[PLAYERS] Social Good Summit 3/3

Le 08 / 10 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[PLAYERS] Social Good Summit 3/3

Social Good Summit : Solidarité en ligne : quels leviers pour démultiplier l’engagement ?

Les nouveaux médias constituent une opportunité unique pour sensibiliser et encourager tout un chacun à s’engager en faveur d’un monde plus juste. Mais comment les utiliser efficacement ? Comment transformer un désir d’engagement en actions concrètes ? C’était là un des enjeux des discussions de la 4ème édition du Social Good Summit, qui s’est achevée fin septembre à New York. Plus de 200 personnalités ont partagé leurs expériences et une préconisation émerge de leurs récits : impliquer les jeunes. Car, la génération Y - encore appelée « les millenials » - au-delà d’avoir grandi avec les nouvelles technologies, et de maîtriser ces nouveaux médias mieux que personne, a dans son ADN le désir de s’engager. En effet, selon une étude EURORSCG menée auprès de jeunes de 18 à 25 ans à travers le monde, 82% d’entre eux considèrent qu’il est de leur devoir de changer le monde. Charge aux  organisations de la société civile de prendre en compte leurs attentes pour décupler l’impact de leurs initiatives.

La scène du Social Good Summit a d’ailleurs fait la part belle à ces jeunes, et les participants eu la chance d’écouter Malala Yousafzai militante pakistanaise de 16 ans, symbole de la lutte pour l’éducation des filles,  Jack Andraka qui à 15 ans a développé une nouvelle méthode pour détecter le cancer du pancréas ou encore Parker Liautaud qui du haut de ses 19 ans entreprend sa troisième expédition au Pôle Nord d’où il réalise des reportages pour sensibiliser au changement climatique. Leur détermination impressionne, et leurs accomplissements forcent l’admiration.

 Grâce aux réseaux sociaux, chaque citoyen peut désormais faire entendre sa voix, sur Facebook, Twitter ou via des réseaux dédiés, et la somme de ces messages citoyens constitue un poids de taille. « En parler, c’est déjà avancer » résume Maria Ressa, du réseau +SocialGood aux Philippines et fondatrice du site d’info Rappler.com, qui rappelle comment les citoyens se sont emparés de la crise du Darfour sur la toile, obligeant les pouvoirs publics à réagir.

Et jamais auparavant, l’information n’avait autant circulé à travers le monde. L’enjeu est donc d’allier l’information à un moyen d’action et c’est ce que propose le site Ryot. Au-delà d’être une caisse de résonance des défis auxquels sont confrontés la société civile à travers le monde, le site encourage ses lecteurs à passer à l’action : signer une pétition, relayer une campagne sur les réseaux sociaux ou encore faire un don à l’organisation présentée, le media souhaite faciliter l’engagement en le plaçant à portée de clic. Le fondateur du site, et acteur américain Ian Somerhalder explique sa démarche : « Les jeunes aujourd’hui ne veulent pas lire passivement les actualités, ils veulent savoir comment ils peuvent aider ».

Plus personnelle, plus transparente, et qui propose des moyens de participer, la communication des  associations et acteurs de la société civile doit s’adapter à ces nouveaux médias : « Les statistiques ne mobilisent pas. Ce sont les histoires et les personnes qui sont derrière qui nous poussent à nous engager.  Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux nous pouvons  faire connaître ces histoires », confie Melinda Gates pour qui la clé du succès est l’alliance d’une histoire signifiante à un média à large échelle. 

Et face au changement climatique, les statistiques et les chiffres, qui attestent de l’urgence de la situation, ne produisent pas le changement de comportements escompté.  Pour prendre le contrepied de cette vision globale et déconnectée de notre quotidien, Al Gore a lancé le site What I Love, expérience interactive qui invite l’internaute à se projeter dans un monde où les choses qu’il aime sont directement menacées par  le réchauffement climatique. Vous aimez le fromage, Paris, ou encore le ski ? vous apprendrez, par exemple, que dans la plupart des stations, les hivers plus chauds ont réduit de 2 semaines la saison skiable par rapport à 1970. Ainsi, What I love encourage les internautes à protéger les choses qu’ils aiment en apportant leur voix au Climate Reality Project, qui milite pour un changement des politiques publiques vis-à-vis de la crise climatique.

De nombreuses autres organisations ont compris la nécessité de corréler leurs actions sociales aux passions et aux activités des individus pour motiver leurs adhésions. « Si on demande : voulez-vous mettre fin à la pauvreté ? Ou voulez-vous allez à un concert qui permettra de le faire, les taux de réponses positives sera bien différent » rapporte le porte-parole de la campagne mondiale ONE qui vise à éradiquer le SIDA. ONE a donc pris le parti de mobiliser autour de la cause du SIDA grâce à la musique. Une série de concerts d’abord, et récemment un partenariat avec Spotify pour bénéficier de l’audience massive du site d’écoute en ligne.  Plusieurs artistes se sont engagés aux côtés d’ONE et lors de l’écoute de ces titres, Spotify encourage l’internaute à soutenir la campagne ONE.

Sensibiliser à la consommation énergétique et produire de l’énergie verte en jouant au foot ? C’est ce que propose le Soccket : ballon de foot un petit peu particulier, puisque 15 minutes de jeu génèrent 3 heures d’énergie permettant d’alimenter une lampe LED ou recharger un téléphone portable.

Coté télévision, le producteur à succès JJ Abrams (Armaggedon, Lost…)  s’est récemment associé à l’ONU dans le cadre de sa nouvelle série télévisée « Revolution ». Cette série de science-fiction a bâti son intrigue sur un scénario qui a interpellé l’ONU : à un moment précis, toute source d’électricité s’arrête brusquement et toute la planète se retrouve dans un black-out total.  Le producteur hollywoodien et l’ONU se sont rapprochés afin de sensibiliser, via cette série TV, à la situation en Afrique Sub-Saharienne ou encore en Asie, où près d’1,3 milliards de personnes vivent sans aucune forme d’accès à l’électricité.

L’ensemble de ces projets illustre une évolution marquante de la solidarité, et notamment du point de vue des plus jeunes : il ne s’agit plus d’une initiative isolée et déconnectée du reste de notre vie. L’engagement citoyen doit être intégré au cœur de nos habitudes, de nos activités, de nos passions et de notre consommation.  C’est pourquoi, les associations et entrepreneurs sociaux doivent travailler de concert avec de grandes entreprises pour essaimer leurs solutions et rallier de nouveaux soutiens. En effet, au-delà de leurs activités économiques, les grandes entreprises constituent des médias de masse, et ont- d’autant plus grâce au digital - la capacité de se faire porte-parole des défis sociaux ou environnementaux et d’encourager le passage à l’action.