[PLAYERS] Vie privée sur le web, le point de vue de deux acteurs éclairés

Le 27 / 03 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[PLAYERS] Vie privée sur le web, le point de vue de deux acteurs éclairés

 

« Avoir droit à son quart d’heure d’anonymat. »

Jean-Marc Manach, journaliste d’investigation

« La notion de vie privée dépend du contrôle. Si vous ne contrôlez pas vos données, elles ne relèvent plus de votre vie privée. Face à cela, il existe déjà des stratégies sociales par lesquelles certains multiplient les identités pour arriver à conserver une vie privée ou utilisent des logiciels de chiffrement. Ces méthodes sont aujourd’hui les plus efficaces : les propositions de lois sont faites par des gens qui ne sont pas des utilisateurs d’Internet. Dès lors, l’autorégulation est pour l’instant la meilleure des régulations. »


« Faire face au privacy paradox. »

Sophie Vulliet-Tavernier, directrice des études, de l’innovation et de la prospective, Cnil

La Cnil a recueilli l’avis de plus de quarante experts du numérique, issus d’horizons variés, autour du thème « Vie privée 2020 ». Quelles transformations majeures émergent de cette enquête, quels futurs enjeux montre-t-elle ?

Premièrement, l’explosion des pratiques sur les réseaux sociaux, cette tendance à l’exposition de soi. Ensuite, l’évolution des business models, avec comme question sous-jacente la monétisation des données personnelles. Enfin, le développement du big data associé à l’utilisation d’algorithmes de prédiction des comportements, dans des domaines parfois sensibles tels que la santé et la sécurité.

Une des questions clés est de savoir si nos modes de régulation ainsi que les règles qui régissent la protection des personnes sont toujours valables aujourd’hui et si elles pourront toujours être appliquées. C’est aussi faire face au privacy paradox, qui veut que les individus soient de plus en plus inquiets de la divulgation de leurs données personnelles, mais qu’ils continuent pour autant à les dévoiler.

Comment penser des régulations adaptées à ce nouveau monde des données ?

La régulation traditionnelle ne suffit plus. Nous ne pouvons plus raisonner avec une approche traditionnelle où nous avions un fichier et un maître de fichier. Aujourd’hui, il faut sans doute associer différents types de régulation. Il s’agit aussi de garantir une transparence dans les conditions d’utilisation de ces données et de développer des outils de régulation plus modernes, par exemple des codes de bonne conduite et des labels. Nous allons vers une évolution certaine des mécanismes de régulation en Europe.

Pour aller plus loin :

Retrouvez notre article "Quel pouvoir sur nos données ?"

Quels nouveaux comportements allons-nous adopter dans les années à venir face à nos données ? A quelle typologie appartenez-vous ? Découvrez les réponses avec notre enquête "Datatypologies"

La chronique "over-personnel ?" de Frédéric Tardy

Et notre interview vidéo :

Privacy paradox, concilier public et privé sur le web avec Jean-Marc Manach