[Players] Re:Lift : une journée de conversations entre flashback et poursuite des discussions

Le 23 / 09 / 11 | Posté par Arnaud Recule
[Players] Re:Lift : une journée de conversations entre flashback et poursuite des discussions

La conférence Lift explore ce qu’il se produit quand l’innovation technologique rencontre les transformations de la société. Sous le titre « Be radical !  », Lift France 2011 s’est focalisée sur des innovations « de modèle » : changer la manière dont nous produisons, consommons, soignons, travaillons ou organisons la ville. Décidés à prolonger et approfondir les échanges entamés lors du temps marseillais, SFR et la Fing, accompagnés par nod-A, se sont associés pour placer la rentrée sous le signe de la radicalité, en organisant Re:lift le 16 septembre à L'appart SFR.

Retour sur une journée de conversations numériques qui a rassemblé près de 100 personnes autour de la question de l’innovation de rupture.

Au programme de cette journée parisienne, trois temps forts :

  • Un retour sur l’édition de Lift à Marseille
  • La découverte de prototypes innovants
  • Un après-midi d’ateliers pour prolonger la dynamique de Lift


« Une journée de conversation, de co-production,
d’action et de transformation
 »

Daniel Kaplan, Délégué général de la Fing

Lift 2011 : flashback

Dès le matin, place à l’interaction avec un plateau animé par Daniel Kaplan qui réunissait Xavier de la Porte (France Culture), Blandine Alglave (La Poste), Sandrine Murcia (Spring Lab) et Matthieu Lerondeau (La Netscouade). Ils étaient invités à partager les réflexions que leur avaient inspiré les interventions marseillaises de Lift en juillet dernier.

Le public a eu une place très importante dans ces échanges et interactions qui se sont révélés dynamiques et passionnants dans la salle mais aussi en ligne via Twitter. 

Daniel Kaplan a insisté sur le fait que la radicalité dans l’innovation porte désormais davantage sur l’invention de nouveaux modèles que sur des questions de technologies pures. En effet, nous avons vu peu d’applications technologiques spectaculaires à Lift. La sociologue Saskia Sassen et le designer Adam Greenfield ont même qualifiée de « désurbanisation » la manière dont certains industriels conçoivent la « ville intelligente », le futurologue Alex Soojung-Kim Pang cherche une autre "écologie" des usages technologiques et le journaliste Kris de Decker nous avait invité à prêter plus d'attention aux technologies du passé !

Stéphane Vincent, de la Fing, a été marqué par la thématique du partage qui, notamment à travers l’intervention de Robin Chase (fondatrice de Buzzcar), a été très présente pendant Lift. Il trouvait intéressant de s’interroger désormais sur les motivations des gens à partager. Il a également soulevé la question de la «responsabilité » que l’on prend quand on projette du numérique sur des questions de société, notamment concernant des objectifs comme le développement durable. Nous avons raison d’agir, mais toutes les manières de le faire sont-elles les bonnes ?

« Le partage : un truc californien ?
L’exemple de covoiturage.fr et l’arrivée de Buzzcar
sur le marché français, nous démontre
que le phénomène se développe aussi en France
»

Stéphane Vincent, Directeur de la « 27e Région », un projet incubé par la Fing




Sur le même sujet, Blandine Alglave de La Poste a considéré Lift comme une source d’inspiration. Depuis son passage à Marseille, et en tant que Directrice de projets, elle réfléchit aux « capacités excédentaires » que La Poste pourrait partager. Pourquoi pas ces milliers de véhicules banalisés principalement utilisés aux périodes de pointe ? Combien de véhicules non utilisés le week-end pourraient devenir plus utiles ? Et dans l'assistance, on se prend à rêver de conduire une voiture jaune pour aller faire ses courses…

Le partage s’appuie sur des réseaux qui s’appuient eux-mêmes sur des plates-formes. Dans son rapport d’étonnement, Xavier de la Porte de France Culture voit en elles un nouvel avatar paradoxal de "l'effacement des intermédiaires », qu’il s’agisse des distributeurs alimentaires avec "La Ruche Qui Dit Oui" ou des spécialistes des crises avec "Ushahidi". Paradoxal, parce-que tout en mettant en relation les individus les uns avec les autres sans intermédiaire visibles, les plates-formes sociales sont des intermédiaires dont les règles s'inscrivent de manière imperceptible via le code informatique, mais qui n'en structurent pas moins la manière dont chacun accède aux marchés, aux services, aux autres. Finalement, l'aspect positif que l'on imagine dans le partage ne se voit-il pas démenti par la captation qu'opèrent les plates-formes ?

« Je me suis toujours demandé
si le geek était de droite ou de gauche.
A cette heure, je n’ai pas la réponse 
»

Xavier de la Porte, journaliste, France Culture
 



Sandrine Murcia a quant à elle évoqué la question cruciale de la mise en réseau au sein des entreprises dans une démarche de partage, dont la force et l’étendue se caractérisent à l’époque actuelle de l’Internet. L’approche de ces dernières ne devrait pas être liée uniquement à la seule question des technologies mais devrait prendre en compte la question du comment et du mieux travailler ensemble.

« Ce qui change aujourd’hui avec les nouveaux services
c’est bien la capacité de visibilité offerte par le réseau
 »
Sandrine Murcia, fondatrice de Spring Lab. 




Enfin, Matthieu Lerondeau  a insisté sur la radicalité dans les différentes initiatives liées au partage présentées à Lift : la consommation collaborative, le basculement de la possession à l’usage, l’échange de temps ou de savoirs et la réutilisation des « capacités excédentaires », comme le soulignait également Sandrine Murcia. Il s’est également interrogé sur les questions d’éthique et de responsabilité sociale associées aux innovations numériques. Y a-t-il une dérive ? Assiste-t-on à une forme de « social washing » ?

« Je me demande si dans les Living Lab 
on ne prend pas un peu les hommes pour des cobayes.
On fait appel à la collaboration mais qu’est-ce que l’on rend au gens ?
 »

Matthieu Lerondeau, Directeur associé de la Netscouade


Découvrir, converser, jouer au ballon et danser

Le temps du déjeuner a permis aux personnes présentes d’approfondir les réflexions abordées et de découvrir des dispositifs interactifs qui invitent à « toucher du doigt » de façon ludique les innovations de demain.

Installé dans le salon vert, Pupp’art est une installation qui utilise la gestuelle corporelle pour donner vie aux œuvres d’art et impliquer le visiteur de façon ludique dans le parcours de visite.

Le salon bleu accueillait Breathing Colors, dispositif qui capte les sons et les transforme en visuels. Juste à côté, dans le salon rouge, Radio 3.0 est un objet conçut majoritairement en open source qui permet de manipuler, d’écouter et de partager des flux musicaux numériques. Mélangeant usages d’hier et pratiques d’aujourd’hui, il est un support de recherche sur de nouvelles interactions possibles entre les hommes, les objets et le réseau. Le hall d’entrée accueillait quant à lui Urban Musical Game, dispositif conçu autour de balles équipées de capteurs de mouvements qui fonctionnent comme des interfaces musicales, contrôlant les paramètres d’un environnement sonore. A chaque mouvement un son. Une pause musicale… et sportive !

 

Quatre ateliers pour prolonger la dynamique du Lift :

La ville, la monnaie, l’apprentissage ou encore la consommation collaborative, autant de thèmes qui sont invités à être traités sous l’angle de l’innovation et des pratiques de demain autour de 4 ateliers.

1.  Coproduire la ville de demain. Animé par Emile Hooge (nova7) en collaboration avec Paris Métropole, l’atelier proposait aux participants de dessiner ensemble (avec des Légos !) les contours d’une ville propice au développement de nouvelles pratiques de collaboration et de mutualisation entre entreprises, collectivités et individus. La démarche s’est appliquée autour de quelques enjeux forts du territoire de Paris Métropole comme la mobilité, l’alimentation, la culture, le logement ou encore le travail. L’atelier a permis d’expérimenter la démarche de prototypage urbain et de voir qu’on pouvait vraiment faire de la prospective avec des Légo, un peu comme dans le « bac à sable » d’expérimentation dont parlait Stéphane Vincent le matin même !

2.  Consommation collaborative, mobiliser les capacités excédentaires de la société. Olivier Desmoulins (Super Marmitte) et Antonin Léonard (consocollaborative.com) ont introduit l’ « économie du partage » ou « consommation collaborative », qui émerge aujourd’hui comme une réponse possible face aux crises économiques et écologiques auxquelles nous sommes confrontés. Les participants ont échangé autour des principales problématiques rencontrées dans la mise en place de ce type de projets, à savoir le passage à l’échelle, la juridiction, la confiance et l’accessibilité. Suite à cette rencontre, il est ressorti que des dispositifs comme les Startup Week-ends, mais centrés autour du partage, conjugués à un incubateur consacré aux projets de consommation collaborative, pourraient constituer des éléments de réponses à ces enjeux.

3.  De nouvelles monnaies au service de l’innovation.  Un atelier pour débattre, échanger et imaginer le futur de la monnaie, animé par Jean-Michel Cornu (Fing).  Les discussions ont porté sur les monnaies complémentaires de demain, celles qui pourraient permettre à des échanges différents de s'établir, par exemple pour prendre en compte les différentes formes de richesse, favoriser certains comportements collectifs ou encore sortir du sous-développement. Les interventions des participants ont montré un fort intérêt pour le potentiel des monnaies complémentaires dans le champ social, économique et écologique. La crise du système financier et monétaire étant dans tous les esprits, il semble que le sujet de l’innovation monétaire tend à prendre une place de plus en plus importante dans le débat public. Certains intervenants ont mis l'accent sur la fonction d'activateur économique des monnaies complémentaires, notamment pour le financement des PME et des Start-ups. Prochaine étape de l’expédition “innovation monétaire” : le Mardi 27 septembre au Lieu du Design.

4.  L’apprentissage dans un monde qui change : Yves-Armel Martin (Erasme), nous interroge d’emblée : comment transmet-on la connaissance autrement ? Les participants, en partant de leur expérience personnelle, ont travaillé sur le rôle possible du numérique dans l’apprentissage à travers des scénarios d’usage. L’idée forte qui est ressortie est de se servir du numérique pour faire vivre une expérience à l’apprenant afin de l'impliquer concrètement et l'aider à s'approprier le savoir, notamment en réévaluant l’importance du corps et des sens dans l’apprentissage, permises par l’'émergence de nouvelles technologies (interfaces naturelles, kinect). Après cet atelier, l’enjeu est aujourd’hui de réussir à confronter ses démarches imaginées par les participants à la réalité d'institutions qui ne sont pas aujourd'hui en situation de les accueillir. Bref à passer du brainstorming au living lab puis à la réalité, notamment avec un budget réduit.
Retrouvez les vidéos réalisées au cours de l'atelier sur http://vimeo.com/29432693

Scenario 4 Atelier "Apprentissage dans un monde qui bouge" from videosfing on Vimeo.


> A noter 
: le prochain numéro de SFR PLAYER à paraître en novembre reviendra en images sur cette journée Re:Lift à l’Appart SFR

> Plus d’informations sur Lift : 


> Retrouvez l'article sur Lift sur Internet Actu : http://internetactu.net/tag/lift11/

> Visualisez la sytnhèse de Daniel Kaplan
sur http://www.slideshare.net/slidesharefing/fing-une-synthse-de-lift-france-2011