[Players] "Etre en phase avec la culture Web", Benjamin Revcolevschi

Le 16 / 10 / 12 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[Players] "Etre en phase avec la culture Web", Benjamin Revcolevschi

Comment le numérique diffuse ses valeurs dans la façon de travailler et de manager ? Exemple choisi avec SFR. Rencontre avec Benjamin Revcolevschi, directeur Services & Cloud SFR Business Team.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la Chocolaterie ?

La Chocolaterie est le surnom donné à l’équipe de management de la direction Services & Cloud de la branche Entreprise de SFR et à l’aventure dans laquelle elle s’est lancée. C’est une nouvelle façon de travailler, en phase avec les valeurs de la culture web que sont le partage, l’ouverture, le collaboratif. C’est donc un espace où on fait plus que partager ou collaborer. Objectifs, projets, idées, crises, décisions : tout y devient l’affaire d’une équipe. À la chocolaterie, il y a au centre une grande table entourée d’espaces de travail, petites tables rondes, comptoirs, poufs… où nous sommes installés avec mon équipe de management. C’est là qu’étaient nos bureaux. Nous avons décidé d’abattre les cloisons et de nous réunir de façon permanente. La Chocolaterie, c’est une ouverture, au sens propre comme au sens figuré. Pas de porte, pas de rendez-vous, la disponibilité est la règle : les membres de nos équipes comme les personnes de SFR qui ont un sujet à travailler avec nous viennent à tout moment nous solliciter, trouver les bons interlocuteurs et donc toujours une réponse. En nous rapprochant, nous travaillons autrement. Nous sommes plus efficaces et capitalisons sur notre énergie collective ! Chaque besoin, idée, objectif, problème est immédiatement sur la table et comme tous ceux qui ont un élément de la réponse ou une pièce du puzzle, sont là, réponses et actions sont immédiates.

Précisément, comment cette ouverture se manifeste-t-elle dans le fonctionnement du lieu ?

Après consultation, cette nouvelle approche, qui demande aux managers de renoncer à leur confort et à leur position et exige un effort important d’ouverture aux autres, a été adoptée à l’unanimité par toute l’équipe de management. Ce n’était pas évident au début, il a fallu s’adapter, mais très vite nous nous sommes rendu compte des bénéfices d’une telle organisation. Cette manière de travailler en groupe tout en manageant son équipe et sans perdre de vue ses objectifs propres demande une nouvelle forme de discipline. La collaboration est le mode par défaut. Il faut apprendre à s’isoler, à sortir, pour traiter des sujets individuels – j’ai presque envie de dire personnels. Enfin, il faut une très grande agilité d’esprit. Pouvoir sortir d’un clic du sujet sur lequel on travaille pour réagir sur un autre, apporter son grain de sel et se replonger aussi vite dans son exercice. C’est un bel effort de concentration et d’efficacité dont on avait pu perdre l’habitude. Cela explique que les esprits aient régulièrement besoin de se détendre. La Chocolaterie a son « mur », qui sert à exprimer sa créativité, à marquer les grands jalons franchis et les résultats, et sert aussi d’exutoire… C’est aussi comme ça que se crée une culture collective, avec humour et un peu d’autodérision. La responsabilité managériale de l’équipe repose sur le même principe d’agilité. Il y a toujours quelqu’un pour décider au nom du comité de direction, quel qu’y soit son rôle. Il existe un principe de subsidiarité entre nous, chaque membre de l’équipe de management peut décider au nom des autres, selon qui est présent. Nous sommes collectivement solidaires de la décision. Cela renforce l’émulation. Cela permet aussi une forte solidarité en cas de coup dur ou d’urgence. Nous avons aussi développé nos outils et nos routines pour structurer ce mode très vibrionnant et réactif. Nous commençons la semaine par un paperboard meeting très court, debout, où nous partageons les grandes actions et les priorités de la semaine. Les réunions agiles remplacent les comités et sessions de contrôle des actions formelles. Les débriefs sont oraux, immédiats, systématiques et les urgences sont traitées en direct. Nous sommes enfin très vigilants à embarquer avec nous la plus grande part possible de l’organisation. Chaque jeudi, nous y organisons une happy hour ouverte à tout SFR pour tenir chacun au courant de nos avancées, échanger sur nos projets, répondre aux questions. Prendre du plaisir fait partie intégrante de ce nouveau mode de fonctionnement : l’ambiance et la déco sont bon enfant, conviviaux. Chacun amène son propre appareil selon le principe du BYOD (« Bring your own device »). Et à tour de rôle et de façon spontanée, chacun des membres de l’équipe ou de SFR apporte du chocolat sous la forme de son choix… ! C’est aussi une forme d’engagement !

 Déjà des résultats ?

Le lancement du premier fournisseur français d’énergie numérique à destination des entreprises, Numergy, en partenariat avec Bull et la Caisse des Dépôts ! Nous n’aurions pu mener ce projet, de l’idée au déploiement et aux premiers clients, en un temps aussi court. La Chocolaterie a permis non seulement de se mettre en mode start-up, mais aussi que toutes les contributions et énergies du groupe – finance, juridique, ingénierie, SI, communication, etc. – viennent s’agréger avec vivacité et efficacité. C’est aussi l’endroit où sont pensés nos nouveaux services dans le cloud, autour des communications en entreprise ou de la relation client. Mais vous en entendrez parler davantage d’ici peu…

> Cet article sera publié dans le numéro 9 de SFR PLAYER "Travail connecté : mutation en cours !"