[Players] Jacques Froissant « Ce n’est pas une question d’âge. »

Le 29 / 10 / 12 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[Players] Jacques Froissant « Ce n’est pas une question d’âge. »

Le directeur du cabinet de conseil et de recrutement Altaïde, spécialisé dans le numérique, accompagne des start-up digitales mais aussi des entreprises traditionnelles. Il nous explique comment se forme un « digital actif ».

Diriez-vous que l’intégration des outils numériques par les colla­borateurs d’une entreprise n’est qu’une question de génération ?

Dire que, par définition, les plus de 50 ans ne comprennent rien au numérique serait absurde. J’ai fait une mission de deux ans en tant que DRH et j’ai constaté que les blocages n’étaient pas forcément le fait des seniors. Il s’agissait d’une société de services en ingénierie informatique « à l’ancienne », qui souhaitait organiser une journée de rencontre clients-prospects. Pour cet événement, la directrice marketing de tout juste 30 ans voulait faire des plaquettes d’invitation. Lorsqu’on lui a dit : « Non, on va plutôt faire un minisite et du buzz sur LinkedIn, Twitter et autres réseaux sociaux », c’est elle qui a bloqué. Ce n’est donc pas une question d’âge.

Puisqu’il s’agit plus vraisembla­blement de « culture numérique », comment s’y prend-on pour la faire entrer dans une entreprise ?

Avec une entreprise traditionnelle, on commence par le top management. On leur explique que leur business peut être révolutionné par le digital. Et pour qu’ils ne soient pas dépassés, on leur apporte une culture générale de base en leur faisant créer des comptes Twitter ou autres. Leurs peurs vis-à-vis du numérique tiennent au fait qu’ils ne savent pas en parler. Mais pour dépasser ces peurs, il leur suffit de mettre les mains dans le cambouis et de manipuler les outils. Ce n’est pas si difficile, d’autant qu’ils ont tous, ou presque, un iPad à la maison.

Lorsqu’il y a conflit de générations à cause du numérique, comment se résout-il ?

S’il y a un choc entre une direction des systèmes d’information et les jeunes en entreprise parce que ceux-ci utilisent Firefox ou sont accros aux réseaux sociaux, interdire est absurde : les plus aguerris trouveront toujours le moyen de hacker, de passer à travers la barrière. Il faut simplement que chacun des deux camps s’adapte à d’autres rythmes.

> Retrouvez cet entretien dans le numéro 9 de SFR PLAYER « Travail connecté, mutation en cours ! »