[Players] L'humeur d’Ismaël : jeu & solidarite : une alliance impossible ?

Le 30 / 01 / 12 | Posté par admin
[Players] L'humeur d’Ismaël : jeu & solidarite : une alliance impossible ?

Gamification : le terme est sur toutes les lèvres.  Les entreprises de jeux vidéo mais aussi beaucoup d’autres secteurs (mode, automobile, alimentaire…) se penchent sur ce phénomène.  L'objectif est simple : intégrer le jeu à l’environnement quotidien. Se drapant d’une nouvelle raison d’être, autre que le pur amusement, le jeu est en train de prendre une place beaucoup plus importante dans nos vies. 

Même le secteur de la solidarité s’est emparé du sujet en proposant aux internautes de s’amuser en faisant le bien autour d’eux. Comme d’habitude, les Américains ont un peu d’avance sur le sujet, citons par exemple Wetopia créé il y a peu. Le but de ce jeu? Gagner des points en gérant une ville, en construisant des bâtiments ou en arrosant des plantations, puis les convertir en dons à des associations. Ce principe commence aussi à se répandre en France, avec des jeux tels qu'HappyLife, qui se destine à faire la promotion du micro-crédit.

L'idée est simple et la prise en main aussi. Il suffit d’accomplir des actes qui n’ont, en général, rien de difficile : un clic suffit et l’on fait monter son score. Et, en plus, on fait tout cela pour aider son prochain...

Mais ce schéma, à première vue vertueux, mérite tout de même d’être nuancé. En effet, dans certains cas, le gain de points est basé uniquement sur l'utilisation intensive d’enchaînements action-récompenses, très répétitifs. Le joueur, tel un rat de laboratoire, est soumis à des stimuli agréables lorsque qu'il appuie sur le bon bouton, et est donc incité à reproduire à l’infini la même action, sans la comprendre. Derrière des apparences ludiques et solidaires, le jeu peut donc aussi être synonyme d’addiction et d’abêtissement.  

Pour autant, les jeux « forgood » ne doivent pas tous être bannis, car si bon nombre d’entre eux ne reposent que sur des phénomènes d’accoutumance, il en existe d’autres qui sont vecteurs d'apprentissage et de sensibilisation. C’est notamment le cas des « serious games ». Suivant la meme logique de gamification, ces jeux sont portés par une intention pédagogique, une envie de « faire connaître ». Le site 3rdWorldFarmer propose par exemple d’incarner un fermier qui, avec 50 $, doit sauver une famille africaine de la famine. Nécessitant logique et bon sens, ce jeu se place bien loin des basiques « un clic = une récompense ». Il chercher à éduquer et à pousser l’internaute plus loin dans sa réflexion. Et si au final c’était ça la solidarité gamifiée ?

En savoir plus sur Ismaël :

Photo d'Ismaël

C'est à l'issue de ses études à Polytechnique et HEC Paris qu'Ismaël Le Mouel s'envole vers l'Argentine où il découvre l'entrepreneuriat social. De retour en France, il cofonde MailforGood en 2009 convaincu que le web est un levier majeur de changement vers une société plus solidaire.