[PLAYERS] Numérique et citoyenneté : les initiatives repérées par Youphil

Le 08 / 03 / 13 | Posté par Frederique Vigouroux
[PLAYERS] Numérique et citoyenneté : les initiatives repérées par Youphil

Le numérique est en train de transformer nos relations à l'Etat, à l'administration, aux collectivités... bref, aux autorités en général. Grâce, notamment, à Internet et aux réseaux sociaux, il est désormais plus simple d'échanger avec elles mais aussi de peser davantage, et différemment, sur les décisions relatives à l'espace public. Une nouvelle manière d'exercer la citoyenneté qui émerge partout dans le monde.

Ministères, municipalités et administrations sont de plus en plus connectés, et accessibles directement. Tout citoyen peut les interpeller sur Twitter ou sur Facebook. Certes, la réponse n'est pas garantie, mais les équipes s'étoffent pour être plus réactives. Certains ne se servent d'Internet que comme un canal de communication classique, et se contentent de diffuser de simples communiqués. Mais de plus en plus, les autorités s'en servent pour réinventer le dialogue avec les citoyens. C'est le cas d'Agnes Binagwaho, ministre de la Santé au Rwanda. Tous les lundis, elle se connecte à Twitter pour échanger avec les internautes, qui peuvent lui poser n'importe quelle question en utilisant le hashtag #ministermondays. “C'est très important pour les Rwandais de pouvoir communiquer avec leur gouvernement”, a-t-elle expliqué sur son blog. “Au sein du ministère de la Santé et du gouvernement, nous nous efforçons d'être transparents, accessibles et de rendre des comptes”.

A l'autre bout du monde, à l'ombre des gratte-ciel de Manhattan, les citoyens new-yorkais bénéficient aussi de ce nouveau lien avec les autorités. Leur présence et leur réactivité en ligne ont notamment porté leurs fruits lors de l'ouragan Sandy. Qu'il s'agisse du maire de New York, de l'Agence fédérale des situations d'urgence ou des pompiers new-yorkais, tous ont largement communiqué sur les réseaux sociaux durant cette crise, diffusant des informations, des recommandations et répondant aux sollicitations des internautes.

Mais les citoyens peuvent aussi s'emparer du numérique pour agir sur l'espace public, en collaborant avec les autorités. Exemple avec FixMyStreet, un site internet britannique donnant la possibilité aux habitants d'une ville de signaler à la municipalité des petits problèmes à régler : nid de poule dans une rue, lampadaire défaillant, graffitis... Chaque mois, plus de 10.000 sujets sont signalés, dont la moitié, en moyenne, finissent par être résolus. Un résultat rendu possible par l'implication des municipalités qui ont accepté de jouer le jeu. En revanche, celles qui font la sourde oreille voient s'accumuler les problèmes non résolus sur le site, ce qui n'arrange pas leur réputation... Fort de son succès, FixMyStreet s'est exporté au Japon et au Canada et le concept a été copié dans de nombreux pays. En France, une application mobile similaire, Openmap, est en train de voir le jour. En attendant, certaines municipalités ont mis au point leur propre outil, comme Mérignac.


L'émergence de l' « open data » a également donné un gros coup de fouet à la citoyenneté numérique. Les collectivités sont de plus en plus nombreuses à rendre publics, accessibles et exploitables d'importants lots de données, comme par exemple l'emplacement des fontaines d'eau potable, le nombre de livres empruntés dans les bibliothèques, les chiffres détaillés des subventions allouées... Les citoyens se sont emparés de ces données pour améliorer leur quotidien, en créant, notamment, des applications mobiles. Comme Handimap, à Rennes, qui facilite le déplacement des personnes handicapées ou Toilettes à Paris, qui aide les promeneurs ayant une envie pressante à trouver un lieu où se soulager ! Le tout soutenu par les municipalités, qui organisent régulièrement des concours d'applications avec récompense à la clé.

Mais le numérique au service de la citoyenneté va plus loin encore... Et la future constitution islandaise pourrait en devenir le symbole. Le pays a en effet décidé de réécrire sa constitution et a pour cela fait appel aux internautes. Les Islandais ont ainsi été invités, pendant des mois, à débattre et à soumettre leurs propositions sur les réseaux sociaux. Le texte qui en est sorti a été validé par référendum en octobre dernier. Simple processus consultatif, cela qui ne signifie pas pour autant qu'elle sera adoptée, le Parlement devant statuer sur la question au printemps 2013.



Angela de Santiago et Morgane Tual, journaliste à Youphil.com


Twitter Agnes Binagwaho

#Ministermondays

Blog Agnes Binagwaho

Maire de New York

Agence fédérale des situations d'urgence

pompiers

Fix My Street

Merignac

Openmap

Toilettes à paris

Handimap