[TENDANCE] Globale éducation

Le 26 / 09 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[TENDANCE] Globale éducation

Alors que les cours deviennent gratuits et globaux, les écoles privées et les professeurs s’interrogent sur la valeur ajoutée de leurs formations. Ces dynamiques donnent naissance à de nouveaux business models.

Marketing, comptabilité, finance, contrôle de gestion… En quelques clics et gratuitement, il est possible de se constituer un cursus d’école de commerce. Dès lors, pourquoi un étudiant continuerait-il à payer ces formations, dont les droits de scolarité annuels avoisinent souvent les 9 000 euros ? Dans le même temps, de plus en plus d’universités développent leur offre de cursus diplômants online, et il devient de plus en plus facile de décrocher un diplôme américain sans quitter son village de Provence.

La concurrence entre établissements devient ainsi globale, et ébranle les institutions d’enseignement supérieur, en particulier celles qui dépendent des frais de scolarité payés par les familles. Elle les incite à repenser leur mission, en se concentrant certains éléments : relations entreprises, réseau, activités proposées sur le campus, travaux de groupe… Le rôle du professeur, concurrencé par des cours en ligne de qualité, se trouve aussi mis en question. « À l’avenir, ce métier sera de plus en plus segmenté », prédit Jean-François Fiorina, directeur de l’ESC Grenoble. « Certains feront des vidéos de cours magistraux, d’autres du tutorat, d’autres viendront témoigner d’une expérience. » Un avis partagé par François Taddei, enseignant-chercheur : « Les MOOC vont donner un nouveau rôle aux enseignants, qui devront être plus à l’écoute des élèves, les aider à se construire, suivre leurs projets. »

L’essor du numérique oblige aussi ces établissements à investir : dans la création de modules en e-learning, dans des équipements informatiques et dans la réorganisation des espaces dédiés à ces nouvelles formes d’apprentissage… Sans pour autant trouver là des revenus immédiats. Polytechnique a ainsi lancé trois sessions de cours gratuits sur Coursera à la rentrée 2013. « Pour le moment c’est un investissement à perte, mais nous devons prendre le train en marche » raconte Frank Pacard, directeur général adjoint. De son côté, Télécom Bretagne a mobilisé entre trois et quatre personnes à temps plein pendant quatre mois pour monter son premier MOOC. « Le modèle économique est balbutiant. À l’avenir, nous pourrons peut-être mettre en place des certifications payantes », suggère Michel Briand, directeur adjoint de cette école d’ingénieurs.

Mais le numérique permet aussi aux établissements de faire des économies, notamment en leur donnant la possibilité de partager des cours en ligne. « Nous allons nous organiser avec les écoles de l’Institut Mines-Télécom pour utiliser leurs cours et permettre aux étudiants des inscriptions croisées », poursuit Michel Briand. Il imagine aussi de nouveaux partenariats. « Par exemple, nous pourrions concevoir une session de formation via un MOOC pour des professeurs de prépa. Pour l’Éducation nationale, ce serait moins cher et cela permettrait de former un grand nombre de personnes »

D’autres pistes de revenus sont évoquées. Les plateformes de MOOC Coursera et Udacity testent des partenariats avec des entreprises. Celles-ci paient la plateforme pour être mises en contact avec les étudiants ayant obtenu les meilleures performances. À charge ensuite pour Coursera et Udacity de reverser une partie de ces sommes à l’établissement qui a conçu le cours. Avec une difficulté : la vérification des identités. Des entreprises se sont positionnées sur ce créneau, en offrant des logiciels qui analysent le type d’écriture et le rythme de frappe, ou effectuent des identifications via webcam. D’autres institutions en plein essor, comme Excelsior College aux États-Unis, organisent des sessions de tests en présentiel, pour valider des connaissances que les étudiants acquièrent par leurs propres moyens.