[Tendance] Citizen sciences : quand les citoyens viennent au secours des scientifiques

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Le 26 / 04 / 12 | Posté par Romain Levesque
[Tendance] Citizen sciences : quand les citoyens viennent au secours des scientifiques

Derrière cet anglicisme se cache un phénomène, né aux Etats-Unis, qui commence peu à peu à bouleverser le petit monde de la recherche scientifique. Car les sciences citoyennes, comme on les appelle aussi, proposent tout simplement de replacer le citoyen au cœur du processus scientifique en l’impliquant dans la collecte et le traitement de données scientifiques.

 

Les récentes innovations numériques et technologiques, à commencer par le crowdsourcing et la data visualisation, ont favorisé l’essor de la recherche participative. A l’heure des réseaux sociaux et de l’hyper-connectivité mondiale, on peut désormais récolter en masse des données jusqu’alors difficilement accessibles aux scientifiques.

Le projet Evolution Mega Lab propose par exemple, à des citoyens volontaires, à travers le monde de noter la couleur des coquilles des escargots de leurs pays afin de favoriser l’étude de leur évolution.

De plus, certaines fondations, comme Sciences citoyennes, n’hésitent plus à réclamer le retour du citoyen dans le questionnement scientifique. On parle alors de sciences citoyennes « extrêmes », où la question de la recherche émanerait directement de la société civile et non plus seulement des scientifiques.

L’exemple le plus impressionnant reste celui de Foldit, un jeu vidéo de pliage qui simule le repliement des protéines. Utilisant la gamification pour attirer les internautes, il a concrètement permis à des citoyens lambda de résoudre des énigmes qui tourmentaient la communauté scientifique depuis des années. En trois semaines, des joueurs ont ainsi découvert la structure tridimensionnelle d’une protéine du virus du sida chez le singe.

Ces sciences participatives restent encore peu développées en France, mais quelques initiatives intéressantes commencent à émerger comme le projet Spipoll du Museum National d’Histoire Naturelle. Il vise ainsi à collecter des données sur les insectes pollinisateurs.

Cette nouvelle perspective augure une démultiplication des possibilités de recherche et de progrès à l’ensemble des champs scientifiques. L’un des derniers projets participatifs développés aux Etats-Unis s’intéresse par exemple à la sismologie.

Ce phénomène démontre le potentiel inégalable du numérique pour décrypter le vivant et favoriser l’émergence d’une intelligence collective.

 

 

Crédit photo : capture d'écran du site Foldit