[Players] Le boom de la science participative

Le 25 / 07 / 12 | Posté par Angela de Santiago
[Players] Le boom de la science participative

Médecin, astronome, biologiste, chercheur... Peut-être avez-vous un jour rêvé d'exercer un de ces métiers. Si la vie vous en a détourné, sachez que grâce aux nouvelles technologies, il est désormais possible pour n'importe qui d'aider des équipes de scientifiques à mener à bien leurs projets. Et ce, sans détenir aucun diplôme et sans dépenser le moindre centime : simplement en donnant un petit peu de son temps.

Comment ? Grâce au « crowdsourcing » scientifique, aussi nommé « science participative ». Concrètement, les chercheurs se trouvent régulièrement face à des problèmes qu'ils sont incapables de résoudre seuls et font donc appel au grand public pour leur venir en aide. Prenons l'exemple des astronomes et physiciens travaillant sur les photographies issues du télescope Hubble. Ces images représentent des centaines de milliers de galaxies, qui, une fois classifiées, devraient permettre de faire progresser notre compréhension de l'univers. Or, les classifier une à une réquisitionnerait plusieurs personnes, à plein temps, sur plusieurs années. Quant aux ordinateurs, ils ne sont pas encore capables de concurrencer l'oeil humain pour ce type de travail trop subtil.

C'est pourquoi l'équipe a eu l'idée de mettre ces images à disposition du grand public sur internet et de lui demander de les classifier. A chaque photographie, l'internaute doit répondre à plusieurs questions très simples : « la forme de la galaxie est-elle ronde ou allongée ? », « a-t-elle plusieurs noyaux ? », etc. L'opération, nommée Galaxy Zoo et lancée en 2007, a connu un succès inespéré. 24 heures après son démarrage, 70.000 classifications avaient été effectuées. Depuis, plus de 100 millions de galaxies ont été classifiées, permettant de faire avancer considérablement la recherche. Côté fiabilité, aucun risque, puisque chaque galaxie est classifiée par plusieurs internautes et seules les réponses les plus citées sont prises en compte.

Considéré comme un précurseur, Galaxy Zoo a donné des idées à d'autres équipes de recherche, et de nombreux autres projets de crowdsourcing scientifique ont vu le jour. Si beaucoup sont calqués sur Galaxy Zoo et demandent aux internautes d'effectuer une série de micro-tâches, d'autres se sont montrés plus inventifs. A l'image de Fold It, un jeu en 3D dont le but est de replier correctement des protéines, un travail très complexe pour les scientifiques mais nécessaire pour progresser. En quelques semaines, les « gamers » ont réussi à résoudre un problème qui bloquait les chercheurs depuis plusieurs années, concernant la propagation du sida chez le singe.

Le « crowdsourcing » scientifique ne demande pas seulement aux internautes de traiter des données mais aussi, dans certains cas, d'en fournir. En France, l'Office pour les insectes et leur environnement propose par exemple aux citoyens d'observer les insectes de leurs jardins, parcs et forêts et de leur envoyer certaines informations. Cette collecte de données en masse permet aux chercheurs de suivre l'évolution des insectes sur le territoire de façon plus précise qu'en se contentant uniquement des observations des spécialistes, peu nombreux.

Une belle manière, pour les citoyens, de se rendre utile tout en se cultivant. Car tous ces projets comportent une importante part de pédagogie. Il ne s'agit pas seulement de faire « travailler » gratuitement des internautes, mais aussi de les sensibiliser au projet auquel ils participent. S'il vous venait l'envie de jouer au scientifique en herbe, rendez-vous sur SciStarter, qui recense un grand nombre d'initiatives de science participative. Vous n'aurez que l'embarras du choix : de la zoologie à la chimie, en passant par la météorologie ou l'archéologie, tous les rêves sont permis !

 

Angela de Santiago et Morgane Tual, journaliste chez Youphil

En savoir plus sur Angela :

 Co-fondatrice de Youphil, Angela de Santiago conseillait auparavant les grandes entreprises dans leur politique de Mécénat. Associée à Jean-Marie Colombani, elle a créé ce  média en ligne afin de décrypter l’actualité du monde de l’engagement sous toutes ses facettes, qu’il soit associatif, humanitaire, philanthropique entrepreneurial ou politique.