[Players] La « générosité connectée » s’invite partout !

Le 08 / 02 / 12 | Posté par Romain Levesque
[Players] La « générosité connectée » s’invite partout !

Les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ouvrent de nouveaux horizons et réinventent la philanthropie individuelle. En effet, il ne s’agit plus seulement d’utiliser le web comme point de contact et de versement du don, mais comme révélateur de nouvelles pratiques d’engagement et de collecte. Et pour les ONG, le web est aussi un atout de poids pour nourrir une relation de proximité avec ses « généreux donateurs ».

Un Français sur cinq se déclare e-donateur, et un e-donateur sur cinq est prêt à donner via son téléphone portable. C'est bien, mais  relativement timide, comparé aux 65% d'Américains convertis au don en ligne. On ne peut totalement l’imputer à la crise, car si le nombre de donateurs, tous canaux confondus, reste stable depuis plusieurs années à 5 millions de foyers fiscaux, le don moyen a tendance à augmenter.

Le don en ligne reste encore traditionnel dans la forme et est pratiqué en majorité en France par les « silver surfers » et les « digital mums », cependant les opportunités sont légion pour le faire décoller dans l'Hexagone. Rappelons que les associations et fondations françaises ont collecté environ 3,7 milliards d’euros en 2010… Comment faire en sorte que la « générosité connectée » devienne un réflexe pour une majorité de Français ?

Don en ligne : prêt au décollage

La réponse est à chercher sans aucun doute dans les moyens qui seront investis par les ONG françaises dans leur stratégie internet. Si la plupart d'entre elles sont présentes sur le web, elles n’y consacrent encore, en moyenne, que 3% de leur budget marketing. Elles peuvent certainement mieux faire, car elles ont tout à y gagner, en innovation et en efficacité de chaque euro investi.

En effet, de nombreuses initiatives et applications originales de « crowdfunding » émergent et invitent à « donner en foule ». Cowclicker, réalisé avec Oxfam, permet par exemple d'élever une vache virtuelle sur Facebook clic après clic. Les sponsors diffusent de la publicité si bien qu'au bout d'un certain nombre de clics, Oxfam dispose de suffisamment d'argent pour transformer la vache virtuelle en vache réelle... Qu'elle offre à des familles très démunies dans les pays du Sud où l’ONG intervient.

Sur Twitter, certaines marques proposent aussi régulièrement de faire un don à une organisation caritative à chaque nouvel abonné. A l'instar de l'entreprise de fournitures de bureau Staples, qui a donné 1 dollar à une ONG à chaque nouveau « follower ». Le business n’est jamais loin, mais si c’est pour la bonne cause…

L'aspect ludique et engagé de ces initiatives, qui permettent de donner sans sortir son portefeuille, tendance qualifiée de « don gratuit », a largement de quoi séduire les plus jeunes. Actifs sur les réseaux, peu adeptes du don traditionnel, les moins de 35 ans ne sont que 15% à donner en ligne, mais la marge de progression est importante.

Sans compter que les donateurs informent volontiers leurs réseaux, multipliant ainsi le nombre de personnes touchées. 25% des e-donateurs français recommandent des ONG à leurs contacts, un taux en progression d’une année sur l’autre. Et c’est bigrement important, car c’est là que les associations ont beaucoup à miser pour faire évoluer le don en ligne.

Pour que la confiance règne 

Selon une étude du Comité de la Charte et de TNS Sofres, moins de la moitié des Français font confiance aux ONG et réclament plus d’informations et de transparence financière. Ce serait dommage de passer à côté du web, qui représente à la fois un moyen d’informer, de garder un lien régulier et de mieux connaître ses donateurs.

Les Américains se sont quant à eux saisis de cette opportunité, avec en tête de file l'ONG Charity:Water qui, dans une carte interactive, répertorie tous ses projets (plus de 2.500), photos et données chiffrées à l'appui, régulièrement réactualisées.

Internet est le media idéal pour cela. Les organisations non-marchandes peuvent y publier de nombreux documents, qu'il s'agisse de bilans financiers complets, de rapports de missions, ou de contenus plus accessibles, comme des portraits de bénéficiaires ou des récits, avec images, des actions menées sur le terrain. A l'heure du papier, il était difficile d’imaginer envoyer tous ces documents à chaque donateur.

Mais, si le changement culturel est en route, en France, seules 40% des ONG se montrent transparentes selon l'étude comparative IPSOS-Limite des 103 plus grandes associations faisant appel à la générosité du public via Internet. 40% restent « évasives » et 20% sont carrément qualifiées d' « opaques ».

Une fois encore, le web est un levier d’efficacité redoutable. Comme par exemple avec Charity Navigator, l’un des sites qui répertorient les milliers d'organisations américaines et évaluent leur niveau de transparence. De quoi rassurer les plus frileux qui, à l'ère 2.0, ont tout pour devenir des e-donateurs invétérés.

Angela de Santiago et Morgane Tual, journaliste chez Youphil.


En savoir plus sur Angela : 

 



Co-fondatrice de Youphil, Angela de Santiago conseillait auparavant les grandes entreprises dans leur politique de Mécénat. Associée à Jean-Marie Colombani, elle a créé ce média en ligne afin de décrypter l’actualité du monde de l’engagement sous toutes ses facettes, qu’il soit associatif, humanitaire, philanthropique entrepreneurial ou politique.


Lexique : 

« silver surfers » : Internautes de plus de 65 ans
« digital mums » : mères de famille, entre 25 et 50 ans, adeptes notamment du shopping en ligne