Conférence #SFRplayer : les start-uppers qui réenchantent nos vies avec les objets connectés

Le 23 / 11 / 11 | Posté par admin
Conférence #SFRplayer : les start-uppers qui réenchantent nos vies avec les objets connectés

Salle comble hier soir pour la conférence SFR PLAYER « Objets connectés : ces start-uppers qui réenchantent notre vie quotidienne ». Un public co-invité avec nos partenaires Digitalarti et faberNovel a suivi les échanges entre Michel Lévy-Provençal, président-directeur général de Joshfire, société spécialisée dans le développement d’objets communicants, et Dick Lantim, président de l’agence Sensorit, start-up dédiée à la recherche et au développement de produits rendant l’informatique invisible à ses utilisateurs. On vous raconte.

Objets connectés : la métaphore de l’aquarium et la fin du « couteau suisse »

Stéphane Distinguin, entrepreneur, fondateur de faberNovel et animateur de la soirée rentre immédiatement dans le vif du sujet. Vous avez travaillé sur des miroirs ou encore des canapés connectés, quelle est selon vous la nouvelle frontière des objets connectés ? Michel Lévy-Provençal évoque alors ses influences et nous parle de l’ouvrage d’Adam Greenfield, Everyware : cet auteur pense que l’environnement est constitué d’agents qui sont des points d’accès : téléphone mobile, ordinateur, télé connectée sont des points d’accès. Mais progressivement le monde va se connecter, de sorte que tout ce qui nous entoure nous permettra d’accéder à l’information : tables, murs, fenêtres, etc. C’est un peu comme un aquarium finalement. Nous allons baigner dans les contenus. La nouvelle frontière c’est celle qui va nous faire passer d’une logique de point d’accès à une logique où l’accès sera partout. C’est pour cela que l’on parle d’ubimedia (ndlr : médias partout), dans le prolongement de multimedia. Mêmes références et même constat chez Dick Lantim : le numérique va nous envahir et va changer de forme. Regarder la télé commence déjà à évoluer.  Nous ne sommes plus du tout passif devant l’information. Nous désirons interagir et c’est la raison pour laquelle ces objets vont être banalisés. Michel Lévy-Provençal précise : aujourd’hui, quand on prend un téléphone mobile il y a une myriade d’applications. Si on prend le paradigme du couteau suisse, le mobile est un couteau avec plusieurs petits couteaux à l’intérieur. Avec l’Internet des objets, les applications vont se contextualiser et s’incarner. C’est cette idée de sortir d’un couteau suisse pour aller vers un couteau spécialisé. Un objet connecté répondra à un usage spécifique.   

Design et start-up : la question de la rareté

Stéphane Distinguin confesse une passion pour le design. Il interroge alors nos deux entrepreneurs. Quand on parle de design il y a un rapport à la série limitée. Est-ce que le design est du côté de l’artisanat ? En revanche, pour une start-up, l’enjeu c’est de ne pas avoir de limite. Faire du design sur les objets en étant une start-up, ne représente-t-il pas un paradoxe absolu ? Dick Lantim se lance : ça dépend d’où on vient. Quand j’ai créé Sensorit, on était plus dans la démonstration de faisabilité que dans le raisonnement sur un produit particulier. On a d’abord créé des produits remarquables qui finalement ont commencé à plaire. Mais ce n’était pas l’idée d’origine. Il s’agit désormais d’inventer pour intéresser les industriels et faire en sorte qu’ils commercialisent ce qu’on réalise. Pour Michel Lévy-Provençal, c’est plutôt sympathique de faire des miroirs en séries limitées, il y a une certaine rareté, une valeur. Si nous voulions produire ce type de produits à grande échelle, nous ne pourrions pas le faire nous-mêmes.

Les objets connectés concrètement dans notre quotidien, ça donne quoi ?

Sur le mur derrière nos intervenants, le fil Twitter #SFRplayer est retransmis en live. Une question interpelle Stéphane Distinguin. Messieurs, sur Twitter on aimerait que vous puissiez nous donner des exemples d’objets connectés qui nous font rêver. Avec Sensorit, Dick Lantim a imaginé un mur interactif collaboratif et un miroir connecté.  Chez Joshfire, pour créer des objets connectés on a recourt à une méthode particulière : le Hack Day. Une fois par mois on organise une journée pleine pendant laquelle on ne parle pas de développement. Nous sommes rassemblés sur une idée : créer un prototype d’objet connecté fonctionnel en moins d’une journée. C’est comme ça que le premier miroir connecté est né. Il y a aussi l’exemple du shaker interactif, connecté à une tablette, qui propose une recette de cocktail et grâce à la connexion à une balance il envoie des messages à la tablette pour doser les ingrédients. Cette méthode a ainsi donné naissance à un miroir interactif et tactile, à un canapé connecté ou encore une web-radio analogique !

Visuels du canapé connecté et de la web-radio analogique

La mutation des médias, un enjeu clé pour les objets connectés

Stéphane Distinguin pose sa dernière question. Pouvez-vous me dire ce que vous pensez qu’on ne fera plus jamais. Et ce que vous pensez qu’on ne faisait pas et qu’on va commencer à faire ? Pour Dick Lantim on ne cherchera plus l’information comme avant. Aujourd’hui l’information est présente, on sait comment la retrouver, vous l’avez à disposition. Donc la connaissance est à portée de main. Ce qui va peut-être changer c’est que nous serons peut-être plus dans l’assistanat, nous allons être très proches de la machine qui va nous comprendre. Prenant l’exemple du journal télévisé, Michel Lévy-Provençal explique que pour lui les contenus vont s’imposer hors contexte, hors moment et hors lieu. Avec le journal d’information, vous arrivez systématiquement hors contexte, soit 5 minutes avant les pubs, soit 5 minutes après. Je pense que ça n’existera plus. Plus important encore : je n’aurai même plus besoin de m’installer devant mon iPad, mon téléphone ou ma télé pour regarder le dernier journal. Je serai capable d’être n’importe où car tous les objets me permettront d’accéder à l’information.

Stéphane Distinguin rebondit. Je suis d’accord, il y a une révolution du contenu, mais il y aura toujours un moment d’émission, il y aura toujours des gens à l’heure et pas à l’heure. Certains auront l’information quand elle sort et d’autres qui l’auront plus tard. Michel Lévy-Provençal insiste sur le fait qu’il y aura en effet toujours un filtre. Nous ne sommes pas en train de dire que les flux d’informations vont arriver sans filtre, ce serait l’horreur. Il y aura toujours des événements, et qu’on aura toujours besoin de ce moment où un président de la République fait le 20 heures et là, on est tous devant la télé, parce que c’est un événement. En revanche les événements qui n’en sont pas ne nous serons plus imposés ni dans le temps, ni dans l’espace. Le mot de la fin reviendra à Dick Lantim. Donc les objets connectés nous libèreront ! Prophétie ?  

Après des échanges avec le public dans la salle et sur Internet, la conférence se termine. Visiblement les personnes présentes ont très envie d’enchanter elles aussi leur quotidien avec les objets connectés. Le gimmick de la fin de soirée ? Je veux tout : le canapé connecté, le miroir interactif et shaker intelligent. Nous aussi !

> En savoir plus sur Joshfire

> En savoir plus sur Sensorit

> En savoir plus sur les objets connectés du parcours d'innovations de SFR PLAYER sur sfrplayer.sfr.com

> Prochain rendez-vous demain pour la conférence SFR PLAYER
 : « Mutations numériques dans les medias : inspirez-vous !». - A suivre en livre sur sfr.com.

Et dès vendredi, retrouvez le compte-rendu de la rencontre sur sfr.com