[Players] L'investigation à l'heure des données web

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Le 02 / 05 / 11 | Posté par Xiao-ou HSU
[Players] L'investigation à l'heure des données web

Olivier TESQUET, journaliste pour OWNI.

Et si la vérité sortait du Web ? Olivier Tesquet est journaliste spécialisé dans le « journalisme de données ». Il collabore de manière active à la rédaction du site d’information en ligne owni.fr pour lequel il a réalisé entre autres des articles sur le piratage informatique, WikiLeaks ou encore les révolutions numériques. Il collabore aussi aux magazines Technikart et Slate.fr.

Pourquoi OWNI est-il un OVNI?
OWNI est un OVNI dans la presse traditionnelle et même dans la presse en ligne par son modèle économique. On parle toujours des "pure-players" qui ont du mal à trouver un modèle économique, OWNI l’a trouvé d’une certaine façon. On a l’agence "22 mars" qui est profitable, qui vend des contenus, des applications, du data-journalisme soit à des acteurs institutionnels, soit à d’autres médias. C’est une activité profitable qui permet du coup de financer un média (OWNI) qui est "non-profit" et qui devient une vitrine et un actif pour attirer des investisseurs. Tout ça est un cercle très vertueux. C’est le premier aspect.

Le deuxième aspect c’est dans la façon dont on traite l’information: on fait de la visualisation, on fait du data-journalisme, des applications et on s’essaye à cette idée de "News Augmented". C’est-à-dire que l’on va avoir un sujet et on va se demande si on peut y apporter une couche et une plus-value avec les outils que l’on a à notre disposition que cela soit en termes de data-journalisme ou de visualisation de données.

Qu'est ce que le data-journalisme?
Pour résumer de la façon la plus simple possible c’est: donner du sens à des données. Pendant longtemps on a cru que le chiffe brut en soi avait une importance, était considéré comme un fait. Stricto sensu, c’est le cas, un chiffre brut est une information importante, vitale, qui permet d’étayer beaucoup de choses. Mais quand on en a beaucoup (et on vit dans une société informatisée dans laquelle on a de plus en plus de chiffres sur à peu près tout), il faut leur donner du sens. Quand on gère une grosse base de données et quand on a des chiffres qu’il faut coordonner entre eux ou à démonter, c’est bien d’avoir tout ces outils de data-journalisme. Que ce soit avec de l’infographie, avec de l’application... Pour réussir à donner du sens, à rendre intelligible et donner une forme attrayante au lecteur des informations qui étaient un peu arides si on ne les avait pas montré de cette façon là. C’est toujours plus simple d’aller naviguer dans un application que d’avoir un tableur excel avec des dizaines de lignes et blindé de chiffres.

Comment les journalistes OWNI travaillent avec les développeurs?
Il y a toujours cette volonté d’échanger beaucoup, de la même manière que quand on monte un projet quand on est chef de projet. On a une feuille de route dans laquelle on va définir la première étape, ensuite la phase de réalisation puis la phase de finalisation. Toutes ces étapes sont assez essentielles pour que tout se passe bien et pour qu’il y ait une vraie interpénétration entre les développeurs, les graphistes et les journalistes ; Parce qu’ils sont une seule et même entité. L’idée c’est qu’il ne faut pas que cela soit cloisonné et que tel ou tel pôle de la rédaction soit bunkérisé parce qu’il n’y a pas suffisamment de communication ou parce que le langage n’est pas le même.

Un exemple de création OWNIesque?
Une application sur le gaz de schiste. C’est doublement symptomatique puisque c’est un sujet dont on sait en emparé chez OWNI très tôt. On s’est dit que ce qu’il faudrait ce serait de faire une application et expliquer ce qu’est la fracturation hydraulique pour extraire du gaz de schiste. Donc on est allé voir un développeur et un designer pour comprendre comment on pouvait faire cela de la meilleure façon possible. À l’arrivé, c’est devenu une application qui a énormément circulé, notamment au travers toutes les personnes qui avaient des forages près de chez eux et qui voulaient savoir un peu comment ça fonctionnait. Ça avait un vrai intérêt pédagogique et en plus ça venait en appui d’une enquête très documentée sur le sujet. On était vraiment dans un cas de figure d’une application qui vient augmenter complètement un travail journalistique classique.