[Tendance] Philanthropie.biz

Le 26 / 04 / 12 | Posté par Cécile Chapron
[Tendance] Philanthropie.biz

Les grandes entreprises du numérique sont en passe de devenir les nouveaux leaders de la philanthropie. Dynamiques et puissantes, elles ne se contentent pas du don classique et mettent leur esprit entrepreneurial au service des causes qu’elles soutiennent. Une approche innovante qui donne un nouveau visage à la philanthropie !

En quelques années, la Silicon Valley serait-elle devenue l’épicentre de la philanthropie ? Les surdoués du clavier qui l’ont bâtie avaient pour ambition de changer le monde. Et pour cela, ces philanthropes du XXIe siècle ne se contentent pas de signer de simples chèques. En bons entrepreneurs, ils s’impliquent, cherchent à " rentabiliser" leurs dons, à évaluer leur impact, à les rendre durables… Bref, à innover.

Ces entreprises profitent par exemple de leur puissance pour aider les associations caritatives. « Imaginez l’audience que vous touchez si Google vous met en homepage pendant 24 heures ! », s’enthousiasme Bruno Humbert, fondateur d’Equitel, qui accompagne de grandes sociétés dans leurs actions citoyennes. L’entreprise de Mountain View l’a bien compris, en donnant des espaces publicitaires gratuits aux ONG via le programme Google Grants. Les firmes high-tech disposent aussi d’une expertise précieuse, et certaines, comme Microsoft, offrent du temps de leurs salariés à des organisations caritatives. L’équivalent, en 2011, de 7,2 millions de dollars de dons. D’autres pensent que la générosité la plus efficace consiste à aider les jeunes entrepreneurs sociaux, potentiels créateurs d’emplois, de richesses, et de social good.

Le fondateur d’eBay, Jeff Skoll, a consacré sa fondation à cet objectif. « Notre mission est d’amorcer un changement à grande échelle en investissant dans les entreprises sociales, en les mettant en réseau et en célébrant leur action, pour les aider à résoudre les problèmes mondiaux les plus urgents », peut-on lire sur le site de la fondation. Plus de quatre-vingts entreprises responsables ont vu le jour grâce à elle.

« La philanthropie se connecte au marché, parce que le marché est une partie de la solution », explique Katherine Fulton, présidente du Monitor Institute, sur son site The Future of Philanthropy. Mais philanthropie ne rime pas forcément avec altruisme. Ces entreprises trouvent leur compte dans leurs actions philanthropiques, à l’exemple de Causes qui se rémunère au pourcentage des dons récoltés. En plus de se donner une bonne image auprès de leurs clients, elles « acquièrent de nouvelles compétences et connaissances », comme l’explique Virginie Seghers, spécialiste de la responsabilité sociale de l’entreprise, aux Cahiers Ernst & Young. Et surtout, elles consolident d’importants « réseaux d’influence et de pouvoir ». Une philanthropie donnant-donnant.



PHILANTHROPIE.BIZ. LE COUP DE COEUR DU PARRAIN

Pour choisir les projets et les idées les plus marquants de ce numéro spécial "Faisons du numérique une chance", SFR PLAYER s'est appuyé sur quatre témoins clés. Ismaël Le Mouël, cofondateur de la start-up Mailforgood, livre à SFR PLAYER son coup de coeur.






RHoK

Google, Yahoo! et d’autres sont à l’origine de Random Hacks of Kindness, des rassemblements de hackers visant à trouver des solutions aux grands problèmes d’aujourd’hui.

Qui a dit que les hackers étaient les ennemis jurés des grandes entreprises high-tech ? Certainement pas Google ni Microsoft, ni encore Yahoo! qui, avec la Nasa et la Banque mondiale, financent depuis 2009 les Random Hacks of Kindness (RHoK). Le principe : réunir, durant un week-end, des hackers de la planète entière pour résoudre, bénévolement, une série de problèmes sociétaux. Au programme de ces "hackathons", des thèmes aussi variés que l’alimentation, l’accès à l’eau, l’éducation, l’énergie, l’environnement… la liste est longue. Comment secourir plus efficacement les victimes d’une catastrophe ? Comment préserver la diversité des semences ? Comment cesser de gaspiller la nourriture ? Tels sont, entre autres, les défis relevés par ces développeurs.

Le hack étant l’art du bidouillage et de l’inventivité, des solutions technologiques aussi originales que variées émergent à chaque rencontre. On a vu naître une application coordonnant banques alimentaires et restaurants pour récupérer les surplus de nourriture. Ou encore un système de géolocalisation des victimes de catastrophes, une base de données mondiale sur les graines, des jeux vidéo éducatifs, de la réalité augmentée pour compter les oiseaux…Ces hackers sont en quelque sorte « des superhéros des temps modernes », comme l’affirme Google sur le site des RHoK. « Et pourtant, ils rentrent chez eux avec un simple T-shirt en guise de récompense. Il s’agit certes d’un beau T-shirt, mais peut-être que des masques et des capes auraient été plus appropriés. »




Ismaël Le Mouël
Entrepreneur social et fondateur de Mailforgood

« RHoK est un bel exemple de l’impact que peuvent avoir de gros acteurs lorsqu’ils travaillent de façon collective. »

 


> Retrouvez cet article dans le numéro 8 du magazine SFR PLAYER spécial Faisons du numérique une chance

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