseurs de services, et les banques.

- Pierre-Emmanuel Struyven, vous êtes directeur innovation et nouveaux marchés chez SFR. SFR a d’emblée été partenaire de Nice. Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette aventure à l’époque ?

Pierre-Emmanuel Struyven : L’aventure avait déjà commencé quelques années avant, puisque les opérateurs français sont à l’origine d’une bonne partie de la normalisation de ces technologies, qui sont aujourd’hui normalisées au niveau international et mondial, mais la France et la filière a joué un grand rôle dans la normalisation de ces technologies. Nous étions déjà présents dans cette phase vraiment technologique. Et donc on avait besoin d’un terrain d’expérimentation, c’est-à-dire de voir qu’est-ce que ça peut bien donner dans la vraie vie. Et donc de passer des pilotes, des démonstrations sur des salons à une expérimentation en vraie grandeur qui nous a permis de voir comment les usages se développaient dans une première phase, et de voir aussi tout un tas de problèmes qu’on ne découvre que sur le terrain concret : comment est-ce qu’on équipe le client, quels sont les problèmes qu’il a, quand il a un problème, est-ce qu’il appelle l’opérateur de transport, la mairie, son opérateur de télécommunications ? Voilà tous les enjeux concrets et pratiques qu’on a pu expérimenter grâce à NFC à Nice.

- Antoine Veran, au début 3 000 niçois et habitants des 24 communes environnantes ont été équipés de mobiles NFC. Comment tout cela a été accueilli, est-ce que le public était « mature » pour cette technologie ?

Antoine Veran : Certainement pas. Nous avons voulu un panel très élargi, et ne pas seulement mettre à disposition des accros de nouvelles technos ces terminaux. Par contre, notre grande surprise a été que dans le domaine de l’art, dans le domaine de la visite des musées, ça simplifiait les audiophones et autres, et puis surtout dans le titre de paiement des transports.  Ensuite, c’est venu, est je rejoins parfaitement les propos de Monsieur le directeur, c’est l’usage qui est important. Ce qui manque aujourd’hui, c’est un forum des usages. Après, d’autres problématiques bien sûr sont venues, mais les gens qui ont été équipés ont commencé à s’en servir. D’ailleurs on voit bien, parce que c’est à partir de Nice, certes le NFC, mais si vous remarquez fin 2010, vous avez vu apparaître les tags sur toutes les publicités, sur toutes les cartes de visite, sur toute la presse. Vous n’avez pas aujourd’hui un support qui ne met pas à côté le tag pour pouvoir le lire. Donc NFC a été le porteur de quelque chose qui est un peu son concurrent. L’étape qui arrive aujourd’hui, et malheureusement par exemple l’iPhone 5 n’est pas équipé, c’est un petit peu dommage que NFC n’ait pas pu aller jusque-là, parce que c’est bien les producteurs de terminaux qui vont aider à porter les opérateurs qui ont joué le jeu. SFR a joué à nos côtés à Nice immédiatement le jeu pour regarder quel était l’usage que l’on devait développer. Et aujourd’hui, quel est le problème qui reste encore pour ces accros de technologie : d’avoir plus de bornes, plus de facilité à utiliser, et puis bien sûr, le nerf de la guerre comme d’habitude, c’est un coût, c’est-à-dire quelle est la commission de la banque, quelle est la commission de l’opérateur pour effectuer le service ? Donc aujourd’hui nous sommes dans cette problématique. La problématique de la technologie et de s’approprier le service, notamment auprès des populations jeunes, et d’ailleurs moins jeunes, est aujourd’hui quelque chose d’acquis.

- Justement, Pierre-Emmanuel Struyven, à Nice, tout n’a pas été formidablement concluant au début, et c’est normal quand on a une démarche de pionnier. Quelles sont les conditions de réussite ?

Pierre-Emmanuel Struyven : Les conditions de réussite, elles sont multiples. Le NFC, c’est vraiment plusieurs planètes à aligner pour pouvoir aller au marché grand public et donc au développement massif des usages. Donc il nous faut un grand nombre de terminaux compatibles. Quand a démarré Nice, on avait un terminal, et pas de la toute dernière génération, je dirais de l’avant-dernière génération. Donc aujourd’hui, dans les gammes des constructeurs, il y a un grand nombre de terminaux maintenant qui sont compatibles NFC sans contact mobiles. Et également, on estime pour la fin de l’année, entre opérateurs, qu’on devrait atteindre 2 millions de téléphones sans contact dans les mains des clients.

- Donc il y aura un écosystème viable ?

Pierre-Emmanuel Struyven : Alors, première condition. Ensuite, deuxième condition, il faut des cartes SIM particulières, parce qu’il y a un élément de sécurité dans le NFC qui est logé dans la carte SIM. Et troisième élément, il faut des réseaux d’acceptation, on appelle ça comme ça en général, c’est-à-dire qu’il faut que les terminaux, dans les points de vente pour le paiement, soient compatibles NFC, il faut que les lignes de contrôle dans les transports soient compatibles NFC. Donc c’est tout ça qu’il faut aligner. Donc je dirais, les terminaux, c’est bon, les cartes SIM, nous les massifions pour tous nos clients dès le début de l’année prochaine. Et les discussions et les contrats avec les fournisseurs de services sont en plein déploiement, que ce soit sur les banques ou les organismes de transport, qui sont quand même les deux gros services qui vont driver l’usage. Donc, je dirais, on est au début de la courbe d’accélération, et comme le soulignait Monsieur Veran, une fois qu’un client est équipé et qu’il a l’occasion de s’en servir, en fait c’est assez naturel, et ça rejoint bien la vision que nous avons en tant qu’opérateur, et qui est la raison pour laquelle on s’est intéressé à ça initialement, qui est que de plus en plus de choses sont dans le téléphone, et que le téléphone, c’est un peu votre portefeuille de demain. Donc vous y aviez déjà votre agenda, tous vos contacts, un certain nombre de cartes de fidélité peut-être aussi. Vous aurez bientôt également vos cartes de paiement et vos cartes de transport.

- Alors, ce qui est intéressant, c’est que l’expérience de Nice a servi au niveau national, puisqu’un appel à projets a été lancé. 15 villes ont été retenues pour des NFC, pour un investissement global de 66 millions d’euros. Alors Messieurs Struyven et Veran, je suppose que vous avez quand même une fierté d’avoir participé à ce mouvement national. Est-ce qu’on se dit : allez, on va aller plus loin, on a d’autres projets ? Monsieur Veran.

Antoine Veran : Non seulement nous avons la fierté à Nice, et avec les opérateurs qui ont participé à nos côtés, d’être leader national et d’avoir participé. D’ailleurs nous sommes retenus dans les villes qui ont été nominées. Mais surtout à l’international, nous avons reçu y compris des Coréens, qui pourtant sont assez leaders, qui sont venus nous rendre visite pour voir le marché du NFC, puisque ce n’était plus une expérimentation. Vous savez, on a un précédent français qui n’a pas eu le grand succès international, mais qui a eu lieu en France, qui est Minitel. Le NFC, c’est le concept de Minitel. Il faut des services, des usages, il faut des opérateurs, il faut de l’intermédiation et il faut un banquier, et après on répartit un coût de commission qui convient. Sachant que le NFC va devenir le porte-monnaie, et surtout pour les petits paiements, ce qui n’est pas forcément avec les grandes cartes. SFR a un accord avec MasterCard qui doit se compléter, mais NFC c’est pour payer le café, un ticket de transport, une entrée au musée, une place de cinéma, une réservation, associé aux services qui sont montés aujourd’hui dans les terminaux, ça veut dire qu’on réserve sa place et qu’on la paye sans avoir à rentrer la carte bancaire ou autre chose. Donc c’est cette dynamique-là, et moi je préconise aujourd’hui, il faut qu’on passe, plutôt qu’au NFC, au forum des usages. C’est-à-dire : quel est l’usage de cette technologie, qui aujourd’hui est mature ?

- Très bien, ça c’est l’avis de la ville de Nice. La même question pour vous Monsieur Struyven : qu’est-ce que SFR nous prépare dans ce domaine-là, dans le domaine des NFC ou des nouvelles technologies ?

Pierre-Emmanuel Struyven : SFR a déjà fait une grosse partie du boulot. Donc maintenant nous sommes en train de faire avec les grands prestataires de services, de mettre en place la mécanique qui permet d’envoyer les identifiants bancaires dans le téléphone du client de manière extrêmement sécurisée. Il y a tout un socle à mettre en place. Ensuite, c’est un système ouvert, c’est-à-dire que exactement comme vous citiez un fournisseur de terminaux dont le nom commence par A, le succès qu’ils ont eu, c’est qu’ils ont une plate-forme technologie et que des centaines, des milliers de développeurs ont développé des applications. Aujourd’hui, on voit bien, et c’est le cas déjà depuis une bonne année voire deux ans, il y a les développeurs d’applications, les prestataires de services, de très petites boîtes qui ont des idées extrêmement ingénieuses, sont en train de venir au sans contact. Et c’est eux qui vont inventer les usages de demain, soit en portant vers le sans contact mobile des applications existantes, ou en inventant des choses totalement nouvelles, qui vont venir compléter les trois pieds principaux du sans contact aujourd’hui, qui sont les services de la ville, les services municipaux ; le paiement ; et le transport.

- Très bien, merci beaucoup Messieurs, merci d’avoir été des pionniers à Nice. Et continuez à nous inventer la ville de demain. A bientôt.

- Merci.

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