[TENDANCE] L'école en mode réseaux

Le 23 / 09 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[TENDANCE] L'école en mode réseaux

Réseaux d’élèves, d’étudiants, de profs, de classes, de parents… Le monde éducatif échange et collabore de plus en plus. Des interactions qui offrent de nouveaux services et permettent de mieux s’approprier les connaissances.

De la maternelle à l’université, le monde de l’éducation s’organise désormais en réseaux. Des réseaux liés à la classe, tout d’abord. Ainsi, dans les classes virtuelles du réseau Edmodo, les professeurs continuent en ligne leurs discussions avec leur classe, lancent des sondages pour vérifier l’acquisition des connaissances et distribuent des récompenses virtuelles, tandis que les élèves discutent du cours et consultent le planning de la semaine. Le site revendique 20 millions d’utilisateurs dans le monde. De leur côté, les étudiants s’organisent eux-mêmes en réseaux, comme sur la plateforme Beebac, site d’entraide et de partage entre élèves qui compte 100 000 membres, du collège à la fac. « Non seulement cela rend service aux jeunes, mais cela les forme : on apprend beaucoup en aidant les autres », assure Sami Labidi, le fondateur du site. « Les enseignants ont perdu le monopole de la diffusion du savoir scolaire », remarque Roland Labrégère, coauteur de L’École au défi du numérique (éditions Raison et Passion, 2012). « Ces formes d’apprentissage en réseau conviennent bien aux jeunes, qui sont fatigués de l’école classique, du professeur qui veut qu’on l’écoute. Ils aiment aller eux-mêmes vers de nouveaux savoirs. Le numérique permet cette forme d’éducation buissonnière. »

Les réseaux dépassent aussi les frontières de l’école, avec de multiples sites proposant du coaching ou des cours de soutien en ligne gratuits ou payants. C’est sur ce créneau que s’est positionné L’Étudiant, avec des chats, des vidéos de révision et des quiz pour préparer le bac ou les concours de Sciences Po, le tout animé par des professeurs. Les parents d’élèves, quant à eux, se regroupent via des réseaux de proximité, comme Leminiréseau, qui réunit 30 000 parents d’écoliers. « Ils communiquent sur des sujets liés à la classe, s’organisent pour du covoiturage ou des sorties, diffusent des petites annonces. Le professeur est aussi présent et peut répondre aux questions des parents. Notre objectif, c’est de mélanger les deux mondes », raconte le fondateur, Arnaud Meneux. Les réseaux entrent aussi dans les salles de cours, en particulier via Twitter. Le site Twittclasses recense plus de 300 classes utilisatrices de ce service en France, de la maternelle au lycée. Certaines sont en contact entre elles, se lancent des défis ou travaillent sur des exercices communs. Jean-Roch Masson, instituteur en CP à Dunkerque, utilise le site depuis trois ans pour développer la lecture et l’écriture chez ses élèves. « C’est un outil qui donne le goût de l’écriture, et développe la créativité. Le fait d’être lu par d’autres personnes que leur professeur force les élèves à respecter les règles d’orthographe et de politesse. C’est très stimulant pour eux d’être lus par d’autres classes, et c’est ludique », raconte-t-il. Parallèlement, on ne compte plus les réseaux d’enseignants. Certains sont officiels, comme Respire, lancé par l’Éducation nationale en 2012 et qui rassemble 3 600 professeurs. Mais la plupart de ces réseaux sont animés par des bénévoles, comme Maternelle, qui cible les enseignants de petites classes et rassemble des idées d’activités et des revues d’outils pour réaliser un plan de classe virtuel ou une frise chronologique interactive. « Ces réseaux permettent aux enseignants d’obtenir la reconnaissance qu’ils n’ont pas toujours au sein de leur établissement », affirme Isabelle Quentin, enseignante-chercheuse à l’ENS Cachan, spécialiste du sujet. « Ils leur permettent aussi de se construire une identité collective hors de l’institution, et décloisonnent les académies. Il y a sur ces réseaux un grand climat de confiance. »