[Players] Benoît Sillard : Réapprendre à apprendre à l’ère numérique

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Le 17 / 04 / 12 | Posté par Cécile Chapron
[Players] Benoît Sillard : Réapprendre à apprendre à l’ère numérique

Cela fait maintenant deux ans que Benoît Sillard est à la tête de CCM Benchmark Group, numéro 2 de l’Internet en France avec des sites d’information tels que Le journal du net, Le journal des femmes ou encore L’Internaute. Cet homme d’affaires, spécialiste des nouvelles technologies, prend depuis plusieurs années, le pouls d’une société qui évolue au rythme des mutations numériques. Dans son ouvrage prospectif Maîtres ou esclaves du numérique ? 2049 : Internet, notre second cerveau, publié en 2011 chez Eyrolles, Benoît Sillard met en lumière les enjeux des années à venir liés aux nouveaux usages : accès aux réseaux de la connaissance, partage des savoirs, nouvelles façons  d'apprendre, de travailler, de penser, maîtrise de nouveaux modèles économiques, politiques et sociaux. Au cours de cette interview exclusive, Benoît Sillard nous explique les bouleversements de notre relation au savoir.

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Transcript de l'interview

Aujourd’hui, il y a un changement complet. C’est-à-dire que l’information est partout, l’information est disponible pour tous, et donc le pouvoir, l’indépendance, la capacité pour chacun d’évoluer dans la vie n’est pas liée au fait d’avoir l’information mais au fait de savoir la trier, de savoir l’organiser et d’avoir l’information pertinente.

En ce qui concerne l’arrivée dans l’école de tous les outils numériques, je suis résolument pour mais dans certaines conditions. Je suis pour parce que les outils numériques ont un énorme avantage par rapport au système ancien, c’est de permettre une individualisation des cours. On sait très bien aujourd’hui que le cours, classiquement, est fait pour la majorité des élèves, et qu’à la fois les meilleurs et les moins bons sont soit pas intéressés soit largués. Alors qu’avec les outils numériques, on peut vraiment faire des choses qui sont individualisées, et pour chaque élève avoir un suivi en fonction de ses forces et de ses faiblesses et donc de l’adapter à chacun. Et ça c’est quelque chose d’extraordinaire dans l’évolution et cela devrait permettre de laisser beaucoup moins d’enfants sur le bord de la route. Les pays les plus avancés comme les pays nordiques, la Norvège, la Finlande etc. ont de bien meilleurs résultats au test PISA et autres que nous, notamment grâce à cela, parce qu’ils ont introduit massivement cet apprentissage individualisé, grâce aux outils numériques.

Dans cette révolution numérique, il y a un point très important, très favorable, c’est très probablement le fait que l’on remette le jeu au centre de la société. Historiquement il y a eu une séparation entre le jeu et le travail. C’est-à-dire que lorsque l’on travaille, on nous a toujours appris que c’était quelque chose de sérieux. Or, il se trouve que le jeu, parce qu’il touche à des fondamentaux humains qui sont très intéressants, peut être un facteur d’apprentissage assez extraordinaire. Parce que dans le jeu, il y la notion de compétition, parce que dans le jeu il y a un côté plaisir et parce que dans le jeu il y a un côté social c’est-à-dire qu’il y a toute une série de jeux que l’on doit faire à plusieurs, que l’on fait en groupe. Et tous ces éléments réunis et mis au service de l’éducation peuvent être extrêmement favorables. Donc apprendre en se faisant plaisir, c’est presque un rêve. Mais je pense qu’avec le numérique, il est en partie à portée.