[TENDANCE] Données à valeur ajoutée

Le 08 / 02 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[TENDANCE] Données à valeur ajoutée

Autour de l’exploration des données naissent des opportunités inédites et des acteurs d’un nouveau type : ceux qui savent donner sens et valeur aux data brutes, les transformant en produits et services marchands inédits.

À l’ère de l’atawad (anytime, anywhere, any device), le numérique entraîne chaque jour la production d’un volume considérable de données : les données de navigation et de connexion des utilisateurs, les informations de géolocalisation des mobiles, des tablettes et des objets connectés, ainsi que toutes les données générées en temps réel par les internautes eux-mêmes sur les médias sociaux. L’exploitation de ces flux colossaux de données, le big data, a donné naissance à des technologies et services spécifiques : un nouveau marché mondial qui devrait atteindre 23,8 milliards de dollars d’ici 2016, soit une hausse de 31,7 % par an en moyenne d’après le cabinet idc. « rendues anonymes, ces données peuvent produire des renseignement très nouveaux », explique frédéric tardy, responsable de l’atelier bnp paribas aux états-unis. « ainsi, la start-up bundle s’appuie sur les données de la plus grande banque américaine pour calculer les paiements effectués magasin par magasin, ville par ville. Elle permet de se rendre compte, par exemple, du prix moyen réellement payé dans les restaurants de son quartier… longtemps dépassés, les éditeurs de systèmes de gestion de base de données proposent depuis quelques années des logiciels de plus en plus efficaces : le big data promet un saut qualitatif aussi important que les bases relationnelles dans les années 1990. »

Stimulées par ces perspectives économiques, les start-up cherchent à tirer profit du big data grâce à des business models innovants. Dans la Silicon Valley, c’est le cas de Placecast, une société créée par la française Anne Bezançon, qui s’est spécialisée dans des campagnes de marketing mobile, ultra ciblées et géolocalisées. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, l’application Walkonomics donne des informations sur la « marchabilité » des rues grâce à un score envoyé par les utilisateurs. Et en France ? Les acteurs commencent à se positionner sur le marché, comme par exemple Qunb, un service de visualisation de données chiffrées de tout type, lauréat du concours de start-up de l’événement LeWeb 2012.

L’utilisation du big data représente aussi un véritable enjeu de compétitivité et de productivité pour les entreprises. D’après le cabinet de conseil McKinsey, un distributeur se servant du big data de manière optimale serait susceptible d’augmenter sa marge d’exploitation de plus de 60 %. Encore faut-il comprendre ces données. « Ces contenus contiennent énormément de valeur, mais il est très difficile de la capter avec les techniques classiques de traitement de l’information », explique Maxence Bernard, fondateur de ioSquare, qui a développé un algorithme intelligent pour organiser l’information en temps réel. Grâce aux progrès techniques récents, de nouvelles offres se sont ainsi créées pour aider les entreprises à mieux exploiter le big data : le recueil, l’analyse et la visualisation de données, l’édition de données sur mesure…

Ces données ne sont pas seulement produites : elles peuvent aussi être croisées. Mises en réseau grâce aux API (interfaces de programmation) ouvertes ou semi-ouvertes, elles se démultiplient et entraînent la création d’autres données. Là encore, ce sont de nouveaux business models à inventer, à partir des données du Web ou des données publiques. « Ce n’est pas du tout un jeu à somme nulle. Si vous associez un jeu de données à un autre, ce n’est pas 1 + 1 = 2, c’est 1 + 1 = toutes les applications que l’on peut imaginer, et qui vont arriver à s’interconnecter », s’enthousiasme Margaux Pelen, cofondatrice de Home’n’go, une start-up qui utilise les données de data.gouv.fr, la plateforme publique gérée par Etalab. D’autres start-up commencent à exploiter les données issues de l’open data, tel Handimap qui a créé avec la ville de Rennes une application pour optimiser la mobilité des personnes en situation de handicap.

Pourtant, la plupart des entreprises et des collectivités ne mesurent pas encore les potentiels de la donnée, ni de leurs propres données. « Elles sont tout juste en train de prendre conscience du fait que leurs données ont de la valeur », considère François Bancilhon, CEO de la société Data Publica. D’après l’étude IDC, on estime que 80 % du big data a un caractère géographique. Aux nouveaux acteurs des data d’accompagner cette révolution économique.

Pour aller plus loin :

Retrouvez nos interviews "nouvelles activités autour de la data" avec François Bancilhon (Data Publica), Margaux Pelen (Home'n'go) et Jean-Thomas Rouzin (Web Geo Services)

Découvrez notre article "Nouvelles données, nouveaux métiers ?"

Et nos interviews vidéos :

Data Publica, orfèvres de l'open data

Datavisualisation, un story-telling pour nos données

 

Illustration Marie-Laure Cruschi