[Players] Faire disparaitre Internet dans les objets

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Le 02 / 05 / 11 | Posté par Xiao-ou HSU
[Players] Faire disparaitre Internet dans les objets

Jean-Louis FRECHIN, directeur de Nodesign. 

Diplômé de l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI), Jean- Louis FRECHIN est un pionnier du design interactif en France. En 2001, il crée Nodesign, agence de design interactif pour entre autres "inventer les formes du monde numérique". Il travaille notamment sur les nouvelles technologies et leurs interfaces.

Votre dernier projet?
C’est un projet de recherche avec l’IRCAM autour de la musique, autour de l’interaction en temps-réel, pour essayer de mettre l’interaction et le numérique...  Non pas dans les objets, mais sur le corps. Pour pouvoir capter les mouvements du musicien, du danseur ou du joueur, avec un réseau d’objets qu’on peut faire disparaître dans des objets du quotidien: des guitares, des flûtes, mais aussi des ballons. On va faire un grand jeu à "Futur en Seine", où on va mettre des capteurs dans des ballons de basket pour voir ce que les gamins vont faire en termes de sport et de musique. Finalement cela consiste à mettre des capteurs partout, pour produire encore une fois des choses et des objets un peu nouveaux. Ça c’est un projet de recherche et c’est vraiment drôle... Et puis les gens de l’IRCAM sont vraiment agréables et intéressants!

Pourquoi mixer design et technologie?
Je n'ai aucune fascination pour la technologie, ce qui m’intéresse c’est: les usages (c’est une évidence) mais c’est ce pourquoi on fait les choses et pour qui on les fait. Avec si possible des notions un peu rétros: le confort, l’élégance, une forme de grâce, une forme de charme... C’est-à-dire créer des objets avec beaucoup de technologies mais où on a l’impression que c’est une évidence. Ça c’est vraiment pour moi l’alchimie du design qui m’intéresse, et c’est ce qu’on essaye de faire.

Quel rôle peuvent jouer les smartphones?
Les smartphones changent énormément de conditions d’existence de l’innovation dans notre écosystème du design. Ces smartphones sont des hyper-télécommandes qui permettent finalement de mettre littéralement le pouvoir dans la main des gens. Pas sous leurs doigts mais dans la main. Donc avec un Android ou un iOS, je peux opérer tout les objets qui m’intéressent. Ces smartphones sont eux-mêmes des membres de l’internet des objets. Donc je peux leur faire parler à un cadre-photo, à une étagère, gérer ma musique, contrôler ma maison, mais faire aussi des choses poétiques qui ne servent à rien, c’est-à-dire éventuellement envoyer des poèmes à mes amis. La grande différence avec le design d’il y a vingt ou trente ans, c’est qu’aujourd’hui on peut le développer, on peut le faire soi-même. C’est-à-dire que les designers deviennent des sortes de petites usines où l’on peut prototyper les choses, voire même les vendre, ce qui est totalement nouveau et extrêmement intéressant.

Qu’est-il possible de créer avec ces nouveaux appareils?
On peut tout faire, et toujours plus. Le designer est une sorte de chef-cuisinier qui permet d’essayer de fabriquer la beauté d’une recette. C’est-à-dire qui soit comme de la grande cuisine française, plus que des ingrédients et du "plus". Une sorte d’élégance, du charme... Et la technologie n'est belle que si elle sert à quelque chose, mais également si elle a une sorte d’esthétique. Le Bauhaus il a été inventé pendant la révolution industrielle parce qu’il y avait des nouveaux possibles et qu’il fallait créer l’esthétique de ces nouveaux possibles. Aujourd’hui on est un peu dans la même époque: il faut inventer les formes, jolies, de ce monde numérique et aller à l’essentiel pour simplement rester des humains.