[PLAYERS] Crowdfunding : comment réussir son projet ?

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Le 29 / 03 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[PLAYERS] Crowdfunding : comment réussir son projet ?

Le crowdfunding, ou le financement collectif en français, est une méthode permettant de financer des projets en faisant appel à un grand nombre d’internautes, moyennant des contreparties non financières. Une fois cumulés, ces investissements permettront la réalisation de projets qui auraient potentiellement rencontré des difficultés à recevoir un financement traditionnel.

Mais alors, le crowdfunding, ça fonctionne ou pas ? Et comment réussir sa collecte de fonds ?

Pour y répondre, SFR PLAYER a rencontré Vincent Ricordeau (CEO de la plateforme de crowdfunding KissKissBankBank) et Maxime Leroy (créateur du webdocumentaire Collaborative Cities, financé par les internautes). Chacun à leur manière, ils nous éclairent sur la meilleure façon de mener un projet à bien.

 

Transcript de la vidéo :

Maxime Leroy - Créateur du webdocumentaire collaborative cities

Vincent Ricordeau - Président et co-fondateur de KissKissBankBank

Maxime Leroy (ML) : Quand on démarre une campagne de crowdfunding, je pense qu’on est toujours très optimiste, on a une voilure de projet où on dit : voilà, on a besoin de lever autant, on va y arriver sans problème, ça va se faire très simplement. Mais il faut aussi relativiser tous ces objectifs-là, et être sûr qu’on peut vraiment les atteindre.

Vincent Ricordeau (VR) : Eh oui, le crowdfunding, ça marche. Ça, c’est sûr. Par contre, est-ce que ça marche pour tous, pour tous les projets, la réponse est claire  sur le sujet : c’est non. Ce n’est pas la nature du projet qui détermine justement celui qui va réussir à utiliser correctement l’outil crowdfunding ou pas, c’est le créateur lui-même, et la façon dont la collecte va être conduite.

ML : Donc, ce qui est intéressant avec le crowdfunding, c’est qu’on se rend compte que ce n’est pas un succès à chaque fois. Au contraire, si on regarde les chiffres, quelles que soient les plateformes, entre celles qui ont le plus de succès et puis celles qui ont un peu moins de succès, on va dire qu’un projet sur deux réussit. Donc ça veut bien dire que si un projet sur deux ne réussit pas, ce n'est pas le monde parfait, le nouveau moyen de financer, et à chaque fois ça marche. Au contraire, il y a vraiment des bonnes pratiques et des moins bonnes pratiques.

VR : La collecte de fonds, c’est technique. Il faut comprendre la façon dont il faut l’assumer pour qu’elle aille au bout, et c’est toujours la même chose, on passe par trois cercles. A partir du moment où vous avez une notoriété qui est minime, le premier cercle de personnes qu’il faut convaincre pour vous aider lorsque vous avez un projet, c’est votre propre communauté, et votre propre communauté, c’est vos amis, votre famille et votre entourage proche. Les plateformes comme les nôtres, on est construites pour que sur la base d’un buzz on line ou off line créé sur le premier cercle, avec les outils donnés sur les plateformes, le buzz puisse se faire tous azimuts, et du coup, vous allez vous mettre à toucher un deuxième cercle, c’est en fait les contacts de votre premier cercle. Et à partir du moment où les deux premiers cercles ont été bien touchés, bien remués et sont solides et suivent votre projet, vous allez irrémédiablement toucher du coup des gens qui sont le troisième cercle, qui sont des inconnus et qui s’intéressent soit au crowdfunding au sens large, soit à notre plateforme à nous en particulier, soit qu’ils ont entendu parler de la thématique de votre projet qui les alertera.

ML : Nous, avec Collaborative Cities, on a eu un modèle un peu hybride, qui s’est fait naturellement. D’abord, j’ai eu des cercles de personnes qui sont convaincues, les premiers, ça va être vos parents, vos amis ; quelle que soit l’issue du projet, ce qui les intéresse ça va être vous, donc au final ils vont backer parce qu’ils vous font confiance. Ensuite, vous allez avoir des projets de gens qui découvrent votre idée, qui découvrent votre projet, et ceux-là vont vouloir le backer parce qu’ils font confiance au projet. Et ensuite, les tout derniers, ce sont des gens qui vont faire un calcul, comme on ferait un calcul quand on fait un achat, et qui se disent : voilà, est-ce que ça peut être intéressant pour moi de financer ce projet-là ? Qu’est-ce que ça va m’apporter ? Est-ce que c’est une bonne chose ? Quelles sont les contreparties qui sont proposées ? Et sur cette troisième phase, j’ai eu des gens que je ne connaissais pas du tout, c’est à ce moment-là que j’ai eu les premiers supporters qui m’étaient inconnus. Et pour finir la campagne, un cercle auquel on s’était encore moins attendu, c’était le cercle des entreprises. On a eu trois, quatre entreprises de cette économie-là avec la Ruche qui dit oui, Covoiturage, Airbnb, qui ont soutenu le projet. Et aussi, du coup, mon entreprise, qui est devenue coproductrice du projet. Il y a un élément qui est très dur et qu’on pose beaucoup aux créateurs de campagnes de crowdfunding, c’est le bon conseil, les bonnes pratiques. Déjà, s’il n’y en avait qu’un seul, c’est de prendre contact avec d’autres créateurs pour justement croiser un peu tous ces bons conseils. C’est le meilleur moyen de créer une campagne, c’est d’abord d’aller en voir une quarantaine sur les différentes plateformes, de voir le montant qu’elles ont demandé, en combien de personnes elles l’ont atteint. Essayer un peu de déterminer les chiffres qui paraissent raisonnables, mais surtout, ensuite, d’un point de vue communication, il faut considérer que le premier cercle, les gens qui vont backer votre projet sur les quinze premiers jours, ce sont les gens qui sont le plus intéressés par le projet, et il faut faire d’eux des ambassadeurs.

VR : Le conseil numéro 1, c’est de croire en son projet jusqu’au bout. A partir du moment où vous avez lancé la machine et que vous avez sorti le projet du carton et que vous l’avez mis sur une plateforme, alors le projet, quoi qu’il se passe, vient de naître, et que la collecte soit réussie ou pas, de toute façon, quoi qu’il se passe, votre projet vient de naître. Et à partir du moment où vous avez cette certitude bien ancrée, alors vous allez augmenter vos changes de réussir votre collecte de fonds, et à partir du moment où vous suivez bien cette règle des trois cercles : imprégner votre communauté proche, utiliser les outils pour arriver sur le deuxième cercle, et continuer à marteler du buzz pour toucher des inconnus, vous avez 99,9 % de changes de réussir votre collecte de fonds.