[PLAYERS] No docs : la revanche de l'usager

Le 03 / 10 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[PLAYERS] No docs : la revanche de l'usager

Laurent Pontegnier est consultant sur les problématiques business du cloud computing. Il est aussi délégué général de Transition numérique plus, association qui fédère les industriels des technologies de l’information pour la promotion de l’usage du numérique dans les TPE et PME, au sein de l’initiative gouvernementale Transition numérique.

Le délégué général de l'association "Transition Numérique Plus" se réjouit des la disparition des manuels d'utilisateur. Et nous avec.

 

En vingt ans, le numérique a transformé nos vies en affectant directement notre quotidien personnel et professionnel. En 1993, nous faisions très peu de
choses de la même façon qu’aujourd’hui. Communiquer avec ses proches, acheter, s’informer… ne se font plus avec les mêmes gestes, avec les mêmes outils, ni à la même vitesse. Philosophiquement, cette mutation rapide suscite aussi bien l’enthousiasme que la crainte. Chacun son credo. Peu visible, rarement remarquée, il existe une métamorphose qui force mon admiration tant elle rend nos vies plus simples. Pour elle, j’espère votre unanimité. C’est la
quasi disparition des manuels d’utilisateur. Désormais, à nous le bonheur du « no docs » !


INTUITIVEMENT

Que celui qui n’a pas passé une soirée entière à programmer son magnétoscope en décryptant cent pages traduites dans un français approximatif en caractères millimétriques lève son smartphone. Aujourd’hui, quand je télécharge une application sur ma tablette, je n’imagine pas un instant devoir consulter un guide d’utilisateur (d’ailleurs, existe-t-il ?). Je veux intuitivement et immédiatement pouvoir l’utiliser, quelle que soit sa richesse fonctionnelle. Idem pour mon nouveau téléviseur, que j’ai pu paramétrer avec une souris-télécommande en navigant de façon fluide et rapide, sans lire une ligne de « doc ». La fin du manuel d’utilisateur ménage mon stress, ma vue et mes soirées, mais elle révèle aussi plusieurs évolutions intéressantes, à la fois industrielles et sociétales.


APPRÉHENSION

À la vitesse de l’Internet, la simplicité d’usage est – a minima – à égalité avec les bénéfices fonctionnels. Je ne veux plus subir un apprentissage fastidieux,
je demande à la technologie de s’adapter à ma relative capacité d’appréhension et au peu de temps que je suis prêt à lui consacrer. C’est aux outils de s’adapter à mon usage et non plus le contraire. Chez les industriels, l’optimisation des interfaces utilisateur pour une appropriation naturelle (et sans « doc »)
des technologies devient une priorité et une nécessité. À tel point que cette problématique s’impose comme un des moteurs de l’innovation, puisqu’elle est un facteur de succès. Apple en a fait son emblème avant beaucoup d’autres…


VICTOIRE

Bien que très prometteuse, cette tendance vers l’essentiel et l’intuitif peut aller encore plus loin. Dès que je monte dans une nouvelle voiture, je me demande encore pourquoi les indications du tableau de bord ou les commandes de l’autoradio ne sont pas un minimum normalisées. Idem pour les boutons de commande de mon électroménager, qui me défient lorsque je veux simplement lancer un programme rapide sans essorage. Je fais le pari qu’en définitive, dans un monde interconnecté, mon téléphone sera la plateforme de contrôle unique de toutes ces machines qui m’entourent. Ce monde simplifié, sans « doc », sera la juste revanche de l’usager, la réparation de grands moments de désespérance et de frustration et, surtout, une victoire du numérique.